‹ Art de construire et de gouverner les serresChapitre 4 sur 23 · BACHES · texte numérisé non relu

BACHES

On peut construire des bâches de bois de dimensions diverses; celles qui n'ont pas au delà de 1 mètre 35 de large, et dont l'inclinaison ne dépasse pas 10 à 15 degrés, sont désignées par les jardiniers sous le nom de châssis; c'est, si l'on peut s'exprimer ainsi, la serre réduite à sa plus simple expression. Le châssis peut n'être qu'un simple cadre en bois enterré de 35 centimètres dans le sol, et ne dépassant pas la surface de plus de 1 5 centimètres à la partie antérieure. Le côte du fond est nécessairement plus élevé en raison de l'inclinaison donnée aux panneaux du châssis. On nomme cliùssis froid celui que représente la figure 20 ; il est exposé au midi, son inclinaison est de 15 degrés; il ne doit recevoir que des plantes analogues aux plantes d'orangerie, pouvant par conséquent se passer de chaleur pendant l'hiver; aussi n'a-t-on ménagé aucun moyen d'y produire au besoin un degré quelconque de chaleur artificielle : on ne peut que le couvrir de paillassons ou de litière pendant les grands froids. L'observation démontre que, passé 33 centimètres de profondeur, la terre ne gèle pas sous le climat de Paris, lorsqu'on la garantit du contact direct de l'atmosphère glaciale. La même construction peut être répétée en maçonnerie légère si l'on veut qu'elle soit plus durable.

La bâclie représentée fig. 20 bis n'offre dans la construction qu'une seule particularité; elle est enfoncée d'un mètre

au moins dans le sol; c'est une fosse recouverte d'un châssis vitré. Cette bâche convient spécialement pour la conservation pendant l'hiver des ncrium (lauriers-roses). On sait que ces arbrisseaux, qui croissent naturellement au bord des eaux dans le midi de la France, et dans toutes les contrées méridionales de l'Europe, ne craignent point l'humidité. La bâche profondément creusée suffit pour les préserver du froid, sans avoir recours à aucun procédé de chauffage; on couvre seulement les vitrages de paillassons ou de litière pendant les grands froids, et l'on donne de l'air toutes les fois que la température extérieure le permet.

Les autres plantes et arbustes d'orangerie qui craignent rhumidité ne pourraient être conservés l'hiver dans une bâche semblable ; ils y seraient atteints par la moisissure.

Plus les dimensions des bâches grandissent, plus leur inclinaison est augmentée, et plus elles se rapprochent des conditions d'une serre à un seul versant, pour finir par se confondre avec ce genre de construction. Une grande bâche peut être chauffée, soit par des réchaufs de fumier disposés tout autour, soit par un appareil quelconque de chauffage, et rentrer dans les conditions d'une serre tenir péréc ou d'une serre chaude; les bâches aux ananas, où l'on force en même temps des fraisiers en hiver, sont des diminutifs de serre chaude. Examinons les détails de con-

slruclion cl les usages principaux des divers genres de bâches.

Les bûches froides, en Angleterre, sont souvent construites en briques de la manière que représente Ki fig. 21. Chaque mur, à partir du bas de ses fondations, est composé de deux murs parallèles séparés par un espace videj par cette disposition, le froid extérieur pénètre beaucoup plus difficilement dans la bâche que s'il n'avait à traverser que la même épaisseur en maçonnerie pleine. Ce mode de construire les fondations et les bâches est excellent en luimême ; il mérite d'f'tre appliqué à la construction des serres et des conservatoires, qu'il rendrait beaucoup moins accessibles au froid extérieur.

Un autre moyen analogue à celui-là, et basé sur le même principe, consiste à ouvrir sur le devant de la bâche, fig. 22, au niveau des fondations de son mur antérieur, un fossé dont les proportions peuvent varier selon les dimensions des bâches, mais sans dépasser une largeur de 30 centim. au niveau du sol; ce fossé peut être laissé vide, recouvert seulement d'une planclie pour le service de la bâche, et pour rejeter les eaux pluviales. Quand la gelée pénétre dans l'intérieur d'une bâche, c'est toujours par la terre, qui se trouvant prise par le froid au point où elle touche la maçonnerie, abaisse rapidement jusqu'au-dessous de zéro la température de celte maçoimerie , laquelle communicjue la gelée au sol intérieur de la bâche : on voit parlà l'utilité du fossé antérieur régnant le long de la bâche. On peut augmenter celle utilité en remplissant le fossé de litière longue ou de feuilles sèches pendant l'hiver, la lig. 22 montre cette disposition. Les panneaux vitrés dont

on recouvre les bâches et les châssis sont en tout semblables à ceux qui font partie du vitrage des serres ; on doit veiller à ce qu'ils s'ajustent parfaitement, de manière à procurer à l'intérieur une clôture hermétique. Leurs dimensions et celles de leurs vitres qui se recouvrent en écailles de poisson, comme le montre la lig. 10, sont nécessairement variables.

Pour les simples châssis à forcer les primeurs (fig. 23), les proportions ordinaires des panneaux sont 1 mèt. 50 de long, sur 1 met. 15 de large. On donne à ces panneaux une inclinaison de 10 degrés seulement; ils reposent sur de simples coffres en bois, au niveau du sol, recouvrant des couches tiédes ou chaudes, formées de fumier neuf enterré dans le sol ; quand leur chaleur est épuisée on la renouvelle au moyen de réchaufs de fumier neuf légèrement lassé, dont on entoure les cadres, sans déranger la couche; on remanie et l'on renouvelle les réchaufs autant de fois que l'exige la culture forcée des plantes qui croissent sous la protection du châssis. Les panneaux peuvent se transporter facilement au moyen de deux poignées en fer placées a chaque bout. De semblables châssis servent aussi pendant l'hiver à abriter certaines piaules non-seulement contre le trop grand froid, mais aussi contre l'humidité qui résulte des pluies abondantes ou de la fonte des neiges et de la glace.

Le même système s'applique en Angleterre beaucoup plus en grand, aux bûches à forcer les primeurs, principalement les melons et les concombres; des bâches en maçonnerie creuse, ayant 2 mètres de largeur sur une longueur arbitraire, reçoivent une couche de tan et de feuilles épaisse

de 1 mèl. 50 et sont onviroiinces de réchaufs de fumiei* assez épais pour que leur influence se fasse sentir au travers de la maçonnerie ; ces réchaufs sont disposés autour de la bâche de manière à l'isoler complètement du contact de l'air extérieur et du sol environnant, comme le montre la fig. 24. Ils sont eux-mêmes renfermés dans les fossés revêtus de maçonnerie.

La bùclie double de Rendal, dont la fig. 25 représente une section verticale, est essentiellement formée de murs creux , plus larges à la hase qu'au sommet. On voit comment les pierres interposées entre les briques dans la construction des murs, laissent à l'intérieur un vide de forme irrégulière qui se continue jusqu'au sommet, lequel se termine par une faîtière, soit en pierre, soit en bois.

Le terreau de la couche est supporté par un grillage en fonte de fer A A sur lequel on étend d'abord une couche de gazon ou de branches de pin brisées ; un lit épais de bonne paille peut faire le même effet.

La bâche de devant Best de 30 centimètres plus enfoncée dans le sol que la bâche du fond C, afin d'empêcher qu'elle ne lui intercepte la lumière. L'espace entre les deux bâches reçoit un réchauf de fumier qui agit sur toutes les deux en même temps : il est recouvert d'un plancher légèrement incliné pour l'écoulement des eaux pluviales. Ces bâches sont chauffées au moyen du fumier qu'on y introduit par les portes ouvertes aux deux extrémités, portes que la seclion verticale ne permet pas d'indiquer. Pendant les grands froids, des réchaufs de fumier peuvent en outre être appliqués extérieurement à la portion des murs qui dépasse le niveau du sol.

La fermentation du fumier envoie au terreau, placé sur le grillage A A, une chaleur humide 5 elle produit en môme temps, à l'intérieur des murs creux, une chaleur exemple d'humidité. L'air ainsi échauffé peut être introduit dans l'intérieur de la bâche par les ouvertures D D; il y forme une atmosphère très-favorable à la végétation.

Cette construction offre encore un autre avantage. En ouvrant les portes situées aux deux extrémités, on établit un courant d'air froid qui remédie en un instant à cet excès de chaleur des couches, si redouté des jardiniers sous le nom de coup de feu.

La bâche double de Kendal conserve très long-temps la chaleur du fumier. On augmente cette propriété en évitant de mettre les murs en contact immédiat avec le sol environnant. A cet effet, quand la construction est terminée, au lieu de rejeter la terre le long des murs E et F, on établit du haut en bas de ces murs, jusqu'à fleur de terre, un Ht de briques brisées, ou de tessons de poterie, de 30 centim, d'épaisseur.

Nous devons entrer dans quelques détails sur la culture sous châssis froid des fiantes bulbeuses, presque toutes originaires du cap de Bonne-Espérance, auxquelles ce genre de protection convient spécialement.

Les plantes bulbeuses en général, et celles du Cap eu particulier, ont un mode de végétation qui leur est propre; quand l'époque de leur rentrée en sève est arrivée, rien ne peut les empêcher de pousser, qu'elles soient plantées ou non ; beaucoup de tubercules, entre autres les griffes de renoncule, peuvent être conservés hors de terre une année entière et même deux ans sans en souffrir ; leur floraison

n'en est même que plus belle lorsqu'on les remet en terre, et les jardiniers les nomment griffes reposées; pas une bulbe ne partage cette faculté des tubercules de prolonger leur sommeil en restant hors de terre. Plusieurs fois on a essayé de retarder l'entrée en végétation des plantes bulbeuses du Cap, en enterrant leurs bulbes jusqu'au printemps dans de la terre sèche, ce qui ralentit jusqu'à un certain point le cours de leur végétation; mais alors la floraison venant à coïncider avec l'époque des fortes chaleurs, les plantes avaient trop à en souffrir. Il faut donc , jusqu'à ce que la science de l'horticulture ail fait un nouveau pas dans celte voie, ce qui doit résulter prochainement des recherches et des essais tentés à ce sujet, se borner à préserver ces plantes des atteintes du froid, et les laisser suivre le cours naturel de leur végétation qui amène leur floraison naturelle au printemps.

Les plantes bulbeuses du Cap se cultivent dans des pots dont on renouvelle la terre au mois de juillet. Ces pots sont enterrés dans le sol de la bAche, ou mieux dans une couche de scories de forge vulgairement nommée mâchefer, substituée à la terre dans le but d'éloigner les lombrics ou vers de terre qui leur feraient un tort très-notable s'ils pénétraient dans la terre des pots. Toutes ces plantes veulent un compost de terre franche et de terre de bruyère; on peut cependant y ajouter un peu de sable, si (slle semble trop compacte; car leurs bulbes, surtout celles des Ixia, sont fort petites, et leurs racines fibreuses sont d'une extrême délicatesse, ce qui nécessite une terre très-légère, quoique assez substantielle.

Ces plantes aiment par-dessus tout la lumière ; on doit

donc s'abstenir de couvrir leurs châssis tant que l'état de la température le permet, et se hâter de les découvrir dès que le froid est passé, même entre deux périodes de froid , sauf à les couvrir de nouveau si la gelée reprend. Elles craignent autant que le froid un excès d'humidité qui fait pourrir leurs bulbes; il ne faut donc les arroser qu'avec modération, même en été; elles ne réclament presqu - pas d'eau en hiver. Par le môme motif, on tiendra les châssis fermés pendant les pluies d'automne , qui leur feraient un tort irréparable. Le fossé plein de feuilles servant à isoler le châssis est très-utile pour préserver de la gelée les plantes bulbeuses du Cap; si l'on substituait un réchauf de fumier à cette garniture sèche, qui n'est qu'un simple préservatif, on hâterait la floraison des plantes bulbeuses, qui se prêtent fort bien aux procédés de la culture forcée ; mais leur floraison, venue à son époque naturelle, est toujours plus parfaite.

Liste des plantes bulbeuses cultivées sous châssis froids.

Agapanthus unibellalus.

Âlbuca altissima. aurea.

cornuta.

major, niinor.

Allium rubicundum.

Synnottii.

verrucosum.

Alslroemeria bicolor.

Alslroemeria Hookerii.

lightu.

pelegrina.

psiltacina.

Simsii.

Amaryllis (toutes les espèces du Cap, du Chili, d'Alger, du Mexique).

Anigozanlhos coccinea.

flavida.

Manglesii.

Anigozanthos ru fa.

Anisanthus splendens.

Brunsvigia laticoma.

minor.

muUiflora.

Anomatheca cruenta.

juncea.

Anlholyza œthiopica.

lucida.

monlana.

pnealta.

Babiana angustifolia.

dislicha.

mucronata.

nana.

obtusifolia.

ochroleuca.

pallida.

plicata.

purpurea.

ringens.

rubro cyanea.

sambucina.

spalhacea.

stricta.

sulphurea.

tenuiflora.

tubata.

tubiflora.

villosa.

Belladona blanda.

pudica.

Coburghia incarnata.

CoUania urceolata.

Conostylis aculeata.

juncea.

serrulata.

Cyclamen coum.

persicum.

neapolitanum

Cyrtanthus carneus.

obliquus.

odorus.

striatus.

vittatus.

Diètes crassifolia.

iridioides (mor'sea

Dilatris corymbosa.

Drimia undulœfolia.

ovalifolia.

parvifolia.

purpurascens.

pusilla.

Eucomis bifolia.

nana.

Ferraria angustifolia.

antherosa.

atrata.

divaricata.

elongata.

obtusifolia.

uncinata.

undulata.

Geissorhiza nionantha.

rocheana.

Gladiolus alatus.

albidus.

algoensis.

aphyllus.

augustus.

blandus.

brevifolius.

campanulatus

cardinalis.

carneus.

cochleatus.

concolor.

elongatus.

fasciatus.

floribundus.

hirsutus.

lœvis.

merianellus.

namaquensis.

natalensis.

permeabilis.

puniceus.

tristis.

Gladiolus undulalus.

versicolor.

viperatus.

vomeculus.

watsonius.

Habranthus augustus.

bifidus.

pumilus.

Hgemanthus carinatus.

carneus.

coccineus.

maculatus.

pubescens.

rotundifolius.

triginus.

Hesperantha angusta.

cinnamomea.

falcata.

pilosa.

Imhofia crispa, filifolia.

gemmata.

Iris fimbriata.

susiana.

Ismene amancaes.

nutans.

Ixia aristata.

capitata.

Ixia columelItTiis.

conica.

craleroides. curtn.

dubia.

erecla.

(lexuosa.

fuscata.

liisco cilrina.

hybrida.

leucantha. , maculata.

monadelplia.

ochroleuca.

ovata.

patens.

virididora.

Lachenalia flava.

luteola.

pendula.

punctala.

quadricolor.

nibida.

Iricolor.

Libertia paniculala.

Liliiim japoriicum.

lon!j;illoruni.

pumiliim.

Massonia candida.

grandillora.

lonsifolia.

Massonia iindulala.

Melasphœrula graminen.

iridifolia.

intermedia.

Mil la binora.

Moraea ciliata.

dichotoma.

edulis.

elegans.

fugax.

minuta.

papilionacea.

sordescens.

Morphixia aulica.

incarnata.

linearis.

Nerine corusca.

curvifolia.

Ilexuosa.

humilis.

pulchella.

rosea.

sarniensis.

undulata.

venusta.

Ornithogaliim aureiim.

ciliatum.

conicum.

crenulaturn.

Ornithogaluni graininifoliuiii.

maciilaliim.

ininiatuni.

niveum.

nolatum.

ovatum.

pilosum.

prasiniim.

revolutum. •

Rudolphi.

secundiini.

Orthosanthus multiflorus.

Oxalis canescens.

hirla.

incarnata.

macrostylis.

purpurata.

rosacea.

rosea. ' rubella.

rubro-llava.

secunda.

Simsii.

sinensis.

tortuosa.

fricolor.

lubillora.

Patersonia glabrata.

glauca.

lanata.

longifolia.

média.

sericea.

Pelargonium lobalum.

triste.

verlicillatum,

Petamenes quadrangularis.

Peyrousia bracleata.

fissifolia.

Phycella cyrtanlhoides.

Samolus liltoralis.

Schelhammera undulata.

Scilla brevifolia.

corymbosa.

maritima.

Sinnotia bicoior.

variegata.

Sisyrinchium cliilense.

graminifolinm.

iridifolium.

luteum.

speciosnm,

striatum.

tenuifolium.

Sparaxis blanda.

glandulifera.

Griflini.

lineata.

pendula.

Sparaxis tric8lor.

versicolor.

Spalalanlhiis specioïus.

Spbœrospora imbiicata.

Streptanlhera elegans.

Slrumaria aiigu«tifolia.

rubella.

truncala.

Tigridia conchiiflora.

Tradescanlia rosea.

Tiichonema crucialum.

filifoliuni.

loiigifoiiiim.

pudicuni.

recurvifoliiini.

roseuiii.

speciosuni.

Tritoma média.

pumila.

uvaria.

Tritonia anigozanthiflora.

capensis.

crispa, fuscata.

Tritonia odorala.

ïiilipa cornuta.

Wachendorfia graminea.

hirsuta.

paniculata.

thyrsiflora.

Wallota purpurea.

Watsonia aletroides.

angusta.

brevifolia.

compacta, fulgida.

Watsonia humilis.

iridifolia.

marginata.

merina.

plantaginea.

punctata.

rosea.

rosea-alba.

rubens.

spicata.

strictiflora.

Zephyranthes akermanniana.

carinata.

grandiflora.

sessilis. Etc., etc.

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