‹ Art de la teinture des laines;Chapitre 5 sur 16 · DES. SUBSTANCES TINCTORIALES · texte numérisé non relu

DES. SUBSTANCES TINCTORIALES

Au point 'où nous en sommes arrivé, a^rès avoir traité du dégraissage des laines et de, l’opération du bomlloQ , nous aurions pu passer à la descrij^ion des procédés au moyeu'desquèlson parvient ^obtenir toufès les couleurs, mais ces applications supj^ant la côhnaissance des substaneés tinctoriales , et de leurs principafes propriétés, inous pensons qu’il ne^ra pas hors de propos de nous livrer d’abord à une étude particulière de "ces 8u1)stances.^ •

dans la plupart- ce soinest toutr4-tait superflu.,

Voilà cte CTue nous avions -à dire sur Toné-

TtNCTOftlALBS.

DePIndiga..

L’indigo est une substance solide , insi^ bidè et aune' odeur particulière , “que l’pn Mtire' de 'Certaines plantes du genre incUgofera\ et qui existe aussi , mais en moindre quantité dans Pùutis timtoria, connu sous le nom de pastel pu vouède. Pour l’obtenir, on coupe les plantes qui' le contiennent^ on les lave , on en détache les feuilles^ et l’on place ces- feuilles dans une cuyè que l’on remplit d’eau^ux trois-quarts^ et aux fondde laquelle onles maintient. Ln petude tems il s^tabbt une grande fermentation dans toute la roâsse, et laliqueùy#evient verte, avec la propriété de'bîèuir au coO'^ * tact de l’air. À ce moment on décante cette^ liqueur, - on la- mêle- avec /une . certaine quantit#d’eau de èbaüx,,on Fagite poufr Faérer , et loi^u’iW^q?t flocons

pourprés Bien 'distinct ^ ^ On la Veiçse dans ^ une. cuve où oii laisse/le dépôt se formés^ Ce dépôt lavé et suffisampaênt é^tté , est ^ divisé én petiteà . ibasses ca^es , et c'^est • sous cette fônn'e que l’indigo se rencontre ordiflairemertt dans 'lè Commerce. r ^

Cette substance , outre la matfôjro colO^ rante qui lui Ost propre, côntieint^eiico>re

SUBSTANCES

une matière glutincuse, une matière brune et une suinte de résine rouge particulière mais èûm'me ce$ dilFérentes parties étrangères ne jouent sensiblement aucun rèile dans la teintür^ notis ne considérerons que la ^ partie colorante, et ce que non^ entrons pourra -s’entendre de l’indigo même tel que l’on l’emploie. • ,

Ija matière coloraute de 1 ludigo est înso— ble dans l’eau , et dans les acides èt les alcalis afFaiblis, mais légèrement soluble à chaud dans^alcoolj l’essence de térébéntbine et les huiles. V- Le chlore la décolore histan— vtapem.ent, èt l’acide nitrique qui la décompose, la convertit en une matière jaune ,

• amèref particulière. Quant à l’acide 'sulfu- ' rique cohcentré, il, la dissout, en lui fai- ,saiit éprouver quelque altération dont il est difticile dé déterminer la'nature , mais après lesquelles elle perd, la, propriété dé’ se volatiliser ; cependant comme elle peut encore être mQdifiée par lés substances désoxigé— nantes , et reprendre ensuite de l’oxigène a.u contact de l’air , il est permis de croire .•quelle n’est qu’exjtrêinement divisée', sans avpir éprouvé . d’autre altération.

Cette dissolutipn de l’indigo , s^obtient par la réaction de six à huit parties d’acide sjilfurique,- contre une de celte Substance.

Lorsqu’elle a été faite tivec. l’acide le plus concèncré qu’pu puisse .obtenir ^ elle a u|ie couleur pourpre , qui passe au bleu lorsque la dissolution est étendue d^-eau , et quï dii reste ne paraît dificrer en rien de la premièrek * .

tiorsqu’on ajoute de la limaille» de fer ou de zinc dans une dissolutibn.de cette nature, rindigo perd sa couleur, en abaudonûant une- certaine quantité d’oxigène au métal, mais il redevient bleu au contact de l’air.

’ L’indigo qui n’est pas dissous dans l’acide sulfurique a aussi la propriété de perdre et de reprendre de l’oxigène.^' et il éprouve cette modification lorsiju’ôn' le traijte.pai}, des sulfures> solubles ; dans cet état , c'està«^re , lorsqu’il a perdu une certaine quan-' tité de son^oxigèqe , <ü devient soluUe d£i|l| les alcalis; etc est sur cetté propriété qu^ acquiert , sont fondés tous les piroCedés de la teinture en bleu solide. On> ne peut pas bien dire quelle est la couleur do l*iut— digô ââésoxjgéné. Peut-r-être est-ul, Wanc, mais d’ordinaire il-eçt gris; verdâtre. Sa.

dissolution dans les alcalis est 'd’un jaune plus ou moins rpux y et si elle est ordifiai- . rement verte , c’est qu’plie tient en suspéu- • sioii une certaine quantité d’ii\digo, réoxide • qui n’est pas dissous. V , . , /

2^4 substance»

• Nous ne nous étendrons pas duvunlagë sur l’examen des propriétés chimiques de l’indigo , quoique cette étude soit fort importante pour le teinturier ; nous ajouterons seulement (juelques réflexions relatives à ses propriétés physiques et à son usage.

L’indigo , -tel qu’on le rencontre dans le commerce, présente de grandes variétés qui font q'uele talent de l’apprécier est le premier que le teinturier doive avoir. Nous ne répéter rons pns ici ce qu’out répété plusieurs savans,

3 ui ont écrit sur oette matière ; tout ce que irons a re^u la sanction de l’expérience , et ^ "quand nous ne partagerons pas leur opinion j c’est.que la nôtre sera bien motivée. L’es- • pace nous manque pour détailler ici les ca- ' raclères qui peuvent appartenir plus particulièrement aux indigos de l’inde, qui viennent en caisses et sont sous forme de pains carrés , et aux indigos d’Amérique qui viennent dans des peaux de bœuf, et sont sous forme grenue ; ce que nous ^rons sera général et pourra s’entendre des’ indigos de tous les pays.

La légèreté est luie des qualités que l’on remarque des premières d^ns les indigos* La matière colorante isolée ^tant très-légère , il est présumable que l’indigo qui en contient beaucoup doit être léger. Mais si

TIMCTOaiAIËS. »5

1^011 peut assurer en général , qu’un indigo lourd est de qualité- très-médiocre , il ne s’en suit pas que tous les indigos très-légers soient fort bons ; il faut encore qu’ils aient d’autres qualités , comme l’on va voir. Ce que l’on remarque en même tems que la légèreté dans les indigos, c’est la nuance.

Il y a des indigos d’un bleu pâle , d’autres d’un bon bleu , d’autres d’un bleu -riche , d’autres d’un bleu purpurin. Il y en a.de violets , de cuivrés , et de rouges-brun^ il y en a de rayés de bandes verdâtres et et de picotés. Il y en a enfin de ternes et de grisâtres. Toutes choses étant égales d’ailleurs, ceux que l’on devrait préférer seraient les bleus à- reflet pourpré ; et après eux ceux qui les précèdent ou qui les suivent immédiatement dans notre liste. Les rouges- . bruns, ordinairement durs et lourds, sont de qualité inférieure même à ceux qui sont

Ï »icotés, toutes les fois que ceux-ci sont plus égers, et que leur couleur est du reste assez bonne j et ceux qui sont ternes , grisâtres , ou d’un bleu pâle sont communément'aussi mauvais , quoique souvent ils ne manquent pas de légèreté.

Mais pour qu’un indigo soit bon , il ne suffit pas qu’il ait bonne couleur et qu’il soit' léger, quoique ce soit de fort bons

Tcininre. 2 2

SUBSTANCES

indices ; il faut encore qii^il soit spongieux, * happant à 'la lahgue et d’une pute 'extrè— ineitient fincv Alors , s’il est à lu fois léger, de bonne couleur et fin de pute , ou pourra prononcer sans hésiter qu’il est bon.

Il devra 'encore , non-seulemént , se cui— vrfeo^ comme tous les indigos , par le frottement de l’ongle , mais fournir sous l’ongle" un grand hombrc'de petites écailles du plus beau pourpre cuivré , et ressemàjlant à la rndtière cristalline de l’indigo. Ainsi il ne se réduira pas aisément en poudre ; et mis- dans un mortier , îa pression du pilon le convertira en parcelles écailleuses^ pendant long-tems avant que l’on puisse le broyer. Du reste on peut dire de l’indigo , qu’il est bon , lorsqu’à l’emploi , une partie peut colorer de neuf à dix parties de laine fine en toison, en bleu de roi-; qu’il est moyen , lorsqu’elle ne peilt en/colorer que de sept à huit ; et qu’il est de qualité fort inférieure , quand il en faut le cinquième ou le sixième du poids dè la laine. Quelques teinturiers sont dans l’opinion que, tous les indigos ne fournissent pas des nuances également belles.

Nous pensons que cette opinion n’est pas très-fondée , èt que toutes les fois que la dissolution de l’indigo est bien opérée et

TIHCTORIALES. S-J

que toutes les circonstances qui s’j rattachent sont favorables , l’on obtiént cons— -, taniment de belles nuances. Il faut’ajôuter que la mise en dissolution des indigos fort impurs , est plus diflicile ordinairement que celle d^s bons indigos.

Voilât, d’après notre expérience , quels sont les principaux signes que présentent les difiFérens indigos. Mais le teinturier ne doit pas savoir seulement connaître le bon, il doit savoir surtout apprécier le bon relatif, parce que souvent il trouve un grand avantage à acheter des indigos inférieurs. ^ Tout cela est dépendant du prix qu’on les vend ; et pour, agir avec autant de certitude que possible dans celte occasion , il doit ' savoir coml)ien telle ou telle qualité qu’Jl connaît bien ,^eut colorer de laine, pour un poids donné. Avec ces notions , qu’il aura souvent confirmées par l’expérience,il sera difficile qu’il se trompe daps scs achats. . . ^

Si nous nous sommes étendu un peu longuement sur les propriétés de l’indigo,’ c’est que cette substance est la plus im— ■ portante qui soit . employée dans la teinture des laines, et qu’elle entre dans la consommation pour un prix plus considérable que toutes les autres substances en- ' ,

Digitiz cd

SUBST^KCX»

semble. Du reste , nous jpouvons ajouter que les procédés indiques, par quelques chimistes pour apprécier la quantité de matière colorante contenue dans d’indigo , ne sont aucunement sanctionnés par l’ex— . péricnce. Ainsi le poids des cendres, qui sont le résidu de rincineration de cette substance , est un indice fautif , parce que les manières végétales ou animales, introduites pour falsifier l’indigo , disparaissent presque complètement par l’action du feu, et qu’un fort mauvais indigo , ainsi altéré, peut être jugé, meilleur qu’un autre fort bon , .mais qui contiendra un peu plus de matière calcaire ou de sable*-'^L’épreuve , au moyen du chlore , est tout aussi illusoire que la calcination. En efiet>, dans<'un très-mauvais indigo , le c^ore pourra se porter d’abord sur les matières étrangères au principe colorant j et n’attaquer celuici que plus tard , tandis que , dans un fort ♦ .bon indigo, ce p^'incipe pourra être le premier attaqué , et le meilleur des. deux indigos pourra être décoloré le plus vite.

Bois dinde ou de Campdche,

Le bois d’Inde ou de, Campêche sq.

rencontre, dans le commerce, sous fornie

TINfcTORl£^. . 9 /^

Je grosses bûches j .d’-ün brun noir au— dehors , et' dBmi Toug'c jaunâtre au-dedans.

Il est d^un grand, usage dans la teinture , parce qu’il, jouit de plusieurs propriétés qui le rendent précieux, quoique, dirreste, les nuances qu’il fournit soient peu solides.

Employé seul avec l’alun et le tartre , il produit une couleur violette qui fburne, au -

bleu par les alcalis. C’est le bleu que l’on appelle faux teint, qui rougit parles acides et devient grisâtre à ï^air ; employé ‘ • avec le sulfate de fér et de cuivre ,^il donne ", un noir bleuâtre, rechçrché pour les étoffes légères , comme mérinos; Avec le sulfate .

de fer seulement', et des quantité variables de sumac ou de noix de galfe , il produit un noir assez solide pour la draperie; il produit des gris de toutes nuances atec ,

les mêmes substances ,* lorsqu’il entre en ‘ ' ,

moindre quantité dans le bain ; erifin avec le tartre, le sulfate de cuivre et le sulfate ^

et r hydrochlorate d’étain", 11 donne des violets asâez beaux et assez solides. On Remploie en outre dans beaucoup de cas , mais en quantité très-petite , pour donner ce qu’qn appelle des bruniturès ,• ou pouf faire des gris de toutes teintes. ’ • '

Cette énumération peut faire juger de (luellc utilité le bois d’Inde est pour la'

3cj» , '.^STANCas

leiiilftre des laines ^ on peut dire même

de celte substance , qu’elle seraj^ propre à .produire toutes les nuançes, depuis l^enoir jus(|u’au gris d’argent et à l’écarlate, mais presque toutes ces nuances seraient trèsfugqces. Ce défaut de solidité fait. c|ue le ' bois d’Inde est très-rarement .èmploye seul, et que l’Ôn n’en. fait usage généralement (|ue pour modifier l’effet des substances avéc lei?quelles il est employé.

M. CbeVreul a fait sur la matière colorante du bois d’Inde et de plusieurs autres substances tihctoriplès , des recherches fort . délicates et fort curieuses ,, mais il n^cntre pas dans le plan de ndtre ouvrage dé les rapporter, •

' ‘ Garance.

% La garance, rubia tinctonàn , est une plante' cultivée dans plusieurs pays et dont la Vacine fournit une poudre d’un rojig^ plus* ou moins jaufie ou plus ou moins brun , qui est d’un graSid usage pour la teinture et qui communique aux- dilférens sujets a, teindre , des couleurs presqu’inalférables. Cette substance, qui joue le rôle ^ le pbis important dans la teinture des co—

' Ibns a été l’objet d’études pt de recherches plus ou mbins heureuses, qui jusqu’ici

• TlîWTOBlALBS*

oiît eu très-peu ‘d’influence sur les prali- ^(|ues suivies dans les ateliers. Il; ne faut pas confondre avec ces recherchées celles que MM. Robiquet et Colin ontTaites tout récemment , et qui , sans doute , auront tôt ou tard’ pour effet , d’inspirer des applications utiles. Le travail que ces savans chimistes .ont publié, est un chef-d’œuvre d'arialyse et .de discussion , etmous regréttons que les bornes ^e notre ouvrage ne nous permettent pas d’en donner même une légère idée au lecteur.

\ Les garances que' l’on rencontre dans le commercé, viennent.du Levant,, de Smyrne ou de' Chypre ,1 de Provence , d’Alsace ou de Hollande. Celles du Levant ct-de’Pro^ vence sont eûiployées- presqü^exclusivement pour le coton. Les premières sontbrunes et les secondes rouges^ Celles d’Al-:. i sace ou de Hollande sont réservées plus particulièrement pour la laine j elles sont d’une couleur jaune safranée, mais celles qui sont plus communes tirent an brun rouge terne. ^ . : •

Lorsque les facines de la garance ont été arrachées , séchées et débarrassées de toute matière. étrangère, on les passe dans iinc espèce de moulin qui en sépare. l’epLderme,.-. et c'et épiderme, joint à'iâ pondre

3a • SUBSTANCES

racines ;de rebut , forme une qualité de .garance que l’on emploie pour entretenir la fermentation propre à désoxider l’indigo. La partie moyenne de ces racines déjà passéës aù moulin , fait une seconde qualité de/garance assez estimée, mais la meilleure est fournie par la partie la plus intérieure. Cependant , si les raeines étaient trop . grosses , la qualité fournie par les ; parties moyennes serait préférable. La gafaneç moulue- est livrée au commerce dans des tonneaux où elle s’agglutine très-for— ’ temertt. Quelquefois ellé^^est vendue en racine, et on la nomme alors communément lizari. On doit la moudre avant que de l’employer. '

La garance est d’un grand usage darts la tèinturè des laines, mais on ne l’emploie ordinairement seule que pour faire un 'rouge commun très-solide, tel qu’on en voit aux gens de la campagne. dans quelques provinces, ou un. autre rouge aussi très-solide*,’ niais beaucoup moins-sombre, qui est, employé pûur certains pantalons de cavalerie. Du reste , son flus grand emploi est de concourir à toutes les couleurs cbmposéeS solides, en usagé pour la draperie, Alliée au bleu et au jaune , dans des proporlTons^rlifférentés , elle proiluit ,

TIÎICTORIAlfKS. 33.

avec un ère bruniture , toutes Jes couleurs que Ton connaît sous^ nom clebyoïize- . Alliée au bois d’Inde avec le, mordant qui tourne celui-ci au violet elle produit dès couleurs vives et solides qui se rapprochent de la fl eur-îde— pensée. Alliée à la noix de galle ou au' sumac et au bleu , elle concourt utilement à la production d’une multitude de gris solides; enfin on péut^la'' considérer comme un des élémens les plus im-' portans de la presque totalité des couleurs solides de la draperie. Cependant elle est loin d’obéir et de s’associer à tous les réactifs comme lé bois d’Inde ; aussi ceux qui veulent -obtenir des couleurs- trè^>*vives et trè.s-légères , et qui travaillent sur pièce à l’échantillon , ne font guère usage de cette substance, d’abord parce. que*ses nuances ont le défaut de manquer d’éclat et ensuite parce qu’il devient difficile de modifier une couleur . marquée dans laquelle elle entre. ' - \ .

' : , ' . - • '.'Cochenille. * ‘ - i

La cochenille est un- pvtit iâseoté qui se mültiplie sur plusieurs espècés 4je cactus^ On en connaît de deux cpialit^, la-côc mile tre et la cochenille /ine; mâis.on.

34 ’isrBSTAKCES

ne rénconli*e guère que ' cette^<Jernièro.

dau!» le cominerc^. Lorsqu'elle a été parfaitement desséchée* sa couleur est d'un rouge noir>, et -écrasée ,sous Tonale , elle produit une poudre violette foncee ; niais [lorsque sa 'dessication est nioing avancée , son extérieur se couvre.d’une sorte d’efflorescence blanchâtre qui lui donne un oeil argenté'', et 'alors lorsqu’on, l’écrase sous ‘l’ongle, ou la trouve plus difficile à réduire en poudre que dans le premier cas , et jnême souvent elle s’agglutine en prenant l’aspect d’une, pâte légèrement grasse.

C'est donc une erreur de penser, comme le font plusieurs teinturiers , que la cocheridle argentée est préférable à la noire jiar ses qualités : elles ont les memes propriétés l'une «t l’autre, mais à prix égal, la dernière ést d’un emploi plus avantageux rpaVee qu’elle, est moins desséchée; du reste,’ le) cochenille argentée mise dans un fpur , ne Larde pas à devenir cochenille noire , en . perdant de S' à 6 pour cent de son 'Ipoitls et quelquefois davantage. La coche-.

• nille dite silveslre peut être substituée à la cochenille line ,; çlans tous les cas ;rsculc— inenl il en fa\it imé qiianlilé-plus considé— rahje, que l’on précise par quëlques essais luéalahlcs.* ^ ‘

TlNCTOftlilIdE's.

l^a cochenille .à ^ été un sujet 'd’étiulc pour plusieurs chimistes v, et' liotaniinéut pour .MM. Pelletier ef Caventcm qui én ont isolé l|p matière colorante ; mais tôuscés' travaux ont été encore sans utilité poulies pratiques de la teinture : du reste relativement à la cochenille, plusieurs teinturiers nous paraissent avoir .porté dans la.

pratique, un degré de perfection au-delà duquel il est difïicile d’aller. : ‘

’ La cochenille, s’emploie à l’itât de poudre , soit qu'elle ait été moulue , soit qu’elle iiit été pilée dans un . môrtier ei puis tamisée. EHe contient*' uné grande quantité de matière colorante;^ 'et produit, lorsqu’elle est trajtée • con venahlemeirt ' dés nuancés^de la plus grande beauté.' Employée sfeule ou .^^concurremment avec une substance jaune, elle produit *^ avec les mordans de tartre, et d’hydrochloro-nitrate d’étain , -les' plus vives nuances d’écarlate , , d’orange , de grenadt et d’aurore. Traitée par l’alun et le' tartre, elle donne de superhe's teintes de rose et de cramoisi; alliée au bleu , elle donne de beaux violois; e^éiifim on peut , la faire entrer a-vec avanta^ dans , toutes' les couleurs composées dont' le. ronge /ait partie , et'* qui doivent avoir une' graïule Vivacité. i •^'r' '

36 ■ TOBSTANdBS

‘ La côcfeenille a si'peu de tendance à s’unir avec les matières végéta les qu’elle n’est d’aucun usage* dans la teinture de ces matières; du reste les couleurs ^ue Tpn en obtient sont ^ assez sol!i des , et résistent avec STiccès aux effets de l’àir , quoique la plupart dçs réactifs puissent les ternir ou les altérer. Cette facilité .avec • laquelle les nuances 'qu’elle -produit peuvent d’altérer , est la raison pour laquelle iioutes lesxétof - ^ iTes qui doivent/recevoir sa teinture , sont téintes.«en pièce. .Les laines ’*'qui doivent entrer^ dans des scbals pu dans des tapis ^ .sont teintes ep fil; mais, dans leur emploi, ces fils né sontni mouillé?', ni frottés ‘ d’huile, ni mis- en » contact avec rien qui les puisse ternir, « '

Avant la découverte (^e Técarlatê de cochenille, on employait heaucoup en Europe ,.une sorte d’insecte appelée kermès, * que l’on recueille sur une espèce* de chêne vert en fispagne y dans le midi de la France., én Italie el dans* lé Levant. *Cet insecte , traité par le’houilipa de tartre \et d’alun , donne des nuances d’nn rouge .plein, beaucoup plus s'olides que .celles qui sont produites par la cochenille , mais aussi inopmparahlement moins bri|lantes ; l'ukage en est à peu près abandonné .aujour-

TlMCTORiALEii. 3*J

<rhui^. parce que la- garance |)eut le ffenvplacer avec avantage .pour beaucoup de tou3y et que, pour les autres , il ne peut étric comparé à la cocbenille. . f ' ’■

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