‹ Art du maçonChapitre 17 sur 26 · CONSTRUCTION DES CHEMINÉES · texte numérisé non relu

CONSTRUCTION DES CHEMINÉES

Les cheminées se construisent de trois .

façons différentes; en briques , en pierre de taille et en plâtre. La meilleure construction est en briques posées de plat, maçonnées avec un'inortier de chaux et de sable , et soutenues par des fan tons, ou tringlettes de fer brut garnies d’un crochet. On doit enduire le dedans le plus uniment possible , afin que la suie s’y attache moins, et employer à cet effet un mortier très-fin ou du plâtre. . La construction en pierre de taille ne diffère en rien de celle-ci ; mais comme elle est fort dispendieuse, il est rare qu’on y

H CHEMLW ÉES. •

ait recours , hors dans les palais. Di* reste, il faut également maçonner avec \ 'soin ces pierres avec un mortier fin, et ,-les soutenu- de crampons de fer. La construction en plâtre ne se pratique communément que dans les cantons où le plâtre abonde. On emploie à cet elfet de très-bon plâtre que J’on pigeonne à la main j c est— a— dire , que l’on n’applique ni ne jette , niais que l’on pose par poignées, et que 1 on elève doucement en— irç la truelle et la main. Les languettes que l’on forme de cette manière doivent avoir au moins trois pouces pour que la construction soit solide. On emploie des fanions pour lier les languettes latérales avec* celles de face, et ces fanions, placés de trois en trois pieds, sont scellés dans des trous pratiqués au fond des tranchées que 1 on a creusées dans le mur pour recevoir les languettes.

* La* construction des cheminées ne présente aucune difficulté , mais il faut souvent beaucoup de sagacité pour les placer et les dévoyer dans l’épaisseur des murs de la manière la plus convenable.

Autrefois On se contentait de les élever perpendiculairement , et àeles adosser les unes devant les autres à chaque étage

mais il eii résultait une masse de constructions qui surchargeaient les planchers et nuisaient à la symétrie des pièces. En outre, tous ces conduits verticaux étaient beaucoup plus sujets à fumer que les conduits un peu inclinés que, l’on pratique aujourd’hui. Ainsi, ce à quoi l’on doit maintenant s’attacher est de les dévoyer dans l’épaisseur des murs, sans en diminuer la solidité. Par ce moyen , on gagne beaucoup d’espace , et on ne déforme pas les appartemens.

Quant à la position des cheminées, l’usage veut qu’elles soient adossées à des murs de refend, ou aux murs latéraux de l’édifice , dans le milieu des pièces , et jamais opposées au jour , toutes les fois que 1 on peut faire autrement.

Dans ces derniers tems, on a imaginé , avec succès , de les adosser quelquefois à des murs de face , en les plaçant dans l’embrasure d’une croisée, avec un tuyau incliné. La croisée qui surmonte le chambranle de la cheminée remplace la glace, et ne fait pas un moins bel effet.

La profondeur que l’on doit donner aux tuyau* de cheminée ne peut être moindre de neuf pouces, et ne doit pas

Di

86 CHEMIHÉES.

excéder un pied. Leur largeur 11e doit non plus varier que de trente à tient’.*-!

six pouces. Au dessous de ces limites, les cheminées sont sujettes à fumer, et, audessus , il y a une déperdition de chaleur trop considérable. Quelquefois ou construit des tuyaux de cheminée en terre cuite; mais ce n’est jamais que pour de très - petites pièces dont la cheminée occupe un des angles. On attache sur la fermeture de ces cheminées, une chaîne de fer de toute la longueur du tuyau, aûn de pouvoir détacher la suie au besoin.

' -Lorsque l’on veut ménager une cheminée dans l’épaisseur d’un mur déjà fait, il est des cas où l’on coupe le mur dans toute son épaisseur, et alors on construit un mur de dossier en carreaux de pierre ou en brique. Mais comme il est rare que l’on perce entièrement un mur à cet effet , on se contente de le dégrader à mwnur, et d’y faire ensuite les raecordemens nécessaires. Il faut observer de ne jamais dévier de leur aplomb les cheminées* qui occupent toute l’épaisseur d’un mur de refeud, parce que la partie de ce mur qui serait en suraplomb , n’aurait pour .soutien que les languettes de

la cheminée, et ne serait pas d’une solidité suffisante. Cet inconvénient subsiste également relativement aux murs latéraux de l’édifice, lorsqu’ils ne sont pas d’une épaisseur suffisante.

Les jambages des manteaux de cheminées se font communément en brique; mais on en fait aussi en pierre de taille dans les maisons considérables, et en moellon ou plâtre dans les constructions de peu d’importance. Ces manteaux ont des dimensions en harmonie avec les lieux pour lesquels 011 les fait, et leur largeur dans œuvre varie depuis deux pieds trois pouces jusqu’à cinq pieds, sur une hauteur de trois pieds et demi à quatre pieds. Leur profondeur ne doit jamais être moindre de dix-huit pouces, et elle augmente comme les autres dimensions.

La gorge et le manteau d’une cheminée sont toujours supportés sur ses jambages, à l’aide d’une barre de fer coudée d’une force convenable dont les extrémités sont scellées dans la maçonnerie.

On se dispense de mettre cette barre dans les cheminées de cuisine qui sont fort hautes, parce qu’elles ont communément un manteau de bois revêtu de plâ-

t>8 CHEMINÉES. • -

tre. Dans ces dernières cheminées , les jan>bages sont presque toujours en pierre de taille; dans les autres, ils sont ordinairement en brique , mais ils reçoivent un revêtement Tort souvent en marbre , qui les recouvre en partie. Le reste de leur surface extérieure est enduit de

P lâtre, et recouvert d’une peinture à huile imitant le marbre. Quant au manteau , il est également revêtu en marbre , ou au moins en pierre fine que l’on peint à l’huile.

Autrefois on garnissait le contre-cœur des cheminées en grès ou en briques, mais on ne les garnit plus aujourd’hui que d’une plaque de fonte. Dans les grands appartemens, on met plusieurs plaques que l’on pose en coulant derrière du plâtre gâché très-clair, et qui forment un revêtement complet. L aire des cheminées repose toujours sur un vide conservé exprès dans le plancher , et on le soutient à l’aide de deux barres de fer coudées aux extrémités, et qui s’appuient sur les solives d’enchevêtrure.

Quand ees deux barres ne paraissent pas suffisantes, on les croise par une autre qui s’appuie par un bout sur le chevêtre , et qui , par l’autre ^ est sceellée

dans le mur de face, Ces barres servent de support à une maçonnerie de plâtre , et plairas taillés en voussoirs ou de briques, à laquelle on donne toute l’épaisseur du plancher, et que l’cn pave en carreaux. Quand les cheminées sont revêtues en marbre , la partie antérieure de l’âtfe est recouverte d’une longue, dalle de même matière qui va d’un jaua- , bage à l’autre. *■

Il arrive quelquefois , lorsque l’on veut établir une cheminée dans un appartement, qu’il se trouve une solive d’enchevêtrure à l’aplomb du manteau.

Alors il faut dévoyer le tuyau, de manière à l’éloigner du bois de quelques pouces, et élever d’un côté une languette aplomb sur le manteau, pendant que de l’autre on répare l’inconvénient du sur-aplomb par une sorte de coffre en maçonnerie légère. Par ce moyen , on évite le danger du feu. C’est ce danger

3 ui oblige de ne placer aucun morceau e bois dans les tuyaux de cheminée, et d’éjever aqssi les jambages , non d’aplomb sur les solives d’enchevêtrures , mais à quelques pouces au dedans.

rOSSES D*AT9AlfCES

Page 1