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COMPOSITION DES MORTIERS ET CIMENS

Comme l’exposition des principes est rarement suffisante pour guider dans l’application, nous allons entrer ici dans

Q uelques détails sur la composition des ivers mortiers ou cimens aopl le maçon peut avoir occasion de faire usage.

Mortiers ordinaires .

On prépare, le mortier ordinaire en employant trois , quatre ou cinq parties de sable contre une partie de chaux vive. La chaux doit être de bonne qualité, et n’avoir pas été éventée. On la mêle au sabfe après l’avoir éteinte dans

l’eau , et eh avoir fait une pâte de consistance butyreuse. Le sable peut être plus ou moins gros , mais il doit être

Ï nirgé de parties limoneuses. On doit 'incorporer à la cbaux par un travail long et soutenu; et, comme le disaient les anciens, il faut, pour que le mortier soit bon, qu'il soit arrosé avec la sueur des sourcils. ,

Lorsqu’on mélange la cbaux vive en poudre et le sable, dans la proportion - d’une partie de cbaux contre deux de sable, et que l’on humecte modérément le mélange en le pétrissant , on obtient un mortier qui prend, plus vite que la première et qui durcit davantage; mais, on doit éviter de le faire sécher trop vite.

Partie égale de sable fin et de sable gros, un sixième de partie de cbaux vive; et un douzième d os calcinés, produisent un mortier de bonne qualité, et qui devient susceptible de durcir promptement lorsqu’on y ajoute, au moment de l’emploi, une nouvelle quantité de cbaux vive en poudre. L’usage de la cbaux vive , conseillé pour la première fois par M. Lcçùot , a pour effet de donner au mortier la propriété de prendre sur-le «champ comme le plâtre, et de permettre conséquemment d’employer

dans les constructions des matériaux du plus petit volume.

Mortiers , Cimens et Bétons de différente composition .

Le mortier ordinaire reçoit ordinairement un surcroît de qualité, lorsqu’on remplace une partie du sable par des fragtnens ,de tuiles ou de poteries réduits en poudre. Cet effet n’a lieu cependant que lorsque la chaux est grasse, car si la chaux était hydraulique , toute addition semblable serait inutile.

' En Afrique , on fait quelquefois usage d’un ciment que l’on prépare avec une partie de sable , deux de ceudres et trois de chaux vive , tamisées ensemble , gâchées pendant trois jours consécutifs, et humectées alternativement avec de l’huile de lin et de l’eau. Ce ciment acquiert une dureté singulière.

Les mortiers hydrauliques ou bétons se préparent en alliant aux chaux grasses des pouzzolanes pulvérisées ,, ou ,, à leur défaut, des grès, des ardoises ou des argiles calcinées et pulvérisées ; ou seulement des cendres de charbon de terre.

Les chaux hydrauliques n’ont besoin

que d’être mêlées âu sable commun pour produire de bons bétons, et il est tou-, jours possible de se procurer des chaux de cette espèce en calcinant ensemble quatre-vingt-dix parties de pierre calcaire, cinq de manganèse et cinq d’argile ferrugineuse. Ces matières sont réauites en poiidre et formées en boules, avant la calcination, et on les incorpore ensuite avec soixante parties de bon sable.

On prépare un mortier ciment à bas prix, en pétrissant ensemble deux parties de chaux , une partie de cendres de houille bien tamisée et une demi-partie d’argile. Ce mortier est humecté lentement et bien remué. Ensuite on le laisse en tas pendant plusieurs jours, après quoi on le corroie et on le laisse reposer de nouveau, en continuant jusqu’à ce qu’il soit souple et ductile. Ce mortier peut être employé pour servir d’aire dans les greniers. On l’applique en couche, et lorsqu’il est près d’être sec, on le recouvre d’une couche légère de bonne chaux vi^e délayée dans du lait de beurre.

En Italie , on exécute des aires à l’antique d’une manière qui mérite d’être

connue. On fait une première couclie avec un ciment composé de trois parties de tuileaux et une de chaux.

On étend bien le ciment; on le laisse reposer pendant un jour ou deux , suivant la saison , après quoi on le bat fortement avec une barre de fer coudée, et l’on répète chaque jour cette opération jusqu’à ce que la barre ne produise plus aucune dépression sur la couche. Sur cette couche on en étend alors une autre plus mince où la chaux entre à parties égales avec les tuileaux , et on sème sur cette couche encore fraîche de petits morceaux de marbre qu’on y fait entrer à l’aide de la pression d’un cylindre. Cela fait, on bat de nouveau le sol ; et , lorsqu’il est parfaitement résistant et bien sec, on eu dégrossit la surface avec un grès et de l’eau , après quoi on le travaille à la pierre ponce. 11 ne reste plus alors qu’à lui donner à chaud deux couches d’huile de lin , et à le frotter pour le polir.

Scellemens divers .

La composition des ciinens et SGelletnens étant d’une si grande importance dans l’art du maçon , nous allons y con-

sacrer encore quelques détails que nous, puiserons dans notre Traité de Chimie appliquée, aux arts.

/ « Un peut faire un ciment très-dur, en pétrissant simplement de la farine de seigle dans un lait de chaux trèsépais. On en obtient un plus dur encore et qui est propre à lier les pierres, avec de la limaille de fer , de la suie et du sel marin détrempés d’urine. Le verre pilé, le sel, le vinaigre et la limaille, produiraient le meme effet.

>» Neuf parties.de tuileaux pulvérisés et une de iitharge finement broyée , produisent, quand on les détrempe avec de l’huile de lin , un ciment qui devient assez dur pour rayer le fer, et qui est très-propre à souder les pierres, et à s’opposer à l’infiltration des eaux. Pour s’en servir, on a soin d’imbiber d’eau la place où il doit être appliqué.

» Les seellemens les plus ordinaires pour sceller le fer avec la pierre , sont Je plomb , le soufre, ie ciment* le plâtre, le fer mêlé avec les acides et les matières résineuses. Ces différente» méthodes ont besoin d’être sensations.

» Les seellemens de plomb son t d’une exécution facile, et ont une grande soli-

éc) ailées par quelques ob-

dite, mais ils n’ont pas toujours beaucoup d’adliérence avec la pierre ; et d’ailleurs, ils sont si dispendieux, qu’on y a rarement recours. Ceux de soufre ont le défaut de produire à la longue la destruction du métal qui s’oxide et se convertit en sulfate. Ceux de ciment proprement dit, n’ont que l’inconvénient d’être lents à prendre, car du reste ils sont presque inaltérables. Ceux de plâtre s’altèrent, nu contraire, en très-peu de tems par l’action de l’eau.

Ceux que l’on fait avec des mélanges de vinaigre , de limaille , de suie et d’urine, sont d’une grande solidité, mais lorsque les trous sont voisins du bord de la pierre, ils peuvent la faire éclater, à moins qu’on n’ait introduit avec les matières de la rapure de liège. Quant aux résines fondues , et mêlées avec des tuileaux pulvérisés , elles sont un bon scellement qui n’a pas les inconvéniens de celui du soufre; mais il est à propos dans cette espèce de scellement comme dans celui par le soufre, d’introduire, dans les trous, des fcagmens de tuile passés au feu , qui entretiennent la fluidité de la niatière pendant quelque tems’, et lui

5o FONDATION DES BATIMENT

permettent de pénétrer partout également. »

Après les détails préliminaires dans lesquels nous venons d’entrer sur les connaissances diverses que le maçon doit avoir acquises avant de mettre son art. en pratique, nons allons exposer successivement la marche à tenir lorsqu’il s’agit de fonder v poursuivre, ot achever une construction.

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