‹ Art et littérature des roumainsChapitre 2 sur 17 · AE PE NS ANR L NAGES · texte numérisé non relu

AE PE NS ANR L NAGES

- -quasi- -roumain, nous croyons | devoir PER d une. At

CE LRO PE

+ térature, mais les monuments “écrits nous manquent.

complètement. Et, pour la manifestation artistique, il

nous sera facile de montrer qu'elle a certainement

existé, mais aucune trace visible n’en est restée. Heureusement les chapitres d'histoire peu- vent être

retrouvés, malgré la stérilité complète des sources, par APR des méthodes indirectes. Ce qui arrive üne fois sera: rÉv :

pété dans la vie d’un peuple. dans les vicissitudes d’ ‘une. .

région: ce qu'on trouve à un certain moment suppose : une élaboration antérieure. Des procès de dévelop:

pement se répondent d’un domaine de l'humanité FE eee à .. V'autre. Il ne faut: pas trop d’effort pour arriver, sir #7 cette voie, à certains résultats et on ne risque pas de.

tomber dans les illusions d'une JMS indisci- -plinée. | |

En commençant par l'art, il est Re certain, malle reusement — faut-il bien le dire —, que la plus ancienne église datable de la principauté valaque est seulement - d'environ 1350 et que la Moldavie ne possède pas d’édifice sacré avant l’époque d’Étienne- le-Grand, donc: environ 1460.

Mais ïil est impossible d'admettre qu’une nation christianisée par des colons ou par l’activité des mis- .Sionnaïires dès, au moins, le IV-e siècle, n’éût pas.d’ em

Fe de placement du culte. Comment : se. représenterait-on un:

christianisme à l'air libre ou devant une vague croix de grande route pendant mille ans?

Mais il y a plus que cela dans ce domaine des probabilités historiques. On peut affirmer aujourd’hui, sur la base du texte formel que nous fournit la chronique d'Anne Comnène, princesse de Byzance, son , Alexiade“, que dès 1080 il. y avait sur la rive droite du. Bas- Danube, du côté de Silistrie, et dans. certains

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brogéa | de la fin du moyen-âge, des princes indigènes. -

. comme Tatos-Tatul (mom fréquent aussi chez les Rou- -Hains), qui n ÉHAENE ni Grecs, ni 1 Pertes ni Rus-

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-*.recoins de l’ancienne Scythie Mineure qui. sera la Do-

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ses à la facon du Küiévien Sviatoslav. Sur la rive gau- | oi che un district d'aujourd'hui et, dans le langage des

__pâtres, toute une vaste. région danubienne s'appelle . . Vlasca (lisez Vlachca), donc, en slavon: Le Pays Roumain, ce qui suppose une formation politique natio- ‘ nale employant officiellement le slavon. à la place du grec d'Orient et du latin d'Occident. Quelque chose a dû répondre dans le domaine des fondations religieuses à cet embryon de concentration politique sous l'influence byzantine. Et, après ces débuts qui renvoient à une époque encore plus ancienne, en rapport

avec les ,Roimanies‘ démocratiques, citadines du Bas-

Danube, le privilège accordé vers 1240 par le roi de Hongrie aux Chevaliers français de l Hôpital qu’il vou- “lait établir dans une région plus occidentale du cours de ce fleuve, dans l’Olténie, montre que, à la moitié du XII- -e siècle, ii y avait dans ces cinq territoires des juges“ pour les judete, des pêcheries à Celeiu, des mouins donc des centres de population, des routes, du. commerce et au-dessus de ce petit monde roumain

des chefs énumérés dans le diplôme que mentionne la

confirmation du Pape: trois sur la rive gauche de

l'Oit, des vassaux ou prétendus vassaux du roi, et, sur

la rive droite, du côté d’Arges, un prince roumain, déclaré sans sujétion envers la couronne royale, Sénes-

“av. Or, pour avoir cet ordre d'État, il a fallu un

assez long développement autérieur, et les premières formations sur ce vaste territoire sous la montagne se touchent avec les dernières preuves de vitalité de la formation danubienne. Ces quatre cheis roumains n’auraient-il pas eu un autel pour prier?

Dans les inscriptions commémoratives des églises d'une date postérieure, plus d’une fois est mentionné l’édicule en bois qui a été détruit par les constructeurs en pierre, Au skite de Butoiu, dans le district de Dâmbovita, refait au XVIL-e Te. il y aurait eu même

uue fondation princière du XV-e siècle consistant seu-

lement dans un échafaudage de planches. Tel monastère

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olténien, transformé lui aussi par les bâtisseurs de l'époque moderne, s’appelle encore «dintrun lemn) («d’un seul bois»). Si une des églises centrales de Bucarest, dont la fondatrice est Marie, la femme du riche et malheureux prince Constantin Brâncoveanu, est nommé «dintr'o zi» («d'un seul jour»), c'est que les constructeurs travaillaient avec les mêmes matériaux simples.

Ci et là l’église en bois se rencontre encore. Les paysans s’acharnent contre cet héritage si modeste de leurs antécesseurs, mais parfois on réussit à le défendre. Dans les forêts de Vasluiu j'ai découvert une église villageoise où le bois seul donnaït les parois et l’ornementation. M. Coriolan Petranu, professeur à l'Université de Bucarest, vient de décrire et de présenter, dans des albums et aussi dans le premier annuaire de l’Institut d’histoiregénérale de Cluj, publié par M €. Marinescu, de nombreux exemplaires dont certains viendraient — ce dont je doute fort — du XIV-e siècle encore. Ce sont de très hnumbles chaumières sacrées, sans ornements aucuns dans leur petitesse sympathique, au dessus desquelles s'élève une belle tourette, svelte et élégante, que borde, avant la flèche hardie, un corridor sur colonnettes. V a-t-il ou non une influence des grandes et lourdes églises saxonnes, qui, elles aussi, se distinguent par la puissance imposante de leurs tours servant à la surveillance et à la défense ? Ou bien, comme le croit M. Petranu, recèlent-elles le mystère de la plus ancienne création architecturale de la race roumaine? Des éléments des plus anciennes constructions en bois, pendant la période où pour les maîtres et voisins goths une chambre était une Zimmer lignée, peuvent bien s’y être conservés. |

M. Petranu est l'élève de M. Strzygowskvy. Et on sait combien celui qui s’est pendant silongtemps attaché à mettre en relief l'influence de l'Arménie sur l’art byzantin prise aujourd’hui, après la guerre, S ’inspirant des églises de bois de la vieille Norvège ainsi que de recherches sur place en Asie centrale, une architecture plus

Art et littérature des Roumains F'

ancienne que les constructions, qu’il est enclin à mépriser comme étant l'oeuvre de copistes et d’usurpateurs, des maçons de la région riche en carrières de pierre ou sachant l'emploi de la brique. Du reste, dans sa dernière étude” il s'arrête aussi avec un sentiment de haute estime aux constructions rudimentaires en verges enduites d'argile et jusqu'aux tentes des Touraniens, qui auraient contribué à créer la forme première.

Mais il n’y a pas, chez les Roumains, que cet art des édicules en boïs.

Le paysan de Roumanie est l'héritier d’un très ancien art populaire, nettement opposé à celui, d’un caractère naturaliste si hardi et si compréhensif, des cavernes de l’Aquitaine et de la Catalogne. Cet art procède par simplification pour arriver à des types éternels de caractère abstrait, géométrique, qui ont influencé la Grèce ellemême, en la disciplinant dans sa première expansion en Crète, et lui ont donné les intéressants vases du cimetière athénien de Dipyle. Cet art s’est étendu sur tout le Sud-Est de l’Europe, dépassant au Nord, non seulement le Danube, mais aussi les Carpathes ; il s’est implanté dans les îles de l’Égée, il a dominé les manifestations populaires de l’Asie Mineure, jusqu'à ces rhombes qui ornent le bord des vêtement hittites. Aujourd’hui on le retrouve, conservé fidèlement par dessus des dizaines de siècles, aussi chez les Serbes, chez les Bulgares, chez les Albanais, chez les Grecs et, au-dessus de ce monde en quelque sorte apparenté, chez les Ruthènes, chez les Hongrois de la steppe, chez les Slovaques, même chez les Tchèques.

Pour le tapis, pour la chemise, pour le tablier des femmes, pour le bâton du pâtre, pour l’ornementation de la maison et des ustensiles et meubles, pour la ceinture et les ares du guerrier, il a dominé tout effort vers la beauté venant du Roumain non cultivé par l’école ou par l'apprentissage savant. J'en ai découvert

* Congrès d’histoire de l'Est européen à Varsovie,

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Or, les Roumains ont une traduction en prose des Actes des Apôtres et du Psautier, des Évangiles, sans doute aussi, dès le commencement du XV-e siècle. Elle est conservée dans des manuscrits du XVI-e comme le Codex de Voronet, les Psautiers de Scheia et de Hur-. muzaki. Vainement on cherche du côté de quelques philologues à écarter cette affirmation, presqu'unanime, des historiens. Les livres d’Église inprimés au XVI-e reposent sur ces vieux manuscits, que l'éditeur, un clerc valaque réfugié en Transylvanie et payé par les luthériens des villes saxonnes, n’a pas toujours compris, ce qui peut être constate plus d’une fois. Toute la vie culturale du XV-e se réflète dans les termes employés par le traducteur anonyme ou les traducteurs qui ont collaboré à cette oeuvre remarquable, Le style, avec les mots encore agglutinés, se forme à à peine, alors qu'il est pleinement formé, selon la grammaire, dans la plus ancienne lettre roumaine conservée, la missive adressée aux bourgeois germaniques de Brasov:Kronstadt par le marchand valaque Neacsu de Câmpulung, en 1524. Un de ces manuscrits finit par le crédo à la façon occidentale, avec le filioque. Or ce crédo catholique, d’un côté, et le langage vulgaire. de l’autre, c’est le hussitisme. Et on voit que le mouvement de propagande des Bohêmes s’est étendu sur la Hongrie Supérieure et la Pologne, entourant de tout côté le territoire roumain, qui fut même profondément pénétré par les émigrés magyars de la répression catholique jusqu’au lointain Dniester moldave.

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