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bles. de spontanéité, mais, bien entendu, et non seule- - ment dans ce domaine de la prose, en quelque sorte savante, par des créations nettement individuelles,
: ‘acceptées et adaptées par le milieu rural qui s’en empare, que viennent aussi les premiers monuments deda -
HILÉÉrAtUte écrite. | ee, E ui
C'est encore Fa ci dune manière plus explicite et. plus exclusive, que se forme la première poésie des Roumains.
Elle a dû couler de plusieurs sources qu’on reconnaît dans les courants qu'ont peut étudier sous des formes de beaucoup postérieures,
La poésie lyrique, la doïna, au nom archaïque,
rappelant la ,daïna® des Lithuaniens apparentés aux
Thraces, se présente de différentes formes, et le plus souvent elle est très difficile à ramener à l'époque même la plus approximative. Au début, elle n’a pas autant à faire avec la sentimentalité rêveuse du jeune pâtre — car les femmes ne sont pas, comme en Italie, les créatrices de la chanson d'amour —, qu'avec la nécessité du rythme, si nécessaire dans tous les actes de la vie pastorale. Elle accompagne la marche des troupeaux, elle en scelle le repos, elle en dit dans une note humaine toutes les modestes joies et toutes les
tristesses.
Il n'est pas cependant impossible de reconnaître à la lecture par des termes vieillis, parfois généralement incompréhensibles, ou par des notesde vie ayant un caractère historique, leur âge. Prenons, au hasard, des exemples.
Lorsque le gars s'adresse à sa bien-aimée pour lui dire ce qui suit:
Oh, ma très jolie bien-aimée, Viens avec ton ami sur la colline, Pour te donner un soutien (räschitor) et une fourche. Pour un rien {leafä) de petite fourche Tu me paieras de trois baisers sur la bouche, - Pour un petit bois de soutien Tu m’embrasseras sur la bouche trois fois,
10 N. lorga
on est transporté à l’époque, pas trop récente, où généralement, comme encore aujourd'hui, en Transylvanie seule — dont, du reste, ces vers pourraient venir — les jeunes gens faisaient présent aux jeunes . filles de leurs ustensiles à filer.
Ailleurs, lorsqu'un autre amoureux cherche sa belle à travers les vallons:
Trois fois j’ai fait ferrer mon cheval Pour gravir vers ma belle la colline.
Ce n’est pas la faute au cheval,
Ni à qui a ferré le cheval,
Mais bien celle de ma bien-aimée
Qui cache sa tête au fond des vallons,
la mention du Tzigane forgeron est une indication de chronologie séculaire.
Tel chercheur d'amour parle des transports de bois sur la Bistrita moldave et des robes tuyautées qu'ou vend à Piatra:
Verte feuille de jeune blé :
J'ai une seule pensée dans ma tête:
Entendre le concou qui chante
Et le petit merle qui siffle
Et, les radeaux dévalant,
Entendre les pilotes criant
Et faisant signe de la main aux belles, Lorsqu'ils leur parlent ainsi:
— Allons, ma belle, jusqu’à Piatra, Te faire faire une robe tuyautée Comme tu n’en a portée jamais :
c'est dejà l'ère des tailleurs pour les jolies villageoises. Mais il y a aussi un autre moyen de jugement pour ce qui est vraiement ancien dans ces morceaux lyriques, souvent ajoutés, disjoints, contaminés et caricaturés de toute façon. Certains d’entre eux se retrouvent dans un nombre infini de variantes. Ainsi la tourterelle qui ne boit que de l’eau trouble après la perte de son tourtereau, le paysan dont les boeufs
montent et descendent sans profit sur le champ non entaillé par le sillon, la jeune fille qui demande de monter derrière le cavalier, car elle n'en peut mais, celle qui ne trouve pas de compass'on chez l'étranger, en dehors de sa famille, car
Ma poitrine me deult si fort Depuis que mon frère ne vois, Car la pitié étrangère À Est comme une ombre de chardon.
Et ce sont sans doute ceux qui viennent d’une plus archaïque inspiration: parfois on en trouve le correspondant dans d’autres littératures populaires. En tout cas il y a dans ce domaine toute une oeuvre à commencer, qui serait certainement féconde.
Il y a aussi une poésie satirique. Elle prend différentes formes. En vcici une qui, parlant du cabaret, ne peut pas être trop ancienne:
Hier soir, quand le jour baissait, Je revenais du cabaret, ivre,
Et par la ruelle pleine d'ombre J'arrive à la maison d’autrui
Où la jeune femme est jolie
Et absent est le mari.
Quand je touchai le seuil du pied, Voici le mari sur le lit.
Que puis-je donc lui dire en hâte ?
— Je viens demander un tison.
— Heureuse, toi, ma pipe chérie, Car tu me sauvas de limpas.
Les amours des femmes mariées Te rendent fou plus d’une fois, Te font monter les fenêtres,
Te font partir comme tu le peux Par le grenier et sous l’auvent.
Mais des refrains irouiques ou insultants compris dans quelques vers accompagrent, doivent accompagner les danses, ces danses qui, hore roumaines, ywpor grecs,
12 SR ET à . a E re
kétos slaves, sont d’ origine préhistorique. Real on s imaginer ces «rondes», ces «bourrées» à la façon. de l’Au- Re vergne sans le coup de fouet de l'attaque des. BARS v-
contre certaines des. jeunesfilles:
Oh la chérie de sa mère qui danse, Et le balayage sous la porte?
Les Roumains ont leurs «chansons anciennes), cân
tece bätrinesti. La récitation des vers courts, à rime facile, se déroule, coupée par la plainte de l’archaïque mélopée en ton mineur. D'où viennent elles?
J'ai cherché à en fixer des cycles. Le plus ancien est celui dont les héros appartiennent au monde d'inspiration serbe. Alors la coutume — et les sujets aussi,
au début — vient, par cette Serbie de Kossovo, celle
de la défaite et de la sujétion à l'étranger, qui ne peut pas créer l’épopée originale, au génie épique français
des chansons de geste, transmises par les Angevins au
Midi italien, d’où la mode passer en Albanie et en terre serbe pendant ce XIV-e siècle. Ci et là dans certains de ces fragments épiques, qu'Alecsadri a rendus glorieux en les transformant, mais qui étaient connus dès la fin du XVT-e siècle par l'historien Constantin Cantacuzène et qui étaient imités par l'évêque Dosithée, un contemporain, dans ses Psaumes en vers, dans ces ,, dits“ du passé glorieux qui donnaient vers 1710 au chroniqueur moldave Jean Neculce la matière de ses légendes et qui attiraient les premiers poètes cultivés de l’amour
au XVIITL-e siècle, Jean Väcärescu et Constantin Conachi,
pour être fidèlement recueillis par le grand poète Georges Asachi, modelé par l’'Italie-du-Nord, et par cet élève de la Suisse romande qui fut Alexandre Rousso, on trouve des traces d’un lointain passé. Ainsi ce ,Latin riche“ (letin bogat) qui en Dobrogea représente les marchands ragusains du XIITI-e siècle, ou, dans une chanson récemment découverte, cet Olea. correspondant à l'Olah,
Archivele Olteniei, mai-août 1928,
“au Roumain ‘dé Hongrois, qui Es 1 “1 © Est riche de biens,
Pauvre de parents, ét qui possède: | Neuf moulins à vent
+ Fe Vite - MES te: Qui rendent de Pargent,
Art et fttérature des Roumains
PU lui fournissant de l'or, sans parler: tu ses
| troupeaux de brebis, de ses nombreux bestiaux, qui doivent payer aux brigands de Hoñgrois“ un droit de
deux ducats par semaine, et finit par vouloir vendre aux
* Püre CA ‘dans. le- -,;marché aux fleurs“, sa bien aimée pour
. que dans l'acheteur se retrouve le frère même que depuis Te
Rs elle cherchait. Heureux, Olea s’ en LTevient avec
celle qui Sera sa femme,
= Chantant et criant Et choquant ses armes.
de
Architecture en briques: emprunts à Byzance et aux Serbes
Au XIV-e siècle une modification essentielle se produit dans la vie des Roumains, modification imprévue dont cependant les principes étaient ohbservables dès ce siècle précédent où la vie d’État de la race commence à se consolider dans la région sous la montagne aussi bien que dans la large et fertile plaine de 1'OIténie, mère des blés.
La’ ligne de communication entre l'Occident et 1'Orient passe désormais à travers les pays roumains en formation.
Jadis la «grande voie des armées et du commerce», traversait en biais la péninsule des Balcans. Le gué danubien était à la «cité blanche» de Belgrade; par la forêt serbe elle atteignait Nich et au delà de la montagne elle courait vers Philippopolis-Plovdiv, vers Andrinople pour atteindre la magnifique capitale de. l'Orient romain.
Mais, dès l’apparition des Turcs dans ces régions, l’ordre politique en Serbie aussi bien que dans les régions thraces fut définitivement dérangé: À chaque moment on pouvait se trouver devant les bandes des envahisseurs ou devant une population anarchisée. Alors. d’abord, en attendant la voie de Galicie par la Moldavie jusqu'au Bas-Danube et à la Mer Noire, on pensa à employer le territoire hongrois jusqu'aux Carpathes valaques, puis la principauté de «tout le pas roumain», ce qu'on appelle vulgairement la
Valachie, pour faire passer en Orient le drap et les fabrication en métal de la Flandre, des pays allemands et du royaume de Bohême et pour amener en Occident ces «camocats», ces «bocassins», ces draps d’or, ces épices que l'Orient voiturait par ses caravanes.
Les Saxons de Transylvanie, des Rhénans, des Mosellois, établis dans ce pays dès le XII-e siècle, étaient jusque 1à seulement des villageois privilégiés, bien qu'ils fussent habitués au groupemest solidaire des régions d’ancienne domination romaine et qu'ils eussent connu les échanges commerciaux sur le marché des cités voisines. Ils n'avaient eu cependant que l'instinct de la vie citadine. Cette vie elle-même, entre les murs nouvellement élevés, avec leurs fortes tours, et à l'ombre de la cathédrale, surtout de style gothique simplifié au milieu de la grande place, fut le produit de la richesse inopinée que venait de créer ce chemin de commerce, | |
Une grande oeuvre de bâtisses commença donc de ce côté, à Kronstadt Brasov, à Hermannstadt-Sibiiu, à Bistritz-Bistrita. Et elle eut un correspondant en Valachie, où d’un jour à l’autre le prince, de tradition impériale, bientôt un des principaux soutiens de l'orthodoxie, devint riche et eut assez d'ambition pour vouloir le montrer par des monuments.
I1 y eut donc les fondations princières ou bien des créations monacales dont les proportions furent dues à la munificence de ces patrons.
Mais ordinairement on considère plus ancienne l’église des princes (domneascä) à Curtea-de-Arges aussi. La forme est absolument celle des églises en croix, à une seule tour et à distribution tripartite réalisée par des piliers en maçonnerie, de la province byzantine, surtout de Macédoine. Il ne manque pas cependant de rapports avec les bâtisses du culte du côté de la Mer Noire, comme à Mésembtie, et nous chercherons à indiquer pourquoi les recherches sur la provenance du type devraient se diriger aussi de ce côté-là. Les ma-