‹ Art et littérature des roumainsChapitre 4 sur 17 · CE · texte numérisé non relu

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Méridax de RÉRAROR sont absolument tes. mêmes ‘que pour Sanicoatàä.

La plus ancienne église valaque dexraits être celle-ci, à

de S. Nicolas ou Sânicoarä (Nicoarä est la vraie forme roumaine pour Nicolas), sur l'emplacement de l’ancienne citadelle de Curtea-de-Arges («résidence princière d’'Ar-

ges»). En effet, il était impossible de ne pas avoir. une église pour les princes, qui y résidaient, comme ce Sé-

neslav mentionné en 1240, dès le commericement du XTII-e siècle au moins. Et de pareils édifices se trou-

vaient toujours sur la hauteur où le prince avait fixé

.as demeure, Aujourd' hui on y voit un édicule en bri- ‘ques et en pierres cueillies dans la rivière et retenues.

dans du ciment gris, que surmonte une forte tour, au- ..jourd’hui en ruines. Cette tour ressemble à celles 5 CS

églises de village saxonnes qui ont influencé sur la forme de celle-ci‘ | |

Les éléments sculptés Re à une. care récente. Autour de la porte il y a la pierre. tombale,

transformée en cadre ornemental, de je ne sais quel Grec au nom inintelligible. Le caractère des fenêtres

appartient à la seconde moitié du XVII-e siècle. Mais on a découvert et mis en lumière la première peinture, qui est detoute beauté.

Klle correspond aux mosaïques de l'église constan-

:- tinopolitaine qui était jadis. celle du «couvent : des”

Champs® (wovi ne yépac) et qui est devenué la dchami

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Kahrieh, édifice plus ancien, que refit au RIRE" ment du XIV-e siècle Théodore le Métochite; il y

aussi des similitudes avec les églises de Misthra, qui

sont presque de la même époque. À côté de quelques: .

portraits, comme celui du fondateur au dessus de la porte, ceux, refaits, d’un prince que je crois Nicolas

Alexandre (f 1364) et de sa femme et, sur un des -pi- ;

liers, à gauche, un autre d’un prince du XIV-e siècle, . dont la tête à disparu, on a toute une longue : série

F4 de scènes Here la plupart not’ refaites, de *

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/ Ü Il y aussi dans un tabous une très curieuse vicille église < dont le clocher Fe adhère à l'édifice,

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la plus grande -bratité: représentant les figures com- . mandées par le typique. Saints guerriers en bas, apô- - tres dans les angles. de la coupole, la vie du Seigneur, Pantocrator bénissant entre Îles chérubins et les -allégories sacrées, Dieu Sabaoth et Vierge protectrice -dans la voûte de l'autel, Père de l'Église et cérémonies mystiques, comme la communion des Apôtres, sur - les murs de la même abside, enfin la riche suite des - miracles de St. Nicolas. Tout cela rendu, dans de bel-. les couleurs claires et gaies, dont un rouge particulièrement frais, avec une extraordinaire légéreté des mouvements, vérité des gestes et ‘expression des figures. C'est parfois, avec les mêmes longs regards de côté,

‘le stylé des peintures de Giotto à Notre Dame de Rare

l’Arène de Padoue.

O à trouvé dans son tombeau un brnte de ce-XIV.6-7 :--:

“siècle, assez bien conservé, avec son bonnet de perles, son: justaucorps de soie rouge inarqué du lys des Angevins, ses manchettes de perles, <es boutons d’or à la même emblème de Hongrie, sa ceinture dont le fer- moir représente une scène du monde chevaleresque de T Occident, avec le chev aler-et la dame sur les créneaux et une figure centrale de cygne à tête de femme. Comme

‘c’est la place du ‘fondateur et un graffito sursle Ur

dé gauche, à l’intérieur, note la mort, en 1354, du prince Bäsarabä, le vainqueur sur le roi Charles Robert, — donc à cette époque l’église était terminée, — il faut

“admettre que c'est son COrps qui a été découvert ; le

“fait qu'il finit ses jours à Câmpulung n'infirme pas notre conclusion: des princes du XVII-e étaient trans-

$ portés du Nord moldave à Bucarest et-on devait ra-

‘mener Bäsarabä de cette ville catholique de Câmpulung, où il n'y avait pas encore d'église orthodoxe, à la nécropole. qu'il venait de faire élever pour sa famille à.

. Ages. D'autres objets en or, bracelets, bagues, ont été

- tirés d’autres tombeaux avec des fragments d’ insctip-

tions en slavon, ti un caractère encore très dur éE vi

siblement étranger.

D Les peintures ont des inscriptions en partie grecques,

18 N. lorgà

en partie slaves, On ne pourrait pas indiquer la hationalité des artistes, maïs il est presque certain que c'étaient des allogènes importés. Or, pour les appeler, pour les inciter et guider au travail, il fallait un motif

extérieur, à côté des richesses accumulées par le nouveau.

régime commercial. Mais, si, en 1360 seulement, Nicolas Alexandre, fils de Bäsarabä, demanda au Patriarche de Constantinople, qu’on reconnaisse Hyacinthe, évêque de Vicina, sur le Bas Danube, comme exarque patriarcal, à titre métropolitain, pour la Valachie, on

peut supposer que le fait même, provenant d'une exten-

sion de la domination valaque sur le Danube inférieur, de la présence de ce prélat à Arges provoqua l'intervention princière auprès du Patriarche Le prélat venu de cette région aurait amené avec lui des artisans et

des artistes sachant travailler à la façon du Pont grec.

On ne saurait pas donner des indications de provenance plus rigoureuse pour le palais voisin, qui a été déterré par M Virgile Dräghiceanu aussi. Dans cette bâtisse de briques et de pierre on a recueilli des fragments de sculpture, dont une jolie aigle valaque, et de ces poteries multicolores à scènes variées qui sans doute recouvraient les murs.

Dans cette même Câmpulung, enfin occupée par les Roumains, une église fut bâtie pour le prince. Détruite vers 1600, refaite par Mathieu Basarab à la moitié du XVIT-e siècle, de nouveau ruinée pour être vulgairement reconstruite par un hégoumène moldave vers 1820, elle conserve cependant à la place réservée pour le tombeau des fondateurs la pierre, finement sculptée en profondeur, de Nicolas Alexandre Voévode, mort en

1304. Les puissants murs qui l'entourent — on y ob-

serve je ne sais quelle sculpture représentant un monstre —, la belle tour massive, aux arcades lombardes.et

aux cabochons d’émail vert comme à Cotmeana mon-

trent bien qu'ils n’appartienrent pas à cette époque de Mathieu où on n'avait pas besoin de se défendre à chaque moment contre les invasions. Le bâtiment voisin, à droite, avec ses belles voütes et les peintures évidem-

ment anciennes dans les embrasures des fenêtres ornées de belles lignes en relief, désignent un palais princier du XIV-e.

Comme il y a eu, vers 1370, un autre Métropolite Sur la rive droite de l’Olt, à Râmnic de Väâicea, on pourrait en chercher l'emplacement sur cette colline de la citadelle, Cetätuia, ancienne résidence du XVII-e siècle, princière aussi, où on a aujourd'hui une eglise.

Probablement fut-ce sous la même inspiration que fut bâtie par des princes valaques une église à Nicopolis, Sur la rive droite du Danube. Il re faut pas oublier, en effet, que cette ville fut conquise et retenue, vers 1370, — de même que Vidine — par Vladislav, prince de Valachie, et qu’elle resta peut-être aussi possession du successeur de Vladislav, Mircea.

Ajoutons que, à côté de ces fondations princières, les bcurgeois catholiques d'outre-montsavaient depuis longtemps leurs places de prières. Ainsi le couvent, le Kloster, en roumain Cloaster, de Câmpulusg, colonisée par des Saxons et des Hongrois dès le commencement du XIII-e siècle, — des fragments de ses encadrements de portes et de fenêtres dans l’église orthodoxe de St. Georges —, conservant la trace du pied de St. Jacques, mentionnée par des voyageurs allemands en 1389, contenait elle le tombeau du juge, comes, Laurent, mort en 1300, dont la pierre gravée se trouve aujourd hui dans l’église catholique actuelle, de forme gothique aussi, surmontée par une forte tour comme celle de Sânicoarä, timbrée d’un bizarre S. Nicolas à mitre latine et à inscription slavonne. L'église des Mineurs à Târgoviste, disparue aujourd’hui, n'a pas dû être de beaucoup postérieure. |

Une seconde série d’édifices vient d’une autre im: pulsion et elle dut se gagner plus tard le patronnage des princes régnants.

Nicodème de Prilep, muine gréco-serbe, ce qu'en a interprété par: Roumain, ancien habitant de l'Athos aux petites églises pour les frères, passa vers 1370

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le Danube du côté où la terre roumaine appartenait

au roi de Hongrie, Sigismond, maître du fort château

de Severin C’est d’abord là, près des Portes de Fer, à Vodita (,le petit ruisseau“), que fut bâtie une pes”

tite église, au-dessus de laquelle. s’éleva une autre s.

éxistant encore en 1660, sous un abbé, les Turcs de-

vant la détruire ensuite. Ou vient de déterrer l'édifice

primitif, où gît un homme au- crâne. brisé qui ne peut pas avoir été un de ces moines dont, du reste, -on exhumait après cinq ans les os ppus les ranger dans la crypte commune.

A Tismana il donna pour les princes Visas °

une pierre tombale marquée du lys, que mentionne, d’après les renseignements de l'écrivain J. Héliade, vers 1850, le poète françois Sébastien Rhéal — et Radu, frère de celui-ci, une grande -église à Ja façon serbe. Dans les attenances j'ai retrouvé le premier ne -:

ment de la porte d'entrée, à simples ornements flo-

raux : malheureusement, si les trois tours se conser- .

vent, les absides latérales ont été amputées par les réparateurs autrichiens de 1855, de sorte que le tom-. beau même de Nicodème, à inscription récente, est resté à l’extérieur:/1La peinture, assez. bonne, n'est

cependant que de la moitié du XVI-e siècle. ::

Il en est autrement de Cozia sur l’Olt, fondation du prince Mircea (f 1418), qui y est enterré sous

une pierre sans inscription. Etle conserve ses hauts je

murs, dans lesquels on a pratiqué des cellules et une. chapelle d'environ 1580, assez remarquable de - lignes, qui donne sur la rivière. Si le péristyle ouvert appartient à la réfection par le riche et généreux prince Constantin Brâncoveanu, qui, pour se Fonte prétend avoir refait dès les fondements l'édifice, si les peintres de cette fin du XVII-e siècle. y ne. Ps au leur, surtout en retouches — ils l'ont fait aussi pour les beaux portraits, en armure de chevaliers occiden-

taux, de Mircea et de son fils Michel îles, mufs- an-.

ciens, en briques et grosses pierres, sont ‘intacts, avec. leurs longues arcades Icmbardes, avec les fenêtres 4

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