‹ Art et littératureChapitre 15 sur 40 · AU SON DES CLOCHES · texte numérisé non relu

AU SON DES CLOCHES

Il était un professeur de Sorborme qui enseignait l'histoire des papes. Le moyen âge le retint longtemps, surtout les plus sombres années du moyen âge. Par goût, il s'attardait aux tragédies qui terrorisèrent la Ville éternelle. Les entreprises sanglantes des barons de Tusculum, les exploits d'un Grescentius, l'effroyable procédure qui exhuma Formose, pour que fût jugé et condamné son cadavre..., il ne se contentait pas de narrer ces scènes, il les peignait, — un peu d'imagination. Car je le soupçonne d'avoir laissé plus d'une fois influencer sa critique par son amour du pittoresque. Mais quelle couleur à la Goya ! quelles prouesses farouches de clair-obscur! Sachez que cet homme ami de toutes les horreurs avait aspiré les vapeurs sulfureuses du Styx. Non pourtant qu'il se fût penché sur l'en-

tonnoir vertigineux du gouffre. Mais l'envie ne lui en avait pas manqué, et, n'eût été le péril de perdre pied au bord de certaines crevasses, il se fût donné le plaisir de voir de près cette bouche d'enfer. Il contempla du moins le funèbre ruban du fleuve à l'eau noire.

Dans le monde, cependant, cet amateur d'épouvante était un causeur plein d'agrément, vif d'esprit, gai, même gausseur quelque peu, assaisonnant ses propos du sel d'une langue où se reconnaissait le familier de nos Gaulois.

La plume à la main, il se retrouvait avec même dualité : sinistre et rieur tour à tour.

Si c'est du terrible que vous voulez, prenez De r Italie, et lisez le « Sac de Rome » par les bandes espagnoles et allemandes de Charles- Quint; cherchez, dans Au son des cloches, la « Saint-Silvestre de l'an 1000 » . Ou bien promenez-vous, avec le romancier à' Autour d'une tiare, parmi les colonnes gisantes, sous les voûtes rompues des Thermes de Caracalla, où Déodat le nécromant évoque Benoît IX; à moins que, revenant à l'historien, vous n'alliez avec lui à Flo-

rence, voir rougeoyer le bûcher de Savonarole. Regardez la haute potence entourée de feu, suivez l'agonie , recueillez les dernières paroles du moine héroïque. Que si l'atrocité vous rebute de ce cinquième acte du drame que fut sa vie, remontons les années, entrons à Santa Maria del Fiore, à l'heure de sa prédication pieusement démagogique. Descendu de cette chaire d'où il vient de jeter à une foule éperdue une lugubre prophétie, accompagnons-le à son couvent de San Marco, écoutons, sous les arcades du cloître, la résonnance de son pas, asseyons-nous à côté de lui, au pied du grand rosier de Damas autour duquel il a coutume de réunir ses novices, et là, sous ce rayon de lune qui « laisse couler des larmes d'argent sur les fleurs du jardin » , tandis que la colline de Fiesole nous envoie, en ondes lentes, le couvre-feu de la cloche franciscaine, surprenons les méditations de l'apôtre à robe blanche, pénétrons la psychologie de ses colères sublimes. Il est de qualité peu commune, ce cœur violent que garde contre le siècle un rempart de si altières vertus : rigueur ascétique, folie du sacrifice, mépris de la persécution, provoquée même par de hautains appels. Pourtant, une fissure s'aperçoit à la muraille. L'ambition,

non, certes, toute brute et toute nue, non l'ambition humaine, mais l'ambition couverte et colorée du zèle pour Dieu, celle qui promet au frère prêcheur les moyens de cette rédemption de la chrétienté pour laquelle il se croit élu, le pouvoir de dresser sur Rome la grande croix noire de ses rêves, cette ambition-là peut trouver accès en lui. Le Malin le sait bien. C'est par cette fine lézarde qu'il voudra s'insinuer. Comment, avec quelle astuce, sous quels déguisements multiples il se glissera, et quelle lutte tragique s'ensuivra, cela nous est conté en détail, « au son des cloches » , par le même professeur de Sorbonne. Car, s'il s'arrêta au seuil de l'enfer païen, il traversa, sans doute, tous les cercles de l'enfer chrétien. Sa connaissance personnelle du Diable, dont, à maintes reprises, il décrivit la figure, en même temps que les artifices, le donne à croire. A moins que ce ne fût à l'assidue fréquentation des vieux chroniqueurs qu'il dût ces informations exactes sur les industries horrifiques de Satan.

Est-ce le recul où nous jettent, à travers les

temps, ses récits moyenâgeux, qui nous fait parler au passé de M. Émile Gebhart? Sans que nous y songions, nos verbes se mettent au parfait, à l'imparfait et au plus-que-parfait. Difficilement nous tenons pour un Français de nos jours un familier si intime des alchimistes, des astrologues, des sorciers, des démonistes de tout ordre, et si versé dans leurs sciences magiques. S'il ne nous arrivait de rencontrer en chair et en os cet évocateur de fantômes, nous le prendrions pour un contemporain de ce Raoul Glaber dont il a conté les naïfs effrois. Attention cependant! Çà et là, dans ces pages à faire peur, une inflexion, un ton, un pli de lèvre du narrateur, perceptibles à travers sa prose écrite, ont de quoi nous avertir.

Il advient que ses diableries les plus terrifiantes laissent soupçonner le sceptique ou même sentir tout proche le commentateur jovial de Rabelais. Un air de narquoiserie ne se trahit-il pas, par exemple, entre ces lignes de ï Abbaye de la Cloche-Fêlée : « Le Diable lui-même est impuissant à perpétrer la chronique de ses méfaits, et c'est peut-être, pour l'édification des âmes sensibles, un très sérieux dommage » ? Ailla

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leurs, remarquons la malice qui se joue au disparate de cette énumération : « Je plains de tout mon cœur les personnes qui, dès qu'elles ont mis le pied sur le sol poudreux de l'Espagne, ne se sentent point sollicitées et comme hantées par le souvenir de trois figures très hautes, saint Ignace de Loyola, sainte Thérèse de Jésus et Don Quichotte de la Manche. » Voilà que se dessine le sourire du dilettante quelque peu irrévérencieux. Autre part, nous verrons pointer la saillie du Gaulois.

Et n'est-ce pas lui déjà qui trouve tant de charme à l'histoire du chevalier de la Triste Figure? Car il faut bien que notre gaieté de race trouve matière de choix aux aventures de ce redresseur de torts, pour qu'elles soient devenues sitôt et qu'elles restent si profondément populaires chez nous. Je sais de M. Gebhart une jolie préface à une très artistique édition du Don Quichotte. Tout récemment encore, il revenait sur ce livre, « joie de tous les lecteurs, des jeunes et des vieux , des simples et des doctes » . Or, s'étonnera-t-on si un crayon qui retrace volontiers le contour de la panse de Sancho a pris plaibir à dessiner le gras profil de frère Jean

des Entommeures? Rabelais, c'est une des premières œuvres de M. Gebhart, et j'imagine qu'il garde une prédilection pour ce livre vieux de vingt ans passés, qui le reposa des violences de X Italie. De même, il y a un mois à peine, il se désanctifiait des contes pieux à" Au son des cloches en improvisant une suite au Pantagruel.

Ainsi vivent, côte à côte, en bonne intelligence, se passant la plume, la tenant ensemble à l'occasion, le sombre historien de l'Église qui, à ses heures, se fait romancier, — parfois sans nous en avertir, — qui se fait aussi illustrateur de farouches chroniques, poussant au noir ses vignettes, et le gaudisseur qui, en ses plus terrifiants récits d'occultisme satanique, ne contient pas toujours son rire, qui glose sur Don Quichotte et marie Panurge, — le rendant veuf, il est vrai, aussitôt. Ce dont Panurge s'estime heureux : « Dieu, s'écrie-t-il, est si bon! »

31 janvier 1898.

ADRIEN MITHOUÀRD

Je causai, l'autre jour, avec un poète. Il me parla de vers, et de ses vers ; vous l'eussiez deviné , je pense. Mais je l'en avais prié. Point vaniteux, du reste, ni envieux, ni d'esthétique intolérante; il n'a déchiré aucun de ses rivaux, il n'a pas formulé de théorie ce définitive » , et de ses pièces, dont quelques-unes me sont très douces à entendre, à peine deux ou trois distiques lui sont-ils venus aux lèvres. Loyal ouvrier sans vantardise, il m'a montré comment il tient en main son outil. Et il se pique bien, sans doute, de ne pas le tenir tout à fait comme tout le monde; mais ses adresses, encore que subtiles, sont de bon aloi, et il ne médit pas de celles d'autrui.

Autant que l'on peut étiqueter un poète de l'inspiration la plus personnelle avec les déno-

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minations catégoriques inventées ces dernières années, M. Adrien Mithouard est symboliste. « Mystique » exprimerait mieux peut-être certaines de ses aspirations et les formes les plus habituelles de sa pensée. L/autre terme a l'avantage de le cataloguer, si j'ose dire, plus précisément, quant à ses procédés d'art, et indique de suite ses parentages les plus proches.

Je ne ferai pas tort à son originalité, très saillante, en le rattachant à M. Mallarmé. Sa technique se trouve en grande partie formulée dans cette « divagation première » que le maître intitule : Relativement au vers. Mais il ne se l est pas simplement assimilée, et nous verrons que l'auteur du Récital mystique et de Y Iris exaspéré est mieux qu'un disciple intelligent.

Par éducation, nous avons tous le sens du vers alexandrin classique, avec le métronome de la césure au sixième pied et de la rime au douzième. Notre oreille y est faite comme à une « cadence nationale » . Si bien faite que nous pouvons nous plaire à contrarier cette harmonie trop fixée. La déformer avec délicatesse, « se jouer àl entour » ,

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en suivre un peu irrégulièrement la ligne rigide, puis tout à coup se reprendre à ce contour net, retomber en plein rythme traditionnel comme en un accord final où se résolvent les dissonances, n'est-ce pas une jouissance très fine? M Mithouard trouve un plaisir savant à ces défaillances voulues de doigté, comme s'exprime le poète de Y Aprèsmidi d'un faune. Non qu'il proclame avec lui « le charme certain du vers faux » , ni qu'en compagnie de MM. Viélé-Griffin, Retté , Verhaeren, Hérold et d'autres, il se laisse entraîner au vers libre. Il n'a nul goût aux excès du « polymorphisme » . Il garde la vieille musique de l'alexandrin comme harmonie fondamentale. Seulement, rien n'est plus libre ni plus varié que son « jeu à côté » .

Inutile de dire qu'il s'affranchit souvent de la césure au sixième pied. Gela ne compte plus guère pour une licence. Il y a beau temps que les Parnassiens usent de la césure mobile et multiple. Je ne sais s'il reste encore des professeurs pour en gémir. Assurément, la recette de Boileau était bonne; c'était un infaillible procédé de versification correcte. Mais la correction, est-ce assez en art? Et si, autrement, sans rien violer d'essentiel ni d'organique dans le vers, on arrive

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mieux au délicat et à l'exquis, n'a-t-on pas bien fait d'en finir avec la superstition de Y Art poétique?

Le but de cette règle de la césure, telle que la promulgua l'intransigeant Despréaux, c'est d'aider l'oreille en coupant le vers en deux. Mais est-il donc besoin pour cela de mettre précisément au sixième pied la syllabe finale d'un mot? Une pénultième très accentuée, suivie d'une muette, ne produirait-elle pas le même effet?

En l'épaisseur de Vombre que son œil taraude.

Ce vers, que j'emprunte au tout récent recueil de M. Mithouard, Y Iris exaspéré, ne satisfait-il pas le sens auditif à l'égal du plus classique? Et même n'y a-t-il pas un effet dans cette tonalité multipliée par le temps fort que marque la voix? L'ombre, ainsi appuyée,, passez-moi ce jeu d'expression, ne paraît-elle pas plus épaisse? Autre exemple :

Je maniais Y abîme, la lune, les bois.

Est-ce que Y abîme ne vous paraît pas creusé en quelque sorte par le poids de l'inflexion qui porte sur cette pénultième, suivie du vide d'une muette?

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M. Mithouard va plus loin. Très franchement, il se dispense d'un repos quelconque au sixième pied. Pourquoi la division en trois ne serait-elle pas aussi admissible que la division en deux? L'oreille compte-t-elle mieux vraiment deux silences que trois? Ici encore les Parnassiens avaient donné le signal de la révolte. Mais, par un reste de scrupule, ils mettaient toujours une fin de mot au sixième pied. Pur pharisa'ïsme. Qu'importe une syllabe ou une autre à une place que nul arrêt de la voix ne devra marquer? Récital mystique offre un emploi très ingénieux de la coupe franche en trois tronçons, dans une pièce intitulée Le corbeau du temps de Louis XIV :

Un corbeau noir tachait le ciel ainsi qu'un as.

Or ce corbeau qui me regarde et que voici Vibrait alors et palpitait d'amour aussi.

Il promenait sa robe d'ombre et de ténèbres. Oh ! qu'il vécut de papillons pendant sa vie !

Chaque fois que reparaît l'oiseau lugubre, il ramène avec lui ce rythme, comme un leitmotiv, et cela rend à merveille l'obsession qui estle sentiment du morceau.

Ce n'est pas tout. Plus franchement encore, on

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spécule sur l'effet de la césure sautée. L'oreille alors jouit de la surprise de ce contretemps. On peut même tirer de cet artifice un plaisir plus intellectuel. Cette suite de huit pieds sans arrêt, le temps fort unique se marquant au quatrième, donne un effet d'allongement, ou bien un effet de langueur est produit par des muettes qui viennent ouater l'hémistiche.

Voilà comment l'alexandrin roide du vieux Nicolas a été transformé par les retouches successives que lui ont faites nos plus récents et subtils poètes. Non plus mécanique comme jadis, et mesuré par un compteur invariable, mais vivant, libre, souple, — désarticulé, direzvous. Et peut-être aurez-vous raison. On adresse ce reproche à M. Mithouard, comme à d'autres. En vérité, pourtant, il le mérite moins que la plupart; car la délicatesse de son sens musical sauve, malgré tout, l'organisme de son vers, un rythme le soutient toujours. Il lui faut seulement ce « lecteur intuitif » que souhaite M. Mallarmé.

Je ne vous ai pas encore avoué qu'il lui arrive d'écrire des vers de quatorze pieds, — très

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délibérément d'ailleurs, et il en est qu'on peut aimer sans honte. Aux « conservateurs » qui le chicaneraient, il opposerait des précédents.

C'est Scarron qui a dit :

11 fait meilleur à Paris où l'on boit avec de la glace.

Vers de quinze pieds, si nous comptons bien. Ba'ïf en a fait de seize.

M. Mithouard se réclame d'ancêtres plus vénérables encore. Il invoque la très ancienne Vie de saint Antoine^ où se lit :

En Jesu-Crei, Jesu reclaim, Jesu mhaid et secur.

Plus près de nous, le Pauca paucis de Clair Tisseur contient une pièce de tétradécasyllabes qui commence ainsi :

Le souvenir, comme un serpent, mordit le cœur d'Hélène.

Clair Tisseur écrit sur une seule ligne. M. Mithouard, je dois le dire, recourt à une division typographique pour obliger l'œil à faire les coupes qu'il veut. Procédé un peu matériel, j'en conviens, et demi-aveu que la mesure ne s'impose pas assez à l'oreille. Aussi bien n'estce pas avec ce vers-là qu'il compte révolu-

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tionner la prosodie française. Il s'y joue comme à une fantaisie, mais fort agréable et distinguée. Et parfois il se trouve qu'une convenance singulière justifie cette « hypermétrie » . Transcrivons — avec leur typographie — les premiers vers de Y Iris exaspéré (la pièce qui donne son titre au dernier volume de M. Mithouard) :

Ils sont venus,

ont remué

sans mot dire la terre...

Ils ont ensuite

enseveli

sous un ciel solitaire

Mon cœur, un soir !

De mon cœur triste

un iris radieux,

Un iris lent

s'est élancé

vers la flamme des cieux.

Et j'ai livré

mes passions,

ma chair toute sanglante,

Mes sens, mon cœur,

pour la nourrir,

à la mystique plante .

Et cette fleur symbolique va monter, monter, aspirant à sortir d'elle-même, éperdument, assoiffée de l'absolu. Ne vous semble-t-il pas que son effort se traduira dans ce rythme haletant et

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dans cette rime attendue au bout d'un quatorzième pied?

La Lune aveugle (même volume) est aussi en tétradécasyllabes, mais coupés par 7 -f- ^ au lieu de l'être par 4 -(- 4 + 6 ; moins souples, nous allons le voir, et plus durs. Peut-être aussi le poète a-t-il voulu exprimer, à un degré supérieur encore, l'effort ardu :

La lune est un œil qui tâche

à s'ouvrir dans le ciel noir.

Elle a désespérément

la convoitise de voir; Mais un implacable voile

est scellé sur sa prunelle :

Elle cherche à soulever

une paupière éternelle.

Sur cet œil triste tendu

vers la lumière bénie,

Un peu de soleil absent

rayonne avec ironie.

Et l'œil plein d'ombre sur qui

la lumière vient errer

Cherche toujours à s'ouvrir.

Peut-être qu'il veut pleurer !

Nous nous sommes étendu sur la technique ;

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nous avons regret à ne signaler que d'un mot le haut symbolisme de ce livre, non point abscons et indéchiffrable comme certain ésotérisme pédant, mais clair à qui veut penser. Plusieurs de ces brefs morceaux expriment quelques-uns des tourments supérieurs du cœur ou de l'esprit. Par exemple, ces Tours douloureuses figurent des cœurs fermés, impénétrables les uns aux autres, et qui en souffrent, et qui en saignent. Indiquons aussi la pièce intitulée Avoir bu les étoiles :

Le ciel était de nuit, d'astres et de silence. Au fleuve alors, où l'onde agitait la semblance Des paysages et des univers en jeu, Je puisai l'eau frigide où frissonnait du feu...

Les soleils frissonnaient de fièvre entre mes doigts, Et je trempai ma lèvre au ruisseau de leur flamme, Et je fis boire les étoiles à mon âme.

Poursuivez, et vous verrez quel subjectivisme s'exalte sous ces images :

... J'ai desséché le flot vain du firmament blême

En y buvant ma soif : le monde est en moi-même.. •

IAHA.RPE ET SARCEY

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