LA JEANNE D'ARC DE M. BOUTET DE MON VEL
s'assimiler cette facture archaïque : coutumier, par exemple, du faire lisse, des à-plats des peintres verriers, modelant par le trait bien plutôt que par la couleur; cependant très moderne, disons-le, en cette dernière œuvre comme dans les autres, par un dessin très souple, sans nulle trace de roideur hiératique. Mais il a mis dans cette série de morceaux mieux que du procédé : le sentiment de l'époque et celui du sujet, avec toutes ses convenances accessoires. De sorte que, sans y songer, à travers ces claires compositions qu'on dirait s'enlever en transparence sur une paroi diaphane, on se prend à chercher une armature de vitrail.
M. de Monvel eût pu accentuer par une systématique disposition en hauteur ce caractère de ses petits tableaux. Mais cette affectation ne fut pas allée sans quelque inconvénient. Avec un tact délicat, il a réservé le cadre vertical à ses deux peintures de mysticité proprement dite, Y Apparition de saint Michel et les Voix, étendant en largeur les scènes d'action terrestre.
Rien, d'ailleurs, de plus varié que cette série de quarante-huit aquarelles; depuis le paysage, si simple et si suave, où la bergère prédestinée mène sa vache, jusqu'à la poussée des foules