‹ Art et littératureChapitre 31 sur 40 · LA JEANINE D'ARC DE M. BOUTET DE MONVEL · texte numérisé non relu

LA JEANINE D'ARC DE M. BOUTET DE MONVEL

espérantes autour du cheval de la libératrice, au déploiement grandiose des processions, au heurt des bataillons, à l'escalade des murailles... Nous avons indiqué la prédominance du trait dans ces compositions. C'est surtout par la ligne que M. de Monvel exprime le mouvement. Coloriste pourtant lorsqu'il veut; tels de ses groupements où éclatent des chamarrures, où chatoient des ramageures d'étoffes, sont de délicieuses symphonies de tons. Et nous voulons signaler cette Attaque de la bastille de Saint- Loup où l'ascension tumultueuse des taches sombres figure si puissamment l'élan de l'assaut.

On négligerait un des charmes de cette œuvre si Ton ne remarquait le penchant du peintre à se jouer, en passant, à des épisodes qui sont le badinage de son pinceau. Voici, à deux pas d'une procession, un chien qui ronge un os; voici, à travers la fanfare d'une entrée triomphale, un gamin qui jette son cri de gavroche. Familiarités pittoresques, qui ajoutent une note de vérité. Gavroche est de tous les temps. Au surplus, à côté de ce garçon espiègle, M. de Monvel fait une place à ses tout jeunes frères, aux plus petits. Le peintre des enfants se donne

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