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LA JEANNE D'ARC DE M. BOUTET DE MONVEL

carrière, et tant mieux! Surpris, émerveillés, joyeux, avides de voir encore, s'appelant, se poussant, courant à la rencontre des cavalcades, ou immobiles, campés sur leurs courtes jambes, dans la contemplation d'un défilé, il les montre dans toutes les attitudes, avec les gestes divers de leur curiosité, de leur allégresse, de leur admiration ingénue. Car il sait tout exprimer de l'enfance, les vivacités, les grâces, les gaucheries exquises.

Notons que ces anecdotes, contées en marge, sont traitées avec même soin que l'histoire Et peut-être trouvera-t-on que cette façon de peindre manque de « sacrifice » , comme on dit dans les ateliers. Mais en cela, comme en autre chose, M. de Monvel est resté dans l'esprit des enlumineurs du moyen âge, qui dessinaient avec un égal scrupule leurs figures d'à côté et leurs motifs principaux. 11 peut s'autoriser aussi de l'exemple des Japonais, et même de celui des Grecs, nous voulons parler des décorateurs de vases.

Un mot encore. A mesure que l'on suit cette vie de sainte guerrière qui se déroule en ces pages lumineuses, on sent croître l'intérêt. Ce n'est pas seulement que le pathétique des faits progresse. Visiblement, l'artiste a été plus pris

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