‹ Art poétique: Connaissance du temps; Traité de la connaissance au monde et de soi-mème; Développement de l'égliseChapitre 9 sur 10 · ARTICLE QUATRIEME · texte numérisé non relu

ARTICLE QUATRIEME

ARGUMENT

ARTICLE QUATRIÈME.— De la Conscience.— Seconnaître soi-même. Idée de séparation incluse dans le mo. soi\ et de source. Source, ou éloignement au reg^ard de <-.e qui est par soi-même, c'est-à-dire ce qui permet d'être intellig-ible en donnant position de commencement et de fin : Dieu transcendant. Conscienceou sentiment avec soi de la scission.Tout ce qui est en dehors de Dieu est à Tétat de fuite ou de mouvement. Le mouvement qui vient d'ailleurs est le premier «ens de soi-même. Tout mouvementest en second lieu vers la tin qui l'arrête ou forme. Se co-naître, c'est se produire en rapports avec l'ensemble de ses fins ou formes. Se cjonnaître, c'est se fournir comme moyen de co-naissance, c'est pour l'être vivant faire naître en tant qu'avec soi tous les objets dont il a connais.sance et dont il est l'image commune. Il est le point de départ de tous côtés de séries de mouvements. Se connaître pour l'animal, c'est développer l'état spécial d'énergie à quoi le convoquent les motifs qui Tentoureot et le dévoue sa propre construc-

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tien. L'être particulier se connaît d'abord comme force, puis comme image, et enfin comme cause ou «raison ». L'être intelligent consomme en lui-même les choses, il est ce qui les réduit à l'esprit, ce qui leur permet d'être intelligibles en leur donnant position de commencement et de fin. La conscience est la réaction de l'énergie exercée. Premiers vestiges et témoignages de la Conscience : la naissance, la reproduction, l'être animé qui sait ce qu'il a à taire. L'homme possède, joint à son corps, un esprit, c'est-à-dire le mouvement psychique à l'état pur et mélaphysique, une cause, une raison d'elle-même intelligente. Il en est maître, c'est-à-dire qu'il en ressent non seulement l'essor, mais la réaction sur lui-même à laquelle l'arrêt imposé par Dieu le contraint. 11 se connaît donc tout d'abord dans l'action autonome qu'il exerce sur sa source, se conduisant en tant qu'effet et mise en œuvre de celte cause : il se construit et il s'instruit, il se façonne par le contact avecles séries de causesqu'il met en branle. La conscience est cette faculté par laquelle l'homme sait ce qu'il fait, et, par conséquent, s'il fait bien ou mal.

Retournons à ce verbe initial, dont nous construisons ici la sjraramaire. Tout verbe dési-

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gne une action, toute action implique un acte. Nous disons que le verbe est actif ou neutre, suivant que l'acte produit, la chose faite, a une existence indépendante du sujet qui l'a produit ou qu'il est un état même de ce sujet (i). Ainsi,. co-naître au neutre, c'est produire en moi cela sans quoi le reste ne saurait être pour moi, et connaître, c'est cela à l'accusatif sans quoi le sujet ne saurait être tel. Soit maintenant la forme réfléchie se connaître soi-même. Nous examinerons d'abord le complément « soimême », puis la manière dont il est possédé par son verbe.

Le terme double soi-même a une valeur d'authenlification; il ajoute à soi l'adjectif de comparaison en qui il se certifie identique dans toute les portions de sa durée.

L'idée la plus essentielle incluse au terme Soi [Se, Es-ce,slare, scindre, scire, necesse, as, dis,

(i) Remarquons que les substantifs abstraits, (|uanil ils n'cxprimoiit pas des qualités adjectivps, ne sont ([ue des verbes rendus ol)jt'clifs par la simple réseclion du sujet.

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€sca, socias, sent ire, sanctus, sans, sceau) est celle de séparation. Le mobile se séparede l'immobile par le mouvement, et d'un autre mobile par un mouvement différent. Et cette difTérence chiffre Isi/orce qui se transcrit par ]e poids.

0 lecteur patient, dépisteur d'un vestijçe éltisif, l'auteur qui t'a conduit jusqu'ici en menant ses arguments comme Cacus faisait des bêtes Tolées qu'il entraînait vers sa caverne^ t'invite à bien te porter. Glissante est la queue delà vache bi-cornue ! Ramène vers la crèche lég-itime cet animal maltraité, et que te rénumère l'ample don du laitage et de la bouse ! Pour moi, les mains libres, je reg^açne la pipe et le tambour, je referme derrière moi la porte de la Loge de la Médecine. Qu'ai-je promis de vous donner la connaissance de vous-mêmes, quand, à cela, suffit au bout de votre bras votre main que vous refermez ? S'il

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est intéressant de suivre, la loupe à l'œil, le dessin du sigle plat sur le papier sec, combien plus le mot rond, la balle active de l'homme volant sur ses deux pieds ! Comme il fait sa croix sur l'univers, comme il joue de ses crics et de ses leviers ! Je vois çà et là une petite figure se mettre à bouillonner, douleur ou rire, toute la grimoire des traits vociférant le rond noir de la bouche, telle que ces fossettes qui en trouent la surface quand l'eau commence à s'échaufter. Comme il bat de tous ses membres ! Comme il travaille de ses mains pointues ! Je le considère. Je pense assis.

J'ai retiré mes pieds de la terre, à toutes mains mes mains, à tous objets extérieurs mes sens, à mes sens mon âme. Je ne suis plus limité que par le ressentiment de moi-même, oreille sur mon propre débit. Je suis comme une roue dételée de sa courroie. Il n'y a plus un homme, il n'y a plus qu'un mouvement, il n'y a plus un mouvement, il n'y a plus qu'une

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origine. Je souffre naissance. Je suis forclos. Fermant les yeux, rien ne m'est plus extérieur, ' c'est moi qui suis extérieur. Je suis maintenu : hors du lieu j'occupe une place. Je ne puis aller plus avant ; j'endure ma source.

Dieu, étant toute l'existence, ne peut permettre à rien d'exister aussi, qu'à la condition de s'exclure à sa mode de Lui. L'homme, ce témoin vertical, ne peut constater, en fin d'analyse de la matière, que le fait pur mathématique, le mouvement. Tout périt. L'univers n'est qu'une manière totale de ne pas être ce qui est. Que disent donc les sceptiques et quelle n'est- pas la sécurité de notre connaissance ! Certes, et nous avec, le monde existe ; certes, il est, puisqu'il est ce qui n'est pas.

Dieu seul est cela qui est : nous ne pouvons ajouter à son nom ineffaijle que l'adoration en lui de l'essentielle différence créatrice en confessant avec les Anges qu'il est Saint.

L'élément premier de toute science, le radical

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mathématique {math, apprendre), c'est la constitution, la constatation en fait de notre différence. Cette constatation a deux modes, dont le second seul s'applique à notre origine en Dieu, Parla connaissance, nous nous ressentons complémentaires ; par la conscience, nous nous ressentons différents ; intérieurs au monde, nous nous ressentons extérieurs à Dieu.

Proprement humain est donc ce que j'appellerai sentiment de la tige; le sentiment de l'origine, le sentiment religieux (religare), le mystérieux attachement placentaire. Et l'autre. face de la même idée est celle de la conscience, ou sentiment de la scission. L'homme est un principe exclu, une origine forclose. Par rapport au *nonde,iI est chargé du rôle d'origine,de« faire» le principe selon quoi tout vient s'ordonner (faire, un peu comme on dit qu'Ulysse faisait le mendiant ou Thersite le prince), il est général, il est le sceau de l'authenticité. Par rapport à Dieu, il est le délégué aux relations

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extérieures, le représentant et le fonde de pouvoirs.

Maintenant que nous avons attesté rorigrine et ce principe de l'être en soi-même coinplel et suffisant, nous pouvons penser que rien, en dehors de lui, n'existe qu'à l'état de jeu et de contradiction. L'Etre est immobile (je parle grossièrement, obligé d'employer des négations pour exprimer l'essence même de l'Acte ; la chose qui est, est mouvement. L'Etre est un) ; la chose qui est répète l'unité en multipliant sa présence. L'Etre est infini, n'étant fini que par lui-même; la chose qui est, indéfinie, comme le nombre des positions qu'elle est passibled'occuper. Toute chose créée acquiert de ce fait qu'elle ne vient pas d'elle-même un sens. De quoi la transcription générale est le mouvement, la fuite. Elle désigne son origine en s'en écartant. Le mouvement n'est pas un état passif, il est le premier

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sens que l'élément possède de lui-même, ^n n'étant pasc/e lui-même.

Fuir. J'ai maintenant à implanter au courant de ce discours un second mot : résister. C'est cette résistance, ce terme opposé à la fuite que l'on désigne sous le nom de fin. (De là les expresssions de définir, finalité, etc. Une chose n'existe qu'à la condition d'èire/inie.)

Le mouvement en soi, tel que l'étudient les mathématiques, constitué par la pure répétition de l'unité, n'est qu'une abstraction de l'esprit. Tout rnouvement est limité par une fin, qui est la production, la naissance d'un être, quelque chose qui soit capable de finir. Le mobile, rencontrant de toutes parts ses fins, constitue, des fronlières qu'il se trouve, une forme ou figure fermée. Il se construit une enceinte dont il ne peut désormais s'échapper. 11 se co-naît dans ses différentes parties reliées par l'eiïorl commun qui les commande. Et toute la nature ensemble est occupée à naître. Naître) avec l'ini-

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liale négative), c'esl-à-dire être ce qui n'est pas, c'est-à-dire l'image de ce qui est, finissante et finie de ce qui n'a point de commencement. Mais nulle chose ne peut être finie que pai une autre; nulle chose ne peut être à elle seule cette image complète, nulle chose ne peut être à elle seule toute ce qui n'est pas. Tout cherche partout ssijîn, complément ou efférence, sa part dans la composition de l'image, le mot qui profère son 5^n*. Et le mot total, c'est Vunivers (« l'univers » version à l'unité), cela qui impose le sens et le devoir. Nous définirons le premier état, dans l'élément pur, de la conscience : le sentiment du devoir à l'extérieur, le sentiment de son devoir à l'image, le devoir du propre au tout.

Le premier devoir de l'univers matériel, réparti aux offices de ses composantes, est de durer. Dieu existe : l'univers dure, c'est-à-dire qu'à tout moment il est identique à ce qu'il n'est plus. Dieu existe et l'univers résiste, c'est-à-dire

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qu'il se sent dans toutes ses parties la même chose à ne pouvoir être, chacune d'ailleurs en cela s'éprouvant d'une façon particulière. Dieu existe et l'univers assiste, c'est-à-dire qu'il se prèle à lui-même assistance en ses différents org-anes. Rien ne peut s'échapper. Tout passe, et, rien n'étant présent, tout doit être repré-^ sente. Je fais acte de présence. Je constitue. Je me maintiens dans la forme et la figure. Je me fais connaître. Je réponds à l'appel. L'univers, prisonnier de sa forme, pourvoit à ce mamtien de la figure, à cette nécessité de co-naître pour satisfaire à son devoir d'être connu. Il construit sa forme, sa formule et son enceinte, il est incarcéré dans ses Jins dont il ne peut s'échapper, il ne peut cesser d'être présent, de représenter au devant de ce qui est ce qui n'est pas. Tout être se co-naît en tant que partie du tout que sa tension ou poids travaille à maintenir; l'être vivant commence à se connaître en tant qu'im:<içe. Le corps physique maintient ce qui

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continue; ie corps vivant, capable de c^m^^iencer et de finir, exprime, énonce, personnifie, tel moment, l'heure. Le premier naît de la place à laquelle il est dû dans la durée. La masse muette somme Dieu de l'ensemencer d'une parole, de lui donner cela par quoi en lui elle soit capable de finir, d'expirer, de rendre ce qu'elle a reçu. Et voici que la vie a tressailli dans son sein. Voici végéter le visage! L'être vivant est le facteur €l l'auteur de son propre mouvement, de sa naissance. Se connaître, pour lui, c'est se faire conaître, se fournir comme moyen de co-naissance, c'est faire naître par soi, avec soi, tous les objets dont il a connaissance. C'est se faire leur signe commun, l'image passante du moment où ils peuvent souffrir entre eux ce lien. II est chargé de faire la somme, à toute heure, ce qui n'est pas, le consommer en le consumant. L'image n'est pas nne portion du tout ; elle en est le symbole. Elle est ce qu'il ("ail ; en elle comme en une monnaie marquée de la

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face du souverain, il rend cet être qu'il a reçu. Nous arrivons ainsi au second degré de la connaissance de soi-même. L'être vivant a à se connaître, c'est-à-dire à connaître autour de lui le monde dont il se fait une image. Mais cette image n'est point seulement le moulage inerte du vide que laissent entre eux des termes irréductibles. Elle n'est point contenue, elle est adaptée. Ce ne sont pas des parois autour d'elle, mais des points de mise en marche. Elle est pareille à une clef, dont la figure est la forme de son mouvement adapté au pertuis où on l'insère, ses dents et ses encoches aux barbes du pêne. D'elle, des séries de mobiles attendent leur déclenchement. L'être vivant a à pourvoir à sa tâche. Il est responsable et spontané. Ce n'est point une impulsion qu'ayant reçue il a, passif, à transmettre. Il a à élaborer son acte, à fabriquer ce qui est requis, il a à connaître ce qu'il fait; et ce qu'il fait, c'est lui-même à l'état de puissance ou d'application. Individu, chacun de ses actes l'inté-

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resse tout entier; il se connaît tout entier en chacun d'eux.

Les choses ne sont pas seulement des objets de connaissance, mais des motifs de co-naissance. Elles provoquent, elles déterminent dans le sujet toutes les attitudes impliquées par sa construction. Elles suscitent en lui une image animée, leur symbole commun. Elles lui fournissent le moyen de co-naître, de se connaître par rapporta elles, de produire et de diriger la force nécessaire pour assurer entre les deux termes contact. Pour quoi il est obligé de faire appel aux ressources de son fond propre, à sa nature, à sa ditTérence essentielle, à l'énergie par laquelle il se maintient, c'est-à-dire ne cesse de se produire tel. Se connaître, pour l'animal, c'est développer l'état spécial d'énergie à quoi le convoquent les motifs qui l'entourent et le dévoue sa propre construction, le mouvement spécial dontil est animé et qui rend raison de sa forme, son àme.

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Ainsi le particulier se connaît d'abord comme force. Nous l'avons vu ensuite se connaître comme imag-e. Et maintenant il se connaît comme source et comme raison. Son mouvement est 1 imag^e en même temps que l'origine des phénomènes qu'il détermine, une image opérante, et, d'une certaine façon, déjà, si je puis dire, intelligente. Elle est, en effet, ce qui permet à des choses différentes, non seulement de se connaître, mais de s'entre comprendre. Par où l'être vivant est cause extérieurement de ses actes, son mouvement est la raison de sa forme. La forme est définie par l'Ecole « cela par quoi une chose est ce qu'elle est ». Or, nous avons vu qu'unechoseestce qu'elle est par la nécessité de répondre, de co-naître à ce qu'elle n'est pas, d'être en soi seule l'absence de toutes les autres, d'être cela de commun en qui elles sont comprises. Tout vivant est une intelligence aveuglément à l'œuvre. Jl est ce qui ramène les choses à la réalité, ce qui les libère de l'apparence^

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■de l'image durante où elles étaient enfermées; la double action sélective et élective qui leur permet de passer^ c'est-à-dire d'aller ailleurs. L'intelligence est ce qui consomme les choses, ce qui les réduità /'e^przV, c'est -à-dire à ce mouvement dont elles le décèlent en fuyant, et le mouvement à son origine et à sa fin, dont l'être vivant construit dans son corps la proportion et l'idée. Il est des choses l'image comprenante, et consommante, l'hostie intelligible en qui elles sont consommées.

Dieu de sa création se réserve à tout moment des témoins. Ils ont à porter des témoignages divers selon leur ordre.

Le premier état de la comparution, de la co-naissance de soi-même, du travail de l'être qui se prend lui-même pour objet, est celui du végétal dont la vie est de se nourrir, de remplir et de dilater la forme qui lui est attribuée ainsi qu'une enveloppe vide. L'acte introductif de la procédure est d'ester, de se porter partie. Il

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naît : de l'air où il baigne, de la terre où il est attaché par des liens inéluctables. 0 qu'il est vert à mes yeux! Et sa seconde fonction de se co-naître à lui-même, autrement, de se reproduire. De même que le mouvement pur n'est que le déplacement d'un corps qui cesse de tenir un lieu pour en occuper un autre, ainsi la plante produit un second elle-même qui reprendra cette propre imag^e que voici défaillante.

La plante pourvoit à l'édification de sa forme» l'animal est lui-même chargé de la mise en œuvre de la sienne, de l'emploi de ce mouvement dont il est animé. La plante n'est qu'une image, l'animal est une intention. Il n'a plus une place, mais un rôle. Il co-naît, non plus seulement à la manière d'un ornement ou d'une illustration, mais à celle d'un acteur qui interpelle et qui répond. Il a du jeu, il joue son personnage. Il reconnaît les parties auxquelles il correspond, le petit monde autour de lui avec qui il a A s'aboucher. Adaptées d'avance, les choses lui four-

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nissent le nioyen d'exercer (elle forme du mouvement particulier qu'il fournit. La plante est le témoin de leur présence, il est le répondant de leur intention. Il co-naît selon elles, il se conaît selon elles à lui-même, il se reconnaît luimême en elles par le geste qu'elles lui imposent, l'action qu'elles font de lui sortir. Sa connaissance de chacune est réduite à l'efficacité à son reg"ard d'icelle. Il se connaît leur complémentaire. Il se définit par son action : par exemple, le cheval est ce qui court et l'oiseau ce qui vole. II est comme le verbe qui s'ajoute au substantif pour en déterminer l'énerg'ie et l'intention. Il se connaît le verbe en qui des choses diverses se co-naissent l'une à l'autre ; le verbe d'avance qui les suscite et leur permet de co-naîlre et qui lui-même se connaît en se proférant.

Maintenant, l'homme: comment se connaît-il lui-même et qu'est-ce qu'il connaît en lui? Quelle est l'invitation qu'il reçoit des choses qui l'enlourent et la réponse que de lui elles attendent f

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Le trait qui fait le propre de l'homme est qu'il possède un esprit. Sur ce mot s'échelonnent les idées de souffle, dans le souffle de l'élément le plus délié, de mouvement sans une matière soumise à l'appréciation des sens, de mouvement dès lors ayant pour origine un acte pur de la volonté. L'existence et la qualité d'un esprit est ainsi entièrement déterminée par le vœu de la volonté qui l'a produit, sa co-naissance par le rapport qu'il entretient avec son générateur. Il est simple, puisque, n'ayant point de matière, il n'a point de parties, son mouvement n'étant que la répétition incessante de l'attitude ou rapport qui lui est échu. De même il est incorruptible, son évanouissement ne pouvant résulter que de la cessation de la volonté, qui, hors du temps mesuré par l'échappement de la matière, le produit. Il est connaissant, puisqu'il a quelque chose à connaître ; de même que la matière prouve par le mouvement son principe, l'espri/ l'éprouve par la conscience. Tous deux ne soril

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que des manières de diiïérer de Dieu. Mais l'une s'en va, l'autre est ce qui ne peut être ailleurs ; l'une crée son lieu, recréeau créateur une image , l'autre, constant dans son rapport, n'a point à l'établir : il est la station dans la posture, il est la passion de la différence. Tel est l'esprit remis à l'homme, tel est le contact qu'il endure, tel est le souffle qui l'a suscité.

Cet esprit s'est construit un corps. De même que Dieu s'est complu dans l'univers comme dans l'image plastique de son étendue et de sa solidité, ainsi il s'est ménagé dans l'animal une image sensible jouissant de son existence et des rapports qu'elle entretient avec les choses qui l'entourent, ainsi il s'est réservé dans l'homme une image de son activité créatrice, une image intelligible, jointe aux bondes mêmes de la vie inépuisable, jouissant de la vie qu'elle donne, de l'ordre autour d'elle qu'ellecommande, de ses épousailles immenses avec la Cause première dont elle porte à son doigt l'anneau. Se

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connaître, c'est se produire en corrélation. De même que la matière se connaît par le m.oyen de son œuvre et de l'imag-e qu'elle exécute, de même l'animal se connaît en tant que cause, selon la perfonction de son rôle et selon le g-esle que sa construction lui impose et que le circonstant lui tire, de même l'homme aussi se connaît selon son mode, il se produit dans sa corrélation avec Dieu, il se connaît, engendré, dans sa corrélation avec le générateur. Comme il connaît, c'est ainsi qu'il se connaît. De même que dans les choses il connaît le général, c'est-à-dire le mouvement générateur qui leur donne acte et forme, ilsecoimaîtlui-même générateur dansla production de son acte et de sa forme. Par le moyen du corps qu'il s'est édifié et des sens dont il a usage, il s'amorce avec les phénomènes qui l'entourent, il est accordé sur l'acte créatif, il en contient en lui l'échelle et la réduction, il a de quoi en mesurer l'allure et l'intensité. Toutes choses sur lui réagissent comme sur leur origine. Comme

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il connaft c'est ainsi qu'il se connaît, leur auteur et leur maître, du fait de cet Auteur et de ce Maître dont il a reçu pouvoir.

Ainsi l'homme se connaît d'abord dansl'action qu'il exerce sur sa source, dans la manière dont il s'y prend pour vivre. Il se connaît en second lieu comme suite, effet, moyen, instrument, et mise en œuvre de sa propre cause. S'élant construit, il s'instruit à présent. Comme le principe de sa vie est la proposition en lui d'une certaine différence, la pratique en est une démonstration. Chaque homme a été créé pour être le témoin et l'acteur d'un certain spectacle, pour en déterminer en lui le sens. Il se connaît donc à son pas et à l'extension de ses mains, au recours qu'il trouve en lui, à la facilité plusoumoindre qu'il éprouve à se servir des instruments dont il a propriété. Il se pratique lui-même et le clavier de tous les organes qui l'attachent au branle extérieur, son propre corps lui est comme un document où il suit les œuvres de l'esprit qui le

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remue. Use reconnaît des goûts et des humeurs, des appétits et des révoltes, un tempérament, un caractère, des habitudes, des mœurs, des passions qu'il combat ou cultive suivant Tëclairement desa volonté. Il prend sa place et son équilibre, il sait ce qu'on attend de lui, et, maître de ces instruments, ce qu'il a, suivant la circonstance, à faire.

De même que l'homme s'instruit du dedans par l'usasse, il se façonne au dehors par le choc. Et comme il se produit par son contact avec son origine,- il se définit par sa rencontre avec sa fin. De même que l'on dit de quelqu'un qu'il se connaît en mécanique ou en peinture, il acquiert une science particulière des objets ou points de mise en marche sur lesquels il a à presser d'une manière plus ou moins intense et fréquente son énergie sensitive ou motrice. Ces objets dès lors deviennent comme l'empreinte de sa forme, le signe de son effort qui en provoque la répétition effective ou idéale, la condition de sa sensi

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bililéetde son action. Il ne manque plus désormais de mots pour dénommer ses actes. Les choseslui fournissent, parles modifications qu'elles exercent sur sa pulsation vibratoire, le moyen d'en mesurer l'intensité et de se distinguer suivant ses opérations. Il se connaît fonction el se fabri{jueeng-in. Sous les coups de l'énergie qu'il dirige, comme un métal sous le marteau intérieur, il se modèle et reforge sa personne.

La conscience donc est cette faculté par quoi l'hoirime sait ce qu'il fait, et, par conséquent, s'il fait bien ou mal. Bien ou mal, c'est-à-dire conformément ou non à ses fins prochaines ou foncières, réelles ou imaginaires, à sa fantaisie ou à son devoir. Les choses ne naissant pas seules sont reliées par une obligation mutuelle. Cette obligation, purement physique et/or/n^//e (au sens plastique) chez la brute, est morale chez l'homme pourvu de liberté. Sa conscience lui apprend s'il a contrevenu ou non à son dessein et à sa nature.

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J'ai fini ce que j'avais à dire de notre connaisance en cette vie. J'ai calculé un cadre ; j'ai tissé un rets de phrases pareilles à la grille cryptographique et à la dentelle sur la vitre. Il reste à exposer ce que nous pouvons sentir de la connaissance qui nous est réservée dans cette autre vie après la mort que les promesses infaillibles nous assurent.

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