DE LA RYME
maintenant tant bien illustrée langue ne permet. Car le Grec le nommant métré, c'est a dire mesure 1 . regardant la dimension des nombres et mesures du carme, ne peut avoir que doctement parlé : et le
5 Latin le nommant, carme, c'estadire chanson : et vers, c'estadire contourné, sondant (2 en l'un la forme du carme, qui luv fut premièrement donnée télé exprès pour chanter : en l'autre la matière du vers, laquele par la variation et contour de ses mos. en
10 fait la mesure et composition douce : a designé ensemble sa propriété et érudition (3 . Mais le François l'appelant Ryme. encor qu'il ait suivy quelque apparence de ce qui est principal au carme, a toutesfois improprement approprié a ses usages
15 ce qu'il a autrement avec industrie pris de plus riche que soy. Car bien qu'il y ait au carme consonance et modulation, laquéle le Grec denotoit par le vocable yjOac; 4 i, néantmoins ne le simple carme François.
2 mesure ABC mesure DEFG (t contourne I) E F 13 de ce que BCEF. de ce, que D. de ce. qu'G
1 Nous adoptons la leçon des éditions D et suivantes, plus coniorme à Fétymologie et à la suite des" idées.
(21 Cet emploi du verbe sonder est singulier: nous n'avons pas rencontré d'exemples analogues. 11 faut sans doute entendre : cherchant à pénétrer, et par suite à -exprimer, telle ou telle signification.
<?) Les deux mots propriété et érudition reprennent et précisent les mots matière et forme : ce qui tait le fond propre, l'essence même du vers et ce qui en fait l'élégance et le poli (eruditus). Cf. Du Bellay [Deff. et lllustr., I, n, p. 149^ : « une langue inhumaine, incapable de toute érudition. »
(4) Dans tout ce passage, Sebiliet accentue à tort le mot pu6u.ee; Sur la première syllabe. 11 est à peine besoin de remarquer l'erreur que commet notre auteur en traduisant ij()-jAç par consonance et imnliihiliou; ces deux mots ne peuvent désigner que l'harmonie et la mélodie, éléments musicaux essentiellement différents du rvthme.
l8 L'ART POÉTIQUE FRANÇOIS
ne tout l'œuvre basty de carmes François peut estre proprement de la nommé Ryme. attendu que les vers et le Pôéme seront mieuz diz avoir pour ornement et forme consonance et modulation, qu'euz
5 mesmes appeliez ainsi. Ce que le Romain a notamment observé quand il a appelle pvQpévç a) non les vers ne les périodes, ains lés nombres et espaces dés temps qu'il y a diligemment observez. Vray est que ce qui est plus communément appelle Ryme en nostie
10 langage François, avec plus de raison semblera avoir receu ceste appellation : j'enten ceste parité, resemblance. et consonance de syllabes finissantes les vers François, laquelle non receue par les autres langues en la désinence de leurs carmes, a toutesfois esté
15 admise par elles pour ornement de leur oraison solue suivant le plaisir qui en touche f aureille : et l'a nommée le Grec ofJuoioreAevzàv, le Latin Similiter desinens ib , proprement tous deuz. Le François l'a appellée Rvme, corrompant le mot pv9(jâç par l'elision du 9: et parlant moins proprement (5 . pour ce qu'autre
Al Quintilian, livre <j, cbap. 4 des institutions oratoires. [1] IBi Quinlilian, livre y, chap. 3. 121
i ne peut B C D E F G
7 espèces i) E F espace de G
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Numéros ddOuO'JÇ accipi volo 1 \Inst. <j<at., IX, 4. 45).