que la diphthonge B etc
1 1 Marot Œuvres, III, p. 54. Fpigr. CXXXXI. Des cerfc eu rut, et des amoureux.
46 L'ART POKTIQUE FRANÇOIS
de. ent. ne se fait qu'une syllabe, comme aus prêté* ris imparfais, disoient, avoient : et lors l'é fémenin par la vertu de la diphlhonge précédente é (1) perd sa nature fémenirte et est toute la syllabe estimée 5 masculine, en sorte qu'elle n'est point sujette a la couppe fémenine. comme montrerons tantost plus aplain (2). Mais quand la diphtonge, oi. se rencontrant devant, ent. se divise d'avec eus pour leur laisser faire svllabe, lors l'é fémenin retient encor sa
io fémenine nature, comme es présens, voient, croient, envoient.
Régie a noter. — Et pour te faire plus seur de ceste différence de, oient, de deus syllabes, et oient, d'une syllabe, lien pour régie que les prétéris
15 imparlais de l'indicatif, comme, battoient, couroient, véoient (3), et ceus qui sentent leur nature, comme lés preteris aussi imparfais dés optatif et conjunctif. et lés dictions, soient et
4-6. Tout le passage rct est ftmenine] est rejeté deux fois dans
B et C
S. devise C E"G iS. optatifs et coniunctifs F
(1) Le second è est complément direct de précédente qui a toute sa valeur verbale malgré l'accord, conformément à l'usage du xvr siècle : si on le prenait comme sujet de perd, la répétition serait inexplicable.
(2) Toutes ces règles sont parfaitement conformes à l'usage classique. Elles étaient du reste fixées des le début du xvie siècle : cf. Quicherat, Traité de versification française, p. 04 et 434, et Tobler. Le vers
français ancien et moderne, p. 42 à ,4. Les théoriciens avaient quelquefois désigné les mots ainsi terminés par le nom assez singulier de « masculins féminisés ». (L'Infortuné, f° v, v° ; Fabri, II S, G. Du Pont, xr, xii.)
(3) Cet imparfait du verbe ivir commence à vieillir (cf. Brunot. Seizième Siècle, p. }<; 1 ).
avoient 'i), lesquéles tu trouves souvent en la périphrase dés autres temps, ont le. oient, d'une syllabe, ou l'é n'est tenu pour fémenin. Encor si tu v avises de prés, tu verras beaucoup de gens lés y prononcer et escrire sans é. comme disoint, soint, avoint.couroint : l'opinion desquels n'est sans grande apparence de raison. Car il semble puis qu'au singulier disoit, soit, avoit, couroit. n'y a point de : aussi n'y en doit il avoir au plurier (2).
10 Elision d'e fémenin par apostrophe. — Mais suivons propos de cest é fémenin, qui par sa mollesse endure encor autre éclipse. Car quand il se rencontre en la tin d'un mot escrit au mylieu du vers, et le vocable suivant commence a une voiéle. le plus souvent se 15 perd et menge soubz le son de la voiéle suivante, tant en escrivant qu'en prononçant, comme en ceste chanson de Marot {3) :
J'ay grand désir D'avoir plaisir 20 D'amour mondaine :
Mais c'est grand peine.
Car chacun loial amoureus
Au temps présent est malheureus :
111 L.i tentation est forte de corriger avoient en aient, puisque avoiaii rentre dans les imparfaits précédemment mentionnes, tandisque aient se classe naturellement avec son analogue soient Mais toute la suite du passage semble prouver que Sebillet a bien délibérément écrit avoient, puisqu'il parle, pour tous ces mots, de la syllabe oient qui n'existe pas dans aient et qu'il reprend l'exemple avec les formes avoit et avoint. 11 n'en reste pas moins dans ce passage une faute de raisonnement inadmissible.
2 1 Si la question orthographique relative à ces finales est assez discutée
à cette date, on est au moins d'accord sur leur valeur monosyllabique.
(Cf. Thurot, De la prononciation française, '. 180-181. Brunot, Seizième
Siècle, p. ^2, et !a noie de M. Chamard dans l'Edition de la Deffence, p. 54.)
Marot, Œuvres, I!, 189. Chanson XXVIII.
48 l'art poétique François
Et le plus fin Gaigne a la fin La grâce pleine.
Apostrophe, — Le penultime'i) vers n'est que de 5 quatre syllabes : pour ce vois-tu que l'é femenin a la fin du mot, Gaigne, se perd et menge en prononçant. Gaigne a !a fin. Tout ainsi aus trois premières syllabes dés trois premiers vers, esquéles l'é de. j;. . et de. de, sont elidéz(2 ) et perdus, comme tu congnois. 10 disant : J'ay, D'avoir, D'amour : pour. )p av. De avoir. De amour. Ceste figure s'appelle par lés Grecz 'Aité<rcpo<poç : et nous usans toujours de leurs richesses, l'appelions Apostrophe (3). Laquéle se commet aussi en autres lettres, comme nous mon- "| trerons peu après plus au long.
Couppe femenine. — Mais je vœil suivre d'un train tout ce qu'appartient a cest é fémenin. lequel a cause de l'apostrophe est auteur de ce qu'on appelle en Poésie Françoise, couppe femenine [4 . Pour laquéle entendre