‹ Art poétique françoysChapitre 36 sur 173 · faut que il soit BDEFG fault qu'il soit C · texte numérisé non relu

faut que il soit BDEFG fault qu'il soit C

(1) Dans le cas de la rime féminine.

(2; Au chapitre précédent.

(3) Marot, Œitvtts, II, 234. Cimetière, XXIII.

Duncques, O toy passant, qui cest escrit liras, Va, et dy hardiment en tous lieuj ou iras : Hélène Gréque a fait que Troie est déplorée : Hélène de Bois y la France a décorée.

5 Tu vois és deuz premiers vers en la dernière syllabe du mot, Hélén^, cest é fémenin tombant en settiéme syllabe, synaléphé. et perdu en prononçant soubz la voiéle suivante, qui fait que le vers ne reste que de douze ou tréze syllabes, qui autrement en auroit tréze

10 ou quatorze. Pourtant s'appelle couppe fémenine, a cause que cest é fémenin est couppé : et de là est que le bien escrivant en François le figure ainsi couppé é. 1

Or entens tu que c'est couppe fémenine, et l'en-

15 tendras mieuz si tu notes encor qu'il te faut bien garder de faire tomber cest é fémenin en quattriéme syllabe au carme héroïque (a) : et en siziéme au vers Alexandrin. Car la synaléphé ne se pourrait bien faire : et si elle ne se faisoit, le vers baillerait, et ne

(a) Marot au Dieugard a la court, au vers qui dit, Remerciés ce noble roy

François (2): n'ha pas escrit comme il est fausement imprimé en quelques impressions : Merciè\ ce notable roy François.

15. e n'est pas figure coupé (</ ) dans C ni dans F Dans la note; faucement EF.

1) Sebillet signale et recommande cette graphie; mais il ne s'en sert pas d'une façon parfaitement régulière. Peut-être la faute en estelle aux typographes, qui l'ont tantôt négligée, tantôt interprétée à contre-sens, en prenant un e pour un é.

(2) Le texte des éditions du temps est : « Merciez ce notable roi de France »; nous n'avons trouvé nulle part la variante: « Remerciez ce noble roy de France 0. (Marot, Œuvres, 1, 239, épitre L, Le Dieu gard à la court, v. 44. Cf. Ed. Guiffrey, Paris, s. d., in-8, t. III, p. 560).

seroit bien plein (i) : comme tu peuz juger au son de l'aureille, si tu disois en héroïque (2) : Qui dieu aime, et son commandement

ou en Alexandrin :

5 Amour me fait vivre, et ta rigueur mourir.

En ces deuz vers mauvais, tu congnois en l'hémistiche ou se commet la couppe fémenine. je ne say quel son rompu, qui ne touche point pleinement ton aureille, soit que tu synaléphes l'é, soit que tu le laisses entier.

10 Toutesfois, pourras-tu bien laisser l'éfémenin en quatrième syllabe au carme héroïque, et en siziéme en l'Alexandrin, pourveu que ceste quattriéme ou siziéme syllabe soit incontinent suivie d'un monosyllabe commençant d'une voiéle soubz laquéle cest é soit svna-

•5 léphé, comme disant Heroét en son Androgyne (3) : Puisque lame est en ce corps descendue,

(1) Il faut convenir que, si chaque règle particulière est assez nettement exposée, aucun principe général ne les relie. Sebillet traite au chapitre précédent de IV féminin en fin de vers, puis, au présent chapitre, de IV soumis à l'apostrophe et à la synalèphe; encore, intercalet-il entre ces deux phénomènes si semblables la question de la coupe féminine, où intervient la notion de césure, laquelle n'apparaîtra explicitement qu'au chapitre 3 de la II' partie. Il eût été assurément plus logique de définir : i° la valeur de IV féminin, tant à l'intérieur qu'à la fin du vers; 2° la césure; après quoi, la question de IV féminin à la césure se trouvait singulièrement simplifiée. Mais l'exposé de Sebillet est un modèle de clarté et d'ordonnance, si on le compare à celui de ses prédécesseurs et même de plusieurs des écrivains postérieurs. L'Abrégé de Cl. de Boissière (f° 5, r"), est, sur ce point, beaucoup plus clair que le texte de notre auteur.

(2) Ces exemples, sans doute fabriqués par Sebillet lui-même, auraient gagné à être accompagnés d'un vers où IV féminin à la césure eût été suivi d'une consonne. La démonstration aurait été ainsi plus complète et plus frappante.

(3) Héroet, L' Androgyne de Platon, v. 355. Ed. Gohin (Société des Textes fiançais modernes), Paris 1909, in-16, p. 95.

et en ce carme Alexandrin (i) :

Tout ce que natum a formé et composé.

E demourant masculin devant nt. — Aussi te faut garder que en quattriéme ou cinquième syllabe en 5 l'héroïque, et en siziéme ou settiéme en l'Alexandrin ne tombe l'é fémenin avec, s, ou avec nt : car la synaléphe ne se pourrait faire a cause dés consonantes (2), et y resterait son rompu et non plein dont je te vien de parler (3). Fors si, ent, tomboient en

10 quattriéme svllabe aux vers héroïques et en siziéme en vers Alexandrins, après la diphthonge, oi. non divisée, mais coalescente (4) avec cest, ent, en une syllabe : Car lors l'é est tenu pour masculin, comme je t'ay n'aguéres averty 'si : tout ainsi que quand,

15 ent. n'ha qu'un i, devant soy, et se couple avec luy

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