‹ Art poétique françoysChapitre 48 sur 173 · quelque des F — et quelques du latiu DEG quelque du F · texte numérisé non relu

quelque des F — et quelques du latiu DEG quelque du F

7. Adonne empruntes, faute corrigée dans l'Erratum; de même: empruntes B, empruntez C 13 Lequel se C

dée; Fabri. qui touche la question en passant, au début de son traité (II, 10-11), est loin de lui donner autant d'ampleur que Sebillet. Peletier (II, 9, p. 86-88) traitera encore des diphtongues, mais seulement à propos des libertés que peut se donner le poète dans le compte des syllabes. Delaudun d'Aigaliers (livre I, ch. 9 se contente de plagier le chapitre de Sebillet, en laissant de côté la question de l'origine des diphtongues et en simplifiant quelque peu les listes de notre auteur.

(1) Une interprétation aussi fantaisiste des phénomènes phonétiques n'est pas rare au xvi" siècle; et des érudits plus illustres que Sebillet — à commencer par H. Estienne — ont attribué au grec une action non moins problématique sur la formation de notre langue. Aussi bien, ne prétendons-nous pas relever toutes les hérésies historiques et philologiques qu'a pu commettre Sebillet,, au cours de ce chapitre et du suivant, ni rapprocher toutes ses affirmations de celles des grammairiens contemporains. Le traité de Thurot et les chapitres consacrés par M. Brunot aux diphtongues et aux formes du verbe (XVI' siècle, S. II, ch. III; S. III, ch. VI) fournissent à cet égard tous les renseignements nécessaires. Nous insisterons seulement sur certains points obscurs ou présentant un intérêt particulier.

(2) Il s'agit ici (comme plus bas au sujet de au et eu) de la pronon-

DES DIPHTHONGES 75

comme tu peus congnoistre prononçant ces mos : Maistre, François, feit, tout.

Diphthongcs Françaises empruntées du Latin. — Les empruntées du Latin, sont 5 au,

eu.

Que je dy prises du Latin, encor que le Grec ayt lés mesmes, a cause que le François lés prononce comme le Latin, au, eu (i), pau. neu : autres, deus : 10 non comme le Grec, af, ef. Et si tu me dys qu'en ces mos : fève, cave, et autres semblables la prononciation Gréque est gardée, et que là au moins je les dois avouer diphthonges Greques, je te respon qu'en ces mos et semblables, l'u est consonante, comme en 15 vivre, verd, voir, revivre, reverdir, reveoir : et pour ceste cause je ne le tien joint en diphthonge : car diphthonge (suivant l'étymologie du mot) est coalescence de deus voiéles en un son (2), comme quand je pro-

1-2. Les deux points sont remplacés par une virgule dans C et les trois virgules suivantes supprimées.

il. eaue B etc. Cette faute n'existe pas dans l'édition A (L'<Angelier : elle existe dans les exemplaires de Corro^ct, mais est corrigée dans l'Erratum.

dation non érasmienne, et les indications de Sebillet sont bien conformes à ce que nous savons de la prononciation du xvic siècle, au moins en ce qui concerne ai (= è), ei (= ij et ou (cf. Brunot, Seizième siècle, p. 257 et 263); mais il y a assurément erreur sur oi, dont la prononciation, si discutée qu'elle soit à cette époque [ibiâ., 255-257), n'a jamais été réduite à 1 comme en grec.

(1) Il faudrait dire : « comme nous les prononçons en lisant le latin ». La réduction d'au à 0 n'est du reste pas un fait indiscutablement accompli à cette date (cf. Brunot, p. 260, et pour plus de détails, Thurot, I, p. 425 et sqq.).

(2) Cf. la définition de l'Abrégé de Cl. de Boissière : « Diphthongue est une contraction de deux voyelles en une syllabe ». L'auteur ajoute que le contraire se nomme diastole et se contente de donner comme exemple les mots naistre et bals (î° 5, v'j.

nonce heureus, hautain. Et quant je-dy, fève, cave, reveue, reverdir, je sépare l'a et l'é d'avecques l'u en diverses syllabes tant manifestement, qu'on peut ouyr le son de chacun d'eus a part soy.

5 Diphthonges propres au François. — Les diphthonges qu'ha le François propres et ignorées du grec et latin, sont ou de deus ou de trois lettres (a). De deus lettres, comme

ea Songea (1), vengeance, eage, engageas, dea.

10 ei autre que l'emprunté du Grec : car il ne rend pas

le son d'i simple, comme en veid, feit : mais un son

meslé (2) de toutes les deus lettres, comme, neige,

peine, meilleur, seigneur, veille, vermeil, soleil.

eo (b) George, flageollet. bourgeon, drageon,

15 geôlier,

(a) Aa, ae et ao, ne sont pas diphthonges Jrancoises, car aage ne se doit escrire, mais eage ; et en chaalons, aaron et semblables y a un a superflu ; que l'accent circonflexe sur l'a simple, chàlons, âron, supplira asse^ Aer, aeles, aerain, sont mal escris car faut escrire. air ailes, airain, et aussy leurs semblables. En paon, saune, faon et semblables, y a aussy une lettre superflue: car nous prononçons, pan, sone, fan (3).

|b) eo n'est point proprement diphthonge, car eo ne se trouve faisant une syllabe qu'après c et g, ou l'é ne sert que d'indice de leur molle prononciation, comme te sera déclare au chapitre suivant.

1. eaue ABC eau DEFG (nous corrigeons celte faute évidente, conformément à l'Erratum).

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