le Beroalde BDG
( 1 ) Notons qu'ici Sebillet semble distinguer bien nettement oe d'oi, contrairement à l'opinion générale des contemporains; plus loin, il admettra pourtant la rime de estre contre cognoistre. Il ne faut pas attacher trop d'importance à cette classification des diphtongues, fort rigide en apparence, mais à chaque instant contredite par des tolérances particulières.
(2) Rien, dans cette énumération, n'est en contradiction avec l'usage du xvic, ni même avec l'usage actuel; plus loin, Sebillet autorisera la diastole (= diérèse) de presque toutes ces diphtongues ; mais leur valeur monosyllabique, dans les mots cités ici, ne donne lieu à aucune remarque importante. On voit que Livet (op. cit. p. 207) accorde à tort à Ramus l'honneur « d'avoir le premier signalé les sons ie (de fiel) et ien (de Dieu) comme formant une seule syllabe ».
(3) Marot, Œuvres, VII, 138, 143 : Les tristes vers de Beroalde sur le jour du Vendredy Sainct. Le mot Juif y est employé trois fois, mais toujours comme monosyllabe :
Illusions de ces Juifs inhumains...
Quelconque Juit pour tel' faute ancienne... ... Est agitée,, ainsi estes vous Juifz.
qu'en seust rendre l'escrivain ou l'imprimeur (i).
Diphthonges de trois lettres, comme (a), ' eau (2) Beau. veau, anneau, peau, vaisseau.
eoi Bourgeois, grégeois, changeois, seoir, cheoir.
ieu Dieu, lieu. yeus. cieus. plusieurs.
iei Vieille, vieil.
oeur (3) cœur, sœur. œuf. bœuf, œuvre.
oie soient, aimoient, vouloient.
oui Bouillir, mouiller, fouiller, chatouiller.
œi Œil, dœil. vœil. cœillir, vœille, fœille (4).
(a)<.Jcu et aou ne sont dipbtonges : carre n'est que curieuse superstition d'esa ire paeur, mouler, ci semblables attendu que nous prononçons, peur, soûler (5).
Note A ligne 2 : nattendu DBF, prononçons soûler DEFG. La note s'arrête à prononçons dans BC.