coellir A (faute corrigée dans l'Erratum
Mais Sebillet cite sans doute d'après l'Edition d'Etienne Dolet ( 1 542) qui donne :
Illusion des Juifs inhumains...
Aulcun Juif pour tel' faute ancienne...
... Est agitée : ainsi estes Juifz.
(1) Meigret avait, six ans auparavant, proposé de réserver l'y à la représentation d't voyelle placé entre deux voyelles (loyal) pour éviter la confusion avec/ consonne (projet). (Traité touchant le commun usage de l'escriture Françoise, Paris, 1542, in 4, ch. II). Dubois, avant lui, Ronsard, après lui, entre autres, réclament la même simplification. (Cf. Brunot, Seizième Siècle, 1. II, ch. I, notamment p. 94 et 112).
(2) Eau est encore, au moins d'après les grammairiens, une triphtongue; il ne s'identifiera avec a» que vers la fin du siècle, et avec 0 qu'au siècle suivant. (Cf. Thurot, I, 434 et sqq ; Brunot, 260.)
(3) LV est évidemment de trop; cette faute n'a pourtant été signalée ni corrigée dans aucune édition.
(4) Rien de plus hétéroclite que cette liste: on y trouve à côté d'une triphtongue véritable [eau), un i semi voyelle (ieu. iei, oui) un 0 purement orthographique (œu), un e muet d'une valeur difficile à définir (oie). Enfin sur la diphtongue cet, que notre orthographe moderne reproduit en des graphies très capricieuses (œi, eui, ueij, les grammairiens du xvie siècle sont déjà très divisés. (Cf. Thurot, I, 462 et sqq.).
(5) Cf. Brunot, Moyen Age, p. 409; Seizième Siècle, p. 263.
DES DIPHTHOXGKS
De quattre lettres je ne treuve point de diphthonges et ne me semble fondé sur aucune raison que ces derniers que j'av escris par. cei. dœil, vœil, recœil, vœil. vœille. cœille, fœille : ayent 5 diphthonge de quattre lettres : srinsy, dœuil. vœuil. cœuillir. fœuille, etc. Car si œil. sans u. se prononce tout ne plus ne moins que les autres : je ne vov pourquov lés autres ne se prononceront sans. u. comme œil. attendu que le plus brévement fait, est
10 le mieus fait : et qu'entre dœil. vœil et œil. n'y a aucune différence de son en la prononciation. Et si d'aventure quelcun veut contendre (i) qu'encor qu'il n'y ayt que trois lettres, l'u y sera mieuz séant que l'o. comme on lés lit escris souvent, vueil.
15 dueil, vueille, feuille, etc. je respon a cestuy la que s'il veut fonder opinion sur raison : la mienne sera mieus asseurée que la sienne : Car en tous lés mos latins d'où nous tirons ces François, y a un. o. lequel j'aime beaucoup mieus retenir du Latin, qu'y
20 mettre un. u, de ma teste. Je t'ay le plus court
. que j'ay peu rengé par ordre toutes lés diphthonges
usurpées au langage François, lesquélesme semblent.
et si mon jugement ne m'abuse, te sembleront.
mieus appellées ainsi que synaléphes. comme lés
25 ont nommées je ne say quelz autheurs de Retho-
}. dœil omis dans BCDEF doeil, receeil G 6. se prononce sans tout DEF 12. veut débattre B etc.
(1) On ne sait pourquoi ce mot a été remplacé par débattre dans les éditions suivantes. Il est pleinement en usage au xvi* siècle: Littréet Godefroy en citent des exemples empruntés à Salel, Calvin, Amyot, Brantôme: il figure dans tous les lexiques du temps, jusqu'au Dictionnaire de l'Académie française, qui, en 1694, le déclare vieilli.
8o L'ART POÉTIQUE FRANÇOIS
rique metrifiée (i) : qui non sachans ou non se avisans que Synaléphe se commet quant une voiélese perd toute soubz la prononciation de l'autre la suivante, comme nous avons montré devant : ont abusé de ce terme en cest endroit, et de leur autrement bon esperit en maint autre. Or de toutes ces diphthonges lés unes ont divers son : la pluspart est sugette a diastole, ou division (a), comme je te vay montrer par le menu.
ai se diastole, comme en Pais, Thaïs, haïs, naïf : et se prononce autrement en ail et gaillard, qu'en naistre, maistre (2).
oi reçoit division, comme en Moïse, Lois.
(a) Diastole appelle le Grec, et nous après luy, division des lettres
constituantes la diphthonge, en deits syllabes : comme en Pais, ai, est diphthonge : et en pais est diastole, comme montrent et dénotent les deux points figurés au dessus, qui retiennent le nom de Diastole (3).
10. naï C (VI est à demi efface dans Bj Note ligne 4 : en dessus BDEFG
(1) Le trait vise Gracien Du Pont, qui considère les diphtongues comme un cas particulier de la synaléphe (f° lxvii et sqq.).
(2) La valeur dissyllabique de pays est loin d'être admise universellement au xvie siècle et la prononciation du mot donne matière à discussion. (Cf. Quicherat, Traité de versification française, p. 320-321. Thurot, op. cit. I, 501, Tobler, Le Vers français, p. 79.)
(3) Nous dirions aujourd'hui diérèse en parlant du phénomène phonétique, tréma en parlant du signe graphique. L'emploi de ce signe est déjà proposé par Dubois, dès 1532; mais il marque d'un point sur chacune des deux voyelles, le phénomène qu'il appelle déjà diérèse, (cf. Livet, La Grammaire française et les grammairiens, p. 22.) Le mot « tréma » ne paraît pas avoir été usité avant 1600. A coup sûr la note de Sebillet, parfaitement nette, semble avoir été ignorée de Livet qui fait honneur à Pillot des premières indications précises relatives àcesigne. (Cf. Ibid., p. 275-277.) Quant au mot diastole, nous ne l'avons trouvé nulle part ailleurs dans ce sens, pas plus que le mot grec S'.aT-oAr, dans le sens de diérèse ou signe de la diérèse.
DES DIPHTHONGES 8l
ei ha autre son en veid, feit. qiTen sommeiller et soleil : et se diastole comme en Déïté, énéïde.
ou reçoit division comme en Piritoùs. ovation.
au se divise, comme en laver. Ménélaiis.
eu ha autre son en feu, peu: et autre en sceut, heut. peut, apperceut : et est diastole, comme en lever, Prométhéûs.
ea se divise i). comme en féal.neantmoins. néant.
eo est diastole, comme en Actéôn, méôtide.
ia se divise, comme en Viande, diapré, diamant.
ie se diastole (a), comme en ancien, terrien, prière, vielle, nier, Marie (2).
Et comme le son a faureille montre que miel et fiel, se doivent diviser en deus syllabes, combien
a) Comme l'a diastole Maroi au mot lierre, en l'Eclogue sur la mort de feue Madame, et en autres liens : mais alise qu'il n'y ayt plus d'autorité que de raison 13).
5. Piris-oùs DEF (le t est à demi effacé dans B) 4. devise BC