‹ Artâ Vîrâf-Nâmak, ou Livre d'Ardâ VîrâfChapitre 103 sur 134 · COMMENTAIRE · texte numérisé non relu

COMMENTAIRE

Comme dans la traduction, les chiffres romains désignent le chapitre, les chiffres arabes la note.

I. Il s'est écoulé, selon notre texte, 3oo ans entre la mission de Zoroastre et la destruction de Persépolis par Alexandre; orj la date de ce dernier événement étant '33o avant J.-C-, c'est vers 63o avant notre ère qu'il faut, si l'on peut prendre au sérieux les données chronologiques des livres pehlevis, reporter la prédication de Zoroastre et la conversion de Gouchtaspe. Il sera peutêtre intéressant de faire remarquer que c'est à cette époque, en 640, que la puissance passe des Perses aux Mèdes sous Phraorte. Mas*oudi, dans les Prairies d'Or, chapitre de la « Chronologie universelle depuis le commencement du monde jusqu'à la venue de Mahomet », rapporte une opinion analogue : «c Les Madjous croient que depuis le temps de Zarâdocht fils de Sîmân (lire

Spiumân), leur prophète, jusqu*à Alexandre, il s*est écoulé deux cent quatre-vingts ans. >

2. En pehlevî Alaksagdar-i Aroitmâyâk. Le livre pehlvi des Faits et gestes du roi Ardéchir, intitulé Kdnidmak-i Artakhckîr^i Pâpakân, rappelle Aiaksandar Aroumd. Cette appellation de Aroumdy Aroumâydk pour les Grecs d* Europe, doit reanonterà 1 époque où TAsie des Sassanides se trouva en contact avec le monde bvzantin.

Four les premiers conquérants arabes, l'empire grec, leur ^rand adversaire, était également le pays de Roum : l'appellation de Youndn était réservée aux Grecs des colonies d'Asie-Mineure ou à ceux de Tantiquité, Roumi ou Roum était Tappellation des Grecs d'Europe ou de leurs colons a Afrique. — L'AV. donne à Alexandre le Grand l'épithete de Moudjrâxifc^rMnichii a ayant pour demeure TEgypte» : Alexandre le Grand occupa, en effet, TEgypte en 332 et c'est de là qu'il passa en Asie pour y livrer la bataille d'Ar bêles à Darius Codoman et achever la ruine de l'empire perse, ruine dont la conquête d'Egypte était le début. Mais il est vraisemblable que le simple fait du passage du conquérant grec en Egypte n'eût pas suffi pour lui valoir cette qualification de «t ayant pour demeure l'Egypte ». Elle s'explique beaucoup mieux par l'existence d'une croyance générale chez les Orientaux qu'Alexandre était égyptien. C'est ainsi que Mas'oudi en maint passaj^e identifie la Macédoine patrie d'Alexandre à l'Egypte : « Alexandre, dit l'auteur des Prairies d'or au chap. des « Rois des Grecs, » mourut à l'âge de trente-six ans. 11 avait régné neuf ans avant le meurtre de Dara fîls de Dara, et six ans après l'avoir tué et avoir étendu sa domination sur tous les rois de la terre; il était monté sur le trône à l'âge de vingt et un ans, en Macédoine, c'est-à-dire en Egypte ». Plus loin au chap. des «t Rois des Grecs après Alexandre », il dit que Cléopâtre était mariée a Antoine et que « celui-ci lui était associé au trône de Macédoine, c'est-à-dire P Egypte. ». Enfin dans un passage où le chroniqueur rapproche le nom de la Macédoine de celui d'Alexan-

dt'ie, on entrevoit déjà ce raisonnement que du moment qu'Alexandrie d'Egypte est l'œuvre d'Alexandre de Macédoine, o'est qu'il y a identité

iÇne

drie et de la Macédoine^ qui n'est autre que VEgypte; et nous avons déjà dit que tous les rois qui gouvernaient \% Macédoine et Alexandrie s'appellent Batalmyous (= Ptolémées). Et ce roi, je veux dire Auguste, s'empara des trésors des rois d'' Alexandrie et de Macédoine et les envoya à Rome. » Chap. des « Empereurs Romains ».

L'explication la plus naturelle de la formation de cette légende qui fait d'Alexandre un Egyptien c'est qu'il est le fondateur d'Alexandrie. Cependant on pourrait en trouver une autre dans le récit de Barhebrée et d'ibn Batriq. Ceux-ci racontent que Nectanebo chassé de son royaume par Artaxerce, se réfugia en Macédoine et que là, déguisé en astrologue, il eut des relations avec Olympias, femme de Philippe. Enfin certains chroniqueurs arabes font d'Alexandre fils de Philippe, le petit-fils de Mesratm ou Mesrîm.

3. Babâ-i Khoutâîh « la porte de la royauté », c'est-à-dire le palais royal ou la capitale. L'appellation grecûue de u Persépolis » montre que dans l'esprit des conquérants cette ville était la capitale des rois achéménides. Ruinée par Alexandre, la métropole de la Perse se releva sous ses successeurs et fut encore un çpntre très florissant sous les Sassanides : mais déjà sous Ardéchir (voir Yaquout au mot Istakhr) elle fut supplantée comme capitale par Djour : cependant elle fut la résidence royale de Chapour, fils d' Ardéchir.

4. Pdpdkân est le nom patronymique d' Ardéchir, petit-fils de Pâpak et fils de Sâsân. Ardéchir Pâpakân mourut à Istakhar : peut-être est-ce de là que cette ville prit le nom de Istakhar Pâpakân sous les Sassanides. — Les Archives^ Kirîtâi nipicht, littéralement « la forteresse des écrits, ou de l'Ecriture », sont appelées dê\-i nipicht dans

un passage du DK cité par Haug dans son « Essay on tnp Pahlavi language », pp. 149-152 et dans un autre cité par le même dans son « Zand- Pahlavi Glossary », pp. xzxr-xxxviii. — Ibnalathîr, dans la première partie de son « Tarîkh alkftmil », au chap. «: au règne de Lohrasp et de son fils Bichtâspe et de la venue de Zoroastre », rapporte que « Zarâdocht fît son apparition dans la trentième année du règne de Bichtâspe. 11 lui apporta un livre au*il disait révélé et qui était écrit sur la peau de douze mille bœufs en creux et en écriture d*or. Bichtâspe le déposa dans un lieu à Istakhr, et il défendit de renseigner à la foule ».

5. D'après un extrait du Dînkart cité dans le « Zand-Pahlavi Glossarv », p. xxxi-xxxviii et tiré de rAvî^eh-Dîn de Mofla Firouz, les livres déposés dans les archives à Persépolis furent br^ilés du temps de la conquête d'Alexandre; mais ceux qui avaient été conservés dans le trésor du Chas*, pikan sont tombés aux mains des Grecs qui les traduisirent dans leur langue. Un autre passage du DK, cité par Haug dans son a Essay oh tne pahlavi laneuage», pp. 149-152, confirme le précédent : tt Ûâray-i Dârâyân fit faire deux copies complètes de l'Âvesta et du Zend, tel qu'il avait été reçu par Zoroastre d'Ormazd ; il en fit garder une dans le ganyî Chapikân « le trésor de Ghapigan » et une autre dans le de:Ç'i nipicht a la forteresse des écritures». Le même passage ajoute que V'alkhach-i Achkânan (Vologèse l'Arsacide) fit recueillir et conserver des fragments du Zend Âvesta qui avaient échappé aux mains dévastatrices d'Alexandre et de ses soldats. Les assertions des ouvrages pehlevis sont confirmées par celles de Diodore (17, 72). de Quinie-Curce (5, 7), Arrien (Exp. Al. 3, 18). Dans le modjmil attevarikii, « histoire de la dynastie des Sassanicies », Ardéchir, y est- il dit, « fit faire des recueils et des ouvrages de diverses sciences, car il n'y avait pas eu en Iran un seul livre ancien de science qu'Alexandre eût épargné : il avait envoyé en Grèce (Roûm) ce qu'il lui avait plu, et avait brûlé le reste. »

6. Dastobaratty ddtobaran^ airpatan, màffopa" tan^ dénbortârân, avjçârhomandan, dânâkan-i Airanchatym les destours (ou graiids-prêires),les juges, les herbeds (élèves ecclésiastiques qui ont terminé avec succès leurs études), les mobeds (ce sont ceux des herbeds qui exercent déjà les fonctions sacerdotales, et sont au-dessous du destour), les élèves qui apprenitent par cœur le texte de la Loi (litt. ceux qui portent la Loi s. ent. dans leur mémoire, et. au ch. xiv mâsarbar) ^ puis les possesseurs de moyens et les savants du pays d'Iran.» Ces deux dernières catégories de gens doivent désigner également des ecclésiastiques eu des

' théologiens : av!{ârhomandân désigne peut-être ceux qui ont des ressources, de Tacquit, des connaissances en matière juridique, des moujtehid mazdéens. Faut- il en rapprocher koutakav^àr DK III vocab. pehlevi. — Sur le mot dénbortar : cf. BYt p. 2 lignes 16-18 du texte manuscrit : (( Si tu me rendais immortel, dit Zoroastre à Ormazd, olâchân poun dên-i lak chapîr haymen tinand aig olâ dénbortar manash avejak chapîgar dén-i Maxdayastân min Auhrmaj^d makdroûnt âkôch bara yehavounît ; adîn olâchan anchoutâdn vonn dên-i lak chapîr haymenounand, ils croiront oien en ta Loi en se disant : ce dénbortar qui a reçu d*Ormazd la Loi pure et bonne des Mazdéens sera exempt de mort ; alors ces hommes croiront bien en ta Loi. » Voy. encore DK t. I, vocab. pehlevi, page 23. Au ch. xi de TAV : avârik dénbortârân u denpéchoupâyân « tous les porteurs de la Loi et les chefs de la Loi :». — Ibnalathîr, première partie, au « règne dUskandar dhoulqarneyn », rapporte qu*après avoir tué Darius et soumis Tlran, « Alexandre se mit à démolir les forteresses de Perse et les temples du feu. II fît mettre à mort les herbeds et brûler leurs livres, et il préposa des gouverneurs au royaume de Perse ».

7. Ces grands et ces chefs de familles (masân ou katakkhoutâyâu), parmi lesquels Alexandre sema la haine et la discorde, ne sont autres que les Moloûk attawdif. Le KN manuscrit dit au

début : Akhar min marg^i Alaksandar Aroûmâ Eranchatr 240 katakkhoutâ yehevount : « Après la mort d'Alexandre le Grec, Te pays d*Iran avait 240 chefs de familles ». Ce fut à l'instigation d'Aristote, au dire des historiens arabes, qu'Alexandre en fit des rois indépendants, mais en ayant soin d'entretenir la division entre eux. La grande épopée iranienne, le Châknâmeh (éd.

Mohl, t. V, pp. 247-249) rapporte qu'Alexandre, sur la fin de sa vie, craignant qu'après sa mort les princes qu'il avait vaincus et dépouillés ne vinssent à envahir la Grèce pour se venger, songea à faire périr les derniers représentants de la taniille des Keyanides pour préserver sa patrie de terribles représailles, il écrivit à Aristote pour lui faire part de son projet. Le philosophe lui répondit pour le dissuader de commettre une action aussi odieuse qu'impolitique. Il lui démontra qu'en faisant mourir la famille royale, il livrait le pays d'Iran sans défense à l'invasion barbare, aux Turcs, aux Hindous, aux Slaves et aux Chinois, et qu'il compromettait le salut de la Grèce en la privant du rempart de son plus

Îmissant voisin. II lui conseilla donc de respecter e sang royal et de s'attacher la noblesse, d'assigner a chacune prince Keyanide une région qu'il gouvernerait en maître, où il serait indépendant e tout autre et ne pourrait s'agrandir aux dépens de ses voisins, et enfin de ne donner à personne le titre de roi des rois, de la sone, il ferait des princes Keyanides un bouclier pour la patrie grecque. Alexandre suivit de point en point ces conseils, et ces princes reçurent le nom de Molouk'i tavâîf. Mas'oudi, dans le chapitre qu'il leur consacre, dit : « On a discuté pour savoir si ces rois étaient perses, nabatéens ou arabes. Un certain nombre d'historiens, de ceux qui se sont occupés de Fhistoire des anciens, rapportent

3u'après le meurtre de Dara ben Dara, par Alexanre, fils de Philippe, chaque chef de région s'empara de sa région. II y avait parmi eux des Perses, des Nabatéens et des Arabes. Alexandre leur écrivit dans le but de disperser leur coalition et de

diviser leur autorité, et de laisser chacun d*eux maître de la contrée c^u'il gouvernait af:n de détruire Tordre et Tunite de rempire et d'empêcher la soumission à un seul roi qui tiendrait unie leur autorité. » Plus loin : « Chaque nation, faute d'un roi qui groupât toutes les forces de Tem-

{)ire, se donna un roi propre, et cela parce qu*Aeiandre en avait reçu le conseil de son précepteur Aristote dans une lettre qu'il lui écrivit à ce sujet. Alexandre avait écrit au roi de chaque région, l'avait investi de la possession de sa région, l'avait couronné et salué roi. Alors ces rois se rendirent indépendants chacun dans leur territoire, et plus tard, après Alexandre, ils défendirent leur part avec un soin jaloux et cherchèrent à s'agrandir aux dépens de leurs voisins. » Il faut ajouter que pour les historiens arabes ces Moloûkattawmf s'étendent d'Alexandre jusqu'à Ardéchir, et que les rois Arsacides sont aussi compris sous cette désignation. — Cf. Ibnalathîr^ au chapitre d'Alexandre, première partie du Târîkhalkâmil : a Alexandre écrivit à Aristote, après la conquête de la Perse, pour lui dire qu'il avait trouvé dans Tlranchahr des hommes de oon conseil, énergiques, braves, bien faits et de haute naissance; qu'il n'était parvenu à les dominer que par les bienfaits et les largesses, mais que s'il venait à partir et à les laisser, il ne se mettrait à l'abri ae leurs attaques et ne pourrait se préserver de leurs rancunes qu'en les mettant à mort. » Alors Aristote lui répondit : a J'ai parfaitement compris la lettre que tu m'as adressée sur les habitants de la Perse (fî rijâl Fars), Quant à les tuer, ce serait là un de ces actes d'iniquité et de cruauté oui appellent un châtiment inéluctable; tu aurais beau les mettre à mort, les

Î;ens du pays suivraient leurs exemples, la popuation entière te deviendrait hostile, à toi naturellement, et, par suite, à ta postérité, pour les avoir opprimés en dehors de la guerre. Quant à les rejeter des rangs de ton armée, il y aurait là un danger pour toi et pour tes compagnons d'armes. Moi je te conseillerai donc un parti plus

efficace que le meurtre, c'est d'appeler à toi les fils de ces rois : tous ceux que tu jugeras aptes à régner, tu les investiras du gouvernement des pays, et tu feras de chacun d*eux un roi indépendant; alors leur autorité sera divisée, ils tour* neront leurs forces les uns contre les autres, et désunis entre eux ils seront unis pour t'obéir et t'aimer, car ils se considéreront comme tes créatures. » Alexandre suivit ponctuellement ces recommandations. Ces rois sont connus sous 1& nom de Moloûk attawâîf, •» Plus loin, le même historien au chapitre de « Thistoire des rois per* SCS appelés Moloûk attawâîf ^ qui régnèrent après Alexandre », don ne -une autre raison de la conduite du con(juérant après sa conquête de la Perse : « Apres la mort d'Alexandre ce furent les Moloûk Attawâîf qui régnèrent sur la Perse après lui, et nous avons déjà dit la raison qui porta Alexandre à les élever à la royauté. On en a aussi donné la raison suivante : Alexandre, une fois maître du pays des Perses et parvenu au but de ses désirs, écrivit à Aristote le philosophe : « J'ai foulé aux pieds les droits de toutes les nations de TOrient, aujourd'hui je me prends à craindre qu'après ma mort elles ne se coalisent pour attaquer notre pays et molester nos compatriotes : c est pourquoi je songe à faire périr les fils de ceux des rois que j'ai mis à mort et à leur faire subir le même sort que leurs pères. Quel est ton avis? :» Aristote lui répondit en ces termes : « Si tu fais périr les fils des rois, la royauté tombera aux mains des gens de bas étage; et ceux-ci, une fois parvenus à la dignité royale, ne sauront que se traîner dans la fange, et quand ils s'en sentiront la force, ils se conduiront en tyrans et en despotes, et là n'est pas encore le pire qu'il y ait à redouter de leurs excès. Le plus sage parti, celui qui s'impose à toi, est de réunir les fils des rOis sous ta main, et de les créer chacun roi d'une seule contrée, d'un seul pays.

Chacun de ces rois, vis à vis de l'autre, s'opposera aux projets ambitieux de son voisin et se montrera jaloux de Tintégrité du territoire qu'il pos-

sédera : de cette défiance mutuelle naîtra une inimitié réciproque; «ans cesse occupés à se surveiller les uns les autres, ils n'auront plus le loisir de songer à ceux qui sont loin d'eux (càd à leurs lointains conquérants). » Alors Alexandre partagea le pays de l'Orient entre les Moloûk attawâïf. » Cf. entin « Hamzae Ispahanensis Annalium libri X », éd. Gottwaldt, irad. lat., t. II, p. 29-30, et texte arabe, t. 1, p. 40-4 r, dont le récit semble avoir été reproduit presque littéralement par Ibnalathir dans le dernier passage cité.

8. Toute cette période de troubles et d'hérésies conimence avec Alexandre le Grand et finit'avec ravènemeni des Sassanides. L'ordalie subie par Atarpât Mahrespendân est mentionnée dans le Dînkart sous le règne du 9' roi de cette dynastie, ainsi que le dit rAV. On trouve en effet des allusions à cette épreuve mémorable, en deux passages. L'un d'eux, mis en langage intelligible, dit : (le texte des deux citations qui vont suivre se trouve pp, 144 et 145 de TAV., éd. Haug) « jpour prouver la vérité d'une croyance, il faut «. avoir reçu un rayon de la gloire divine : alors « l'homme qui possède la science vraie qui dé- « coule de cette gloire, aura à son aide le témoi- « gnage desAmchaspands, et la révélation comme «■ pour Zoroastre, il aura des visions spirituelles « du ciel, en recevra des apparitions physiques « de la vérité comme certains destours % subira « victorieusement l'épreuve de l'airain fondu « comme Atarpat Mahrespendân qui sortit intact « de cette ordalie au milieu de la discussion théo- « logique qu'avaient engagée avec lui des héré- « tiques sous le règne de Chapour, roi des rois, « fils d'Ormazd; quant à ce nivang-i var (épreuve « de l'airain fondu versé sur la poitrine du mar- « tyr), il fut en usage jusqu'à la fin du règne de « Yezdgerd, roi des rois, fils de Chahriyâr. » Dans un second passage on dit que u Zoroastre

•Cf; DK,, vol, IV, p. 254, note.

a eu recourt h raccomplissement du var (càd du nirang'i var *) pour décidi^r sur des questions obscures de la Loi. Les disciples ont continué cet usaçe jusqu'à la chute de la monarchie de riran. Cette coutume consistait à verser de l'airain fondu sur la poitrine de quelqu'un : ainsi fit le béni Atarpât Mahrspandân qui sortit sauf de cette épreuve et, grftce à cet heureux résultat, la science fut répandue dans le monde, et la vérité de la toi mazdéenne fut démontrée par ce grand miracle : dans la Bonne Loi on dit encore à ce sujet que beaucoup de mécréants crurent quand ils eurent été témoins de ce nirang-i var y>, — Citons encore BYt, manuscrit page iv. ligne.g.: Atarpât'î pirojbakht-î dên-rist-virâstâr pûn %'ôyi pasâkntàk danâ dén Jevatâ javitvîstakân leakhar ol râstîh yâytyounît «, Âtarpât, à la fortune victorieuse, le restaurateur de la Loi, par répreuve de l'airain fondu, ramènera la Loi avec les dissidents à la vérité. » Voy. J. Darmst., Zend'Avesia, Vendfdâd introd., pp. xxzui> xxxvii et xxxviii, sur la part importante prise par Adarbâd Mahraspand a la restauration Mazdéenne en Perse. Enfin, il est encore mentionné dans VAfrîn-i Farvartegân, composé, paraît-il, au temps du roi Anochirvan le Juste : hamâ^ôr frôhar-i âdarbâd Mâvâspandân bâd awâ hamâ frohav-i pqoirjràdkaêchân tnainwân hamâ maobadhân-i dîn bâd DK, t. II. p. 1 18 note. — Dans la première citation traduite aans la présente note, Atarpât Mahrespendûn est donné pour un contemporain de Châpour, fîls d'Ormazd,. or, celui-ciest le roi sassanide qui, sous le nom de Sapor II, régna de 3 10 à 38o. C'est à tort que l'éditeur du Dînkard, le destour Péchotan, Behramdji Sandjana (t. II, p. ii8 en note) fait du grand-prêtre Adarbad Mâraspand un contemporain d'Auhrmazd Chahpour, petit-fils d'Ardechir Bâbakan et successeur de Sapor I. Ce n'est point Ormazd ou Hormisdâs I, fils et successeur de Châpour, qui régna de 371 à 272, mais bien Châpour, nls

• Voy. J. Darmestcter, Et irqn., t. II, p. 33?,

d'Ormazd, çiue désigne clairement la première des deux citations du DK. — Il ne faut point confondre notre martyr avec Adarbad, fils de Zartouchte dont parle le t. IV du même ouvrage, p. 190, et qui était le petit- fils du destour Adarbad Marespand lui-même. Comme le hls de Zartouchte était contemporain de Yezd-

ferd, fils de Chahpour (DK IV, p. 191) càd de ezdgerd I (399-419) — fait avec lequel cadre aisément la donnée du OK, que fournit le premier passage cité, qui fait vivre Adarbad au temps de Chahpour II (809 à 379) — l'assertion de l'éditeur du DK, le destour Péchotan. en le faisant vivre sous Ormazd I (271-272), met un intervalle de plus de 120 ans entre le grand- père et le petit-fils : ce qui la condamne définitivement. Enfin il existe un personnage appelé Afiochirvân Adarbad ben Mahresfend ben Asavahist vehdénâitj qui fit un recueil de diverses questions religieuses pour l'instruction des fidèles en l'an 3oo de Yezdgerd, fils de Chahriyftr fsoit en l'an 931 de notre ère), ainsi qu'il résulte d'un passage d'un rivâyéc persan, cite dans le a Glossary of tne Arda Viraf ») page 168.

9. Le Bahman Yachte après avoir parlé du roi Ardéchir, dit : Danâ dm levata javUristakân lea^ kharol râstîh yaityunit, p. 4, lig. 8-10. « Atar-

f)at, à la victorieuse destinée, le restaurateur de a Loi, par l'épreuve de l'airain fondu, ramènera à la vérité cette Loi avec les hétérodoxes. » Dans le passage correspondant de l'AV.^même mouvement, et presque mêmes termes que dans le BYi : « Combien de sentences et d'actes judiciaires il a faits dehors (càd a fait paraître) avec des gens d*une foi différente et d'une croyance difi'érentè. n •» Néanmoins, ce sens n'est pas tellement certain qu'on ne puisse en proposer d'autres tels que celui-ci : tt Après Adarbad combien y en a-t-il eu

âui, en présence des hétérodoxes et des dissients, ont prouvé la vérité de la Loi et malgré les eftorts desquels les hommes ont persiste dans leurs doutes sur cette Loi qui est dans le Chaspi gan. Plus tard, il y eut un jour d'autre$

mobeds et destours de U Loi » — La phrase

"ùrAV fait mention de «la Loi qu. est dans le Chaspiaan » manque dan» le m». 20 de Copenhague. Ce»t dan» . le trésor de Chaspiaan .^aVi C/ta^îW» que le roi Vichtaspe fit §éDO»er un exemplaire du Dinkart. qm tomba.

Tor'^^e la conquête de l'Iran par Alexandre, aux m»in»de. Grecs qui le traduisirent dans leur Tangue, tandis que l'exernpla.re qu. «v»' .«é deoose dans « la forteresse des écrits * dej-i ««^«Cf Fat ta proie de» flammes, comme il ressort du DK cit^édans le « Z»"d-P«hlavi Glossary . de

7npôastre l'avait reçu d'Ormazd, quii en,u=Hu~ „^S dans UKanj-tChapîkân (sic) « le .trésor de rhl^lZ .et une autre'dans le déj-i nipicM « la Vi^fJ^^A écriis ». Plus loin : « Châhpouhr, roi deï roi" fil» d'Artakhchatr (= Ardéchi.). fit ras-

dans l'Hindoustan, en Grèce et dans d'autres paySj il les fit collaiionner sur TAvesta, et tout ce qui était exact et ancien, il le fit déposer dans le eanj-i Chapîkân {sic) « le trésor de Chapîgân ». 10. Sans doute à Isiakhar; ce feu avait son temple principal au mont Rochan dans le pays de Caboul, encore au temps où fut composé je Boundéhèche. Mais sous les Sassanides le princicipal temple de ce feu ne pouvait guère se trouver que dans la métropole et au centre du mazdéisme, à Istakhar. Cette réunion des prêtres restés fidèles à la loi mazdéenne, a eu lieu vraisemblablement, quoique le texte ne soit pas explicite, postérieurement àAdarbad Mahespendan. '^ II. Nivang, prière déprécaloire. Ablution (pâtyâb et pâtyâvîh) par l'eau, des mains et des bras iusqu'aux coudes, du visage, jusque derrière leS orcï'leà, et des pieds jusqiTaux chevilles: TablU'*

tion est obligatoire avant de prier. Purification (yôchdâsârîh) dure neuf nuits, son nom en mazdéopersan est barechnome. Cf. Vd., IX.

. 12. Kïrâ/7 ou . Fîra/^dérive adjectif de vîr «esprit» intellect; » Artâ, qui se retrouve dans le nom perse ^d'Ardéchir. Artakhçhathray dans le pehlvi Artdfroha}\ signifie « saint »; les deux mots forment un composé possessif ^r^a Viràf : tt Qui a la sainte intelligence. » Cf. Minokhirad tl Asukhirad:'kx\2i Vîiâf ou Arda Vîrâf vivait postérieurement au IV* siècle de n^tre ère. Voy. Intr., p.^ XVII. — - ^îchâpour ou Nikhchâpour ou Nîchâpouhar ou Nikhchâpouhar est aussi le nom d*un commentateur de TyVvesta, il est cité dans le Vd. pehlvi, v, 34, et viii, 22, ainsi que dans le Nirangistan. Il est donné comme conseiller du roi Klipsrau Anouchirvan qui régna de 53 1 à 579, dans les u Pahlavi texts » de West, t. II, p. .297. Rien ne nous autorise à identifier ce Nichapour à Aria Viraf.

i3. Mang. (Voy. Introd., pp. xix-xx et ch. II, n. 2 et S), désigne la jusquiame dont l'espèce noire, donne un jus. très narcotique. Le persan bang est une boisson enivrante et narcotique, faite d'opium ou de jusquiame; le persan mang et l'arabe bandj e.àési^viQnl la jusquiame. Le Bang est le, breuvage favori des dervicnes du Turkestan qui ne veulent pas boire de vin (Vambéry, Faux derviche, à Cnçura Khan). En sanscrit la bhangâ <x, le chanvre >» sert à faire une liqueur, enivrante dite trailokyavijaya « conquête des trois mondes ».

14. Arda Viraf demande que ce soit le sort qui le désigne, auquel cas il partira de plein gré pour le monde des. esprits. Le texte ne dit rien sur la manière dont on tirait au sort au moyen de flèches. On peut supposer qu'ici chaque flèche portait le nom d'un des mazdéens choisis pour courir la chance : on lance une première fois les flèches pour savoir quel est celui d'entre eux que désignera le sort pour ses bonnes pensées, c'est la flèche d'Arda Viraf qui tombe le plus loin;. une seconde épreuve pour celui qui a

tion est obligatoire avant rL£ (yôchdâsârîh) dure neuf nu îe fi.x i-:-=l in cléopersan est barechnomfc. 1:: -- -^ . 12. VirâpoM Viràf :iérz\± HZ t:::zi- .^ ï-.prit, intellect; > ^rid, çiii le Ti:ir--.'=: -^z: non) perse d'Ardéchir j&'-iairi^ !^r:rrx z^i. pehlvi Artdfrohar^ lâimi*: • s^:-.- r = :

mots forment un co:r:i. 1*5; xitefc:»'- js-.

« Qui a la sainte inic.. gsrr.if, ' ^: -•-. --r -- Asukhirad. ArtâVî-L* lii A.t::> :-*: • .«; rieu rement au iv* *> s::it os t^itc ^--

p.^ XVII. — Sîz^.CrVi:'^ CL -'■«•-'- j..

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