‹ Artâ Vîrâf-Nâmak, ou Livre d'Ardâ VîrâfChapitre 6 sur 134 · LU · texte numérisé non relu

LU

la toute lumière les Anges et les âmes des bienheureux triompher.

Au-delà du vestibule de Venfer et passé le fleuve des morts, Dante arrive au gouffre infernal : il a la forme d'un en* tonnoir, composé de neuf cercles concentriques^ et à mesure que les cercles se rétrécissent, les supplices augmentent d* intensité, L* enfer ma:[déen est un abîme ténébreux, fétide et froid. Il a la forme d'un puits dont la profondeur est dans lés entrailles de la terre et dont l'ouverture est sous le pont Tchinevad, au pied du Tchikatidaitik, dans une contrée désolée.

Il se divise en quatre étages inférieurs :

les mauvaises pensées, les mauvaises paroles, les mauvaises actions et enfin la la partie la plus profonde et la plus reculée, le séjour effrayant d'Ahriman.

Au ch. LUI, Viraf entend sortir de l'enfer des gémissements et des cris, tels qu'il croit sentir trembler et se soulever la terre avec ses sept climats; au ch. liv, r enfer lui semble un puits d*une profondeur telle que mille coudées n'en atteins drait pas le fond, Dante dépeint son enfer comme a un abîme de douleur^ tristevallée

— Lin —

d'où mille gémissements confondus s'élevaient comme un bruit de tonnerre. L'abîme était si profond, si nébuleux et si obscur qu'en vain je fixai mes yeux sur le fond : je n'y distinguai rien. »

C'est au deuxième cercle de Venfer que Minos juge les âmes; la pesée des âmes ma:(déennes est faite à l'extrémité du pont Tchinevad^ par Rachne le justicier.

Les luxurieux, les avares, les hérésiarques, les homicides, les voleurs, les brigands, ceux qui ont renié la divinité, les pédérastes, les hypocrites y les sorciers, les faussaires, les rufiens, les séducteurs, les fourbes, les prévaricateurs, fauteurs de schismes et de discordes, les séditieux, les calomniateurs, les traîtres sont les damnés qu'on trouve également dans les deux enfers. Nous ne notons point les différences qui sont considérables et qui tiennent surtout à la différence des religions et des milieux.

Au plus profond de Venfer de Dante est Lucifer, c'est-à dire Satan avec Judas le traître déicide; de même Viraf voit le sarcastique Ahriman au plus pro-

fond de l'enfer assisté de ses auxiliaires démoniaques.

Ce parallèle entre les deux enfers ne saurait être poussé plus loin et être étendu à la description des châtiments infernaux : car sur ce point la Divine comédie et l'A V s'éloignent trop l'une de l'autre.

Page 1