‹ Artâ Vîrâf-Nâmak, ou Livre d'Ardâ VîrâfChapitre 8 sur 134 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

ViRAF avait sept sœurs et il les avait épousées toutes les sept ^; elles avaient appris la Loi par cœur et savaieat réciter les prières. Quand elles eurent ouï la nouvelle, elles en furent très affligées; elles poussèrent des cris et des gémissements, et se rendirent à rassemblée des Mazdéens.

Là, après les avoir salués, elles leur dirent : « Ne faites point cela, ô vous Mazdéens.

Car nous sommes sept sœurs et Virâf est noire unique frère, et toutes les sept, sœurs de ce frère, nous en sommes aussi les femmes. De même que la porte d^une maison formée de sept ais reposant sur une traverse, si quelqu'un recire cette traverse, ces ais tomberont; «le même de nous, ses sept sœurs, nous n'avons que ce frère, c'est lui qui est notre vie et notre soutien, c'est grâce à lui que nous recevons tout bien qui nous vient de Dieu : et vous, vous

allez, avant le terme fatal, l'envoyer de ce pays des vivants à celui des morts!

vous commettez à notre égard une injustice sans motif. »

A ces mots, les Mazdéens se mirent à apaiser les sept sœurs en leur disant :

« Nous vous rendrons Viraf, dans sept jours, en vie et en sanié; et de plus^ une gloire éternelle demeurera attachée à son nom pour cette œuvre méritoire. » Alors elles furent satistaites.

Puis Viraf debout devant les Mazdéens, les bras croisés et les mains contre les aisselles, leur dit : « La règle est que je sacrifie aux trépassés, que je prenne des aliments, que je fasse mon testament, après quoi vous me donnerez le vin et le narcotique. ^ » Les destours répondirent :

« Fais donc ainsi. »

Les destours de la Loi, dans la demeure du génie lefeuFarnbag, choisirent un lieu à trente pas de tout ce qui est pur. Viraf se lava la tête et le corps, mit des vêtements neufs, et se parfuma d"'odeurs suaves. Sur un lit arrangé, on étendit des couvertures neuves et pures. Il s'y assit: il consacra le pain, fit une mention en Thonneur des trépassés, et mangea la nourriture. Puis les destours de la Loi remplirent de vin et de narcotique de Vichtaspe 3 trois coupes d'or; ils donnèrent à Viraf une coupe pour les bonnes pensées, une deuxième coupe pour les bonnes pa-

rôles, et une troisième, pour les bonnes actions. Après avoir bu ce vin mêlé de rfarcotique, et ayant encore la pleine conscience de ses actes, il récita un vadje "^ et s'endormit sur la couche.

Les destours de la Loi et les sept sœurs de Virâf pendant sept jours et sept nuits, avec le feu qui brûlait toujours et ne cessait de répandre des parfums, et avec le nirang-i dinik ^, récitèrent l'Avesta et le Zand; ils consacrèrent un nosk ^, chantèrent les gathas (cantiques) et montèrent la garde dans l'obscurité. Les sept sœurs étaient assises autour de la couche de Virâf et pendant sept jours et sept nuits, elles consacrèrent TAvesta. Ces sœurs avec tous les Mazdéens, les destours de la Loi, les Herbeds et les Mobeds, ne se relâchèrent en rien de leur surveillance.

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