CHAPITRE III
L'ame de Virâf quitta son corps et alla au pont Tchinevad, sur la Tchakât-i Dâitîk 1. Au bout de sept jours elle revint et rentra dans son corps. Virâf se réveilla de ce songe délicieux, et se leva aussitôt Tesprit plein de bonnes pensées, et tout joyeux.
Ses sœurs avec les destours de la Loi et les Mazdéens, dès qu'ils virent Virâf, devinrent contents et joyeux. Ils lui dirent : « Tu es le bien-venu, ô Virâf, le Messager de nous Mazdéens, toi qui es revenu du pays des morts à ce pays des vivants. » Les Herbeds et les Destours de la Loi s'inclinèrent respectueusement devant Virâf; et lui, dès qu'il les eut vus, alla au-devant d'eux et les salua en disant : « Salut à vous de la part d'Ormazd le Seigneur et des Amchaspands, salut de la part du saint Zoroastre Spita-
man, salut de la part de Séroche le saint, de Atar l'Ized et de la Gloire de la Loi des Mazdéens, salut de la part de tous les Saints et salut de la bonté et de la paix de tous les génies du paradis! »
Les destours de la Loi dirent : « Serviteur intègre de Dieu, toi, Virâf, notre messager à nous Mazdéens, que soit le salut à toi aussi. Tout ce que tu as vu, dis-le nous exactement. >
Virâf dit : « La première chose que j'ai à dire, est de commander d'abord de donner à ceux qui ont faim et qui ont soif à boire et à manger, puis de leur faire des questions. »
Les destours de la Loi répondirent :
« Parfaitement, fort bien. » On apporta des aliments bien préparés et partumés, du pain, de l'eau fraîche et du vin. Ils consacrèrent un pain et Virâf entama le vadje, mangea les aliments, consomma le repas et acheva le vadje 2; il célébra les louanges d*Ormazd et des Amchaspands, récita des actions de grâces à Khordat et Amerdat, etdit les prières d'offrandes aux morts (Afrinagan) 3.
Puis il dit : « Amenez-moi un écrivain instruit et savant. » Ils lui amenèrent un écrivain accompli et savant, il s'assit devant Virâf, et tout ce que celui-ci lui dicta, il récrivit exactement, clairement et mot pour mot.