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La malade fut, le 30 mai, placée dans une gouttière métallique. Toutes les nuits, de minuit à 4 heurés, elle souffrait beaucoup. Le membre fut alors mis dans un appareil plâtré, les douleurs n’ont plus reparu depuis.
Aujourd’hui, 12 juillet, le genou est gros, empâté, mais sans liquide et presque indolent. Les mouvements y sont possibles et | ne déterminent pas de douleur ; mais il y a une atrophie très
marquée du quadriceps crural.
Observation VIII
Bécouin (Gaz. hebdom. des Sc. méd. de Bordeaux,
: 28 nov. 1897).
Le 20 avril 1897, il entrait à la Clinique obstétricale de l’hôpital Saint-André une jeune femme de 24 ans, tailleuse, quiressentait les douleurs d'accouchement.
Marie G... avait perdu son père, en 1891, de phtisie, sa mère était bien portante, Elle-même, réglée depuis treize ans, d’une façon régulière, a toujours joui d’une bonne santé ; jamais elle n’a présenté de signes de scrofule ou de rhumatisme.
Bien qu’elle ne soit pas mariée, elle a déjà eu trois enfants ; chaque fois l'accouchement a eu lieu àterme et s’est bien passé, de même que les suites de couches. |
Elle est actuellement enceinte de cinq mois et demi et présente les apparences d’une bonne santé, Le soir même de son entrée, cette malade accouche d’un enfant du sexe masculin de 670 grammes, qui ne vit que quelques instants. :
La délivrance se fait aussitôt ; on constate que le placenta était inséré très bas, et c’est à cette cause qu’on rattache l’avor=-
tement dont on ne trouve pas d'autre explication.
Dior
Quarante-huit heures après son avortement, la malade ressent une douleur très vive dans le poignet gauche, le poids du drap ne peut être supporté, le moindre mouvement lui arrache des cris. Toute la région du poignet est empâtée, sans rougeur. La tuméfaction s’étend sur le dos de la main et à la partie inférieure de l’avant-bras.
La température est de 38°. L'état général reste bon, il n’y a pas de sueurs, pas de douleurs dans les autres articulations.
Du côté de l’utérus, rien d'anormal. |
On apprend alors que cette femme a eu des pertes jaune verdâtre abondantes depuis deux mois, ainsi que des douleurs en urinant.
La pression fait encore sourdre du pus de lurètre.
Examiné au bleu de méthylène de Kühne, on voit que des leucocytes sont remplis de cocci disposés par groupes,en forme de grains de café se regardant par leur convexité.
La méthode de Gram les décolore : on ne peut songer qu’à des gonocoques, dont ce sont là tous les caractères. Le diagnostic d’arthrite blennorragique s’impose.
Le poignet est immobilisé et l’on fait deux fois par jour des injections urétrales et vaginales d’une solution de permanganate de potasse. Au bout de trois jours, la fièvre a disparu, la malade ne ressent plus aucune douleur et le gonflement à diminué : il disparaît de jour en Jour, et treize Jours après le début de cette arthrite, il y a une guérison si complète qu'il n’en reste plus ni
| trace physique, ni fonctionnelle.
Observation IX
Lerour gr Fteux (Gaz. hehdom.des Sc. méd. de Bordeaux : 1896, n° 24).
Le 17 mars dernier arrivait à la Maternité une jeune femme âgée de 17 ans. Enceinte de huit mois et demi, elle se présentait pour une affection très douloureuse du genou droit.
Nous pouvons recueillir les renseignements suivants : Son père est mort, à 56 ans, d’une pneumonie. Sa mère, actuellement bien portante, a eu trois enfants qui tous sont aujourd’hui en excellente santé.
Réglée à 16 ans, d’une façon assez irrégulière,elle né présente dans son passé pathologique que la rougeole à l’âge de 3 ans. Jamais de pertes blanches. “
Ses dernières règles ont apparu du 928 juin au 2 Juillet, sa grossesse est donc à ce moment dans la première moitié du neuvième mois. ÿ
Rien de particulier au début. Vers le cinquième mois apparaissent quelques pertes blanches qui, durant le septième, deviennent plus abondantes et légèrement jaunâtres. Elles n’e m-: pesaient pas le linge. Au commencement du neuvième mois,les envies d’uriner deviennent plus fréquentes et un peu douloureuses, surtout au début de la miction. Mais ces douleurs, très peu accusées, ne se montrent pas chaque fois, même pas tous les jours : elles ne reviennent qu’à intervalles assez éloignés. | Huit jours avant son entrée à la Maternité survient brusquement un léger gonflement indolore du genou droit, en même
temps qu'une vive douleur envahit l’épaule gauche,
‘Geci dure quatre jours, puis Ja douleur de l'épaule disparaît subitement, tandis que le genou droit à l’occasion d’une légère fatigue devient rapidement très douloureux.
Pendant six jours la douleur reste ainsi assez accusée, sans que le gonflement devienne plus notable.
Le 18 mars, à son arrivée, nous pouvons constater du côté du genou droit une tuméfaction limitée à l'articulation proprement dite. Pas de fluxion péri-articulaire. Les téguments sont blancs, de température normale. La pression est très douloureuse. Les mouvements de flexion et d'extension à peu près impossibles.
. Présence de liquide en petite quantité.
Pertes blanches peu abondantes. Rien du côté de l’urèthre, ni des glandes de Bartholin. Température : 3704.
Le diagnostic porté est celui de rhumatisme blennorrhagique.
Rien de nouveau pendant le 19.
Le 20, à 1 heure du matin, accouchement naturel d’un enfant
se présentant par le sommet en droite postérieure. - Cet enfant, pesant 2.800 grammes, présente, vingt-quatre heures après sa naissance, une conjonctivite légère qui cède complètement au bout de douze heures à quelques lavages boriqués. |
Le matin, à 8 heures, nous pouvons remarquer que l’articu- Hation est plus tuméfiée, plus doulourêuse, contient plus de liquide. Pas de rougeur des téguments. :
Pointes de feu. Immobilisation dans une gouttière.
Le lendemain soir: 382, Ponction de l'articulation avec une * seringue de Pravaz qui ramène un liquide franchement purulent, de couleur jaune verdâtre.
Le surlendemain, à 4 heures, le thermomètre marque 3902,
A partir de ce moment, c’est-à-dire quatre jours après l’accou-
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chement, l'articulation devient moins douloureuse et la tempé rature retombe à 37°4, pour ne plus remonter.
Pas la moindre atrophie des muscles de la jambe ou de la cuisse.
Les suites de couches sont aussi normales que possible.
Le 3 avril, douze jours après le début de l’immobilisation, on défait la gouttière. Le genou est toujours tumélié et douloureux, mais ces phénomènes sont bien moins accusés qu’au lendemain de l'accouchement. Une ponction pratiquée à nouveau ne ramène rien.
Pointes de feu. La gouttière est replacée.
Le 8 avril, la malade est envoyée dans le service de M. le professeur Lannelongue qui conclut lui aussi à une arthrite de nature blennorrhagique et continue une immobilisation rigoureuse.
Actuellement, c’est-à-dire trente-six jours après l’accouchement, l'état de cette femme est des plus satisfaisants. L’épanchement a disparu, la douleur à la pression est nulle et la malade commence à imprimer quelques mouvements à son articulation qui vient d'être débarrassée de la gouttière.
Afin de ratifier le diagnostic de rhumatisme blennorrhagique le liquide purulent retiré de l’articulation, le 21 mars, fut exa=
miné, de même d’ailleurs que l’écoulement lochial.
Cet examen, très minutieux, pratiqué par M. Beylot, pr'éparateur d’histologie à la faculté, est resté complètement négatif,
Voici le détail de cet examen :
Liquipe vaginar. — Examen bactériologique : nombreuses cellules épithéliales, quelques microcoques qui ne rappellent le gono-
L . . . L . +, coque de Neiïsser ni par leur forme, ni par leur disposition, ni
PIN: CHÈRE par leur réaction histochimique. Le bleu de méthylène, pas plus que la méthode de Gram, n’a rien donné.
Culture. — L'ensemencement sur sérum humain n’a rien donné, même au bout de quarante-huit heures: or, après trentesix heures, le gonocoque donne sur ce milieu de petites colonies - transparentes, arrondies,
Sur gélose, les cultures sont également restées stériles.
Pus AcricuLaire. — Une quinzaine de préparations ont été faites sans résultat. Les unes ont été faites au bleu de méthylène, les autres d’après la méthode suivante : 1° fuchsine en solution aqueuse ; 2° solution de Gram; 3° alcool absolu ; laver, puis traiter par : 4 bleu de Lœffler.
Les cultures faites sur les mêmes milieux que dans le cas pré-
cédent sont restées absolument stériles.