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Puis plusieurs articulations se prennent successivement. Pendant tout ce temps la température reste peu élevée, 375, 38% et l’état général est bon. La malade est étendue, immobile, le visage pâle, le regard anxieux, craignant le moindre mouvement.
On conçoit combien le diagnostic peut être alors difficile, d'autant qu'on sait que le rhumatisme articulaire aigu peut fort bien apparaître ou être réveillé sous l’influence de la puerpéralité.
Cependant au bout de quelques jours les symptômes changent un peu. Alors que la plupart des articulations devienneni moins douloureuses, l’état d’une en particulier va en s’aggravant : le gonflement devient plus considérable et la douleur plus vive. On constate l’inef- : ficacité du salicylaté de soude. Malgré cela le diagnostic clinique ne peut guère se faire d’une manière sûre, il faut l'examen de laboratoire pour montrer le gonocoque dans le liquide articulaire purulent.
D’autres fois l’arthrite blennorrhagique à forme suppurée, simule par ses débuts au moins la forme la plus habituelle, la forme streptococcique de la septicémie puerpérale. C’est ce que nous voyons dans le cas publié par MM. Mosny et Beaufumé dans la Tribune médicale de 1904.
La maladie débute dans les jours qui suivent l’accouchement par des phénomènes généraux, une ascension de, température à 40°, suivie d’accès fébriles intermittents, irréguliers. Ce n’est qu’au bout de quelques jours qu'apparaissent les phénomènes qui attirent l'attention
sur les articulations, Plusieurs articulations sont prises,
mais les articulations malades sauf une, reprennent au bout de quelques jours leur aspect normal, leur mobilité, leur indolence.
Lorsque commence la phase définitive monoarticulaire de l'infection, lorsqu'on a constaté l’échec des
.médications salicylées et du sulfate de quinine, l’atrophie musculaire rapide et considérable, on est mis sur la voie du diagnostic.
Cependant seule là encore la ponction peut établir d’une façon certaine le diagnostic en révélant la présence du gonocoque. De plus presque seule encore la ponction permet d'affirmer le pus, car l'articulation ne présente ordinairement pas les signes de rougeur de la peau et d’œdème qu'on rencontre dans une arthrite dont le pus va se faire issue au dehors. M. Bégoin dit qu'il n’a pas trouvé dans ses recherches de cas de rhumatisme puerpéral dont le liquide articulaire ait déterminé une ouverture spontanée de la synoviale.