I. — ARTHRITE TUBERCULEUSE TEMPORO- IUAXILLA1RE
La tumeur blanche temporo-maxillaire est extrêmement rare : personnellement, nous ne l'avons jamais observée. Bien plus, en relisant ce qui a été écrit sur ce point, on arrive à révoquer en doute certaines descriptions. Il est vraisemblable qu'une ostéite tuberculeuse du rocher peut s'accompagner d'envahissement de la temporo-maxillaire, chez les jeunes sujets particulièrement. Mais on conviendra qu'un tel processus ne mérite guère d'èlre classé parmi les arlhropathies tuberculeuses proprement dites. Les auteurs s'en tiennent, au surplus, à des généralités qui ne permettent guère d'acquérir la certitude qu'ils parlent d'après leur propre observation. Les publications de Bonnet, Nélaton, Ollier, Albert, Kœnig, les articles des Traités de chirurgie, sont, ou bien complètement silencieux, ou fort brefs. Heydenreich (1) admet que l'arthrite tuberculeuse temporomaxillaire peut être primitive, ou succédera une otite tuberculeuse. Elle se traduirait par l'existence d'une douleur et d'un gonflement au niveau de l'articulation. Les mouvements de la jointure sont gênés, la mastication est entravée. Il se formerait enfin des fongosités et des abcès s'ouvrant à la peau ou dans le conduit auditif. Nous ajouterons (théoriquement, cela va sans dire) qu'il doit exister une adénopathie préauriculaire et rétro-maxillaire symptomatique.
Quant à l'observation de Lannelongue (2) relative à un fait de pénétration du condyle de la mâchoire, séparé du reste de l'os et poussé en haut par les muscles à travers le conduit auditif et le rocher jusque dans le crâne, nous faisons les plus formelles réserves sur sa valeur. Xous ne pensons pas que ce condyle (nécrosé) ait pu refouler le nerf facial, le ganglion de Gasser, déterminant une paralysie faciale et trifaciale.
La lecture très attentive de cette communication nous permet seulement d'émettre l'hypothèse de carie du rocher, ou même, plus vraisemblablement, d'actinomycose.
L'absence d'adénopalhie, la tuméfaction énorme de la région temporale sans gros abcès, les fistules, la nécrose, le caractère réci-
(1) Heydenreich, Traité de dur., t. V, p. 182.
(2) Lanneloncue, Soc. anat., 1866, p. 334.
ARTHRITE TUBERCULEUSE STERNO-CLAVICULAIRE. 5
divant de l'affection, le trismus 1res marqué, sont autant de points qui nous pousseraient à songera l'actinomycose.
Par contre, je possède un observation extrêmement intéressante d'arthrite temporo-maxillaire, ou mieux de synovite, chez une jeune fille atteinte de polyarthrite tuberculeuse chronique d'emblée.
Les articulations facilement accessibles à l'examen : les deux genoux, les deux cous-de-pied, les deux coudes, les deux poignets, toutes les articulations des doigts, les deux temporo-maxillaires, étaient touchées. Comme signe clinique, il existait de la gène de la mastication, un peu de gonflement préauriculaire. Sous l'influence du traitement général (arsenic, huile île foie de morue), ces divers troubles disparurent. Il est utile dédire que cette malade, considérée comme rhumatisante goutteuse par d'autres confrères, avait été traitée par un massage intensif, un régime plutôt débilitant, ce qui avait eu pour résultat de faire évoluer une des arthrites, jusqu alois silencieuse, vers la tumeur blanche typique.
Nous bornerons là ces observations, en appelant l'attention des cliniciens et des anatomo-palhologistes sur les localisations bacillaires au niveau de la temporo-maxillaire.