ARTHRITE TUKEKCULEUSE STERNO- CLAVICULAIRE
La tumeur blanche consécutive à l'ostéite de l'extrémité sfernale delà clavicule, ou du sternum lui-même, est loin d'être rare II nous semble qu'elle accompagne fréquemment d'autres manifestations tuberculeuses articulaires : les adolescents en sont particulièrement atteints.
J'ai vu aussi la coexistence de lésions bi -latérales sterno-claviculaires, et dans un cas celle de deux ostéites du corps de l'os, une articulation étant envahie.
Ordinairement, ces lésions sont associées à d'autres localisations osseuses et articulaires. Je tiens encore à faire remarquer que la tuberculose de la clavicule peut être envisagée comme analogue à celle des métacarpiens ou des phalanges. C'est un véritable spîna ventosa.
Comme toujours, les sujets rattachent bien souvent le développement de la maladie à des mouvements forcés, au traumatisme ; il est indéniable qu'ils jouent le rôle de causes occasionnelles.
La maladie est caractérisée par une tuméfaction molle, pâteuse, accompagnée ou non de collections liquides, de trajets fongueux, fistuleux. Pendant un laps de temps variable, le sujet éprouve une douleur fixe, au niveau de l'extrémité slernale de la clavicule ; cette douleur exagérée par la pression l'est également par les grands
(1) Picqué et Mauclaire, Traité de chir., t. II, p. [113. — Lahneloncue, Bull, méd., 1892. — Bretmann, Thèse de Paris, 1893. — Le Dentu, Bull, de la Soc. de chir., 1882, p. 515.
6 MICHEL GANGOLPHE. — ARTHRITES TUBERCULEUSES.
mouvements respiratoires, par la compression concentrique des deux moignons île l'épaule, des deux clavicule-. En général, les fonctions du membre supérieur correspondant ne sont guère entravées : seule l'apparition d'abcès, de fistules avec ulcérations cutanées, conduit le sujel à réclamer les soins <lu chirurgien.
A celle période desuppuration, de tislulisation, le diagnostic ne présente pas de difficultés.
L'allure torpide del'affeclion, l'existence de fongosités, de collections froides, d'adénopathie sus-claviculaire ou cervicale, imposent le diagnostic de tumeur blanche.
Si l'on cherche à faire exécuterdes mouvements à la clavicule du côté malade, on perçoit souvent des frottements rugueux; ligaments et cartilages ont disparu ; l'exploration au stylet confirme les données cliniques. Les surfaces osseuses sont dénudées, plus ou moins ramollies.
Les abcès fusent le plus souvent en avant ; mais ils peuvent siéger en arrière, du côté du médiastin antérieur, au niveau de la racine du cou ; nous les avons vus fuser le long du slerno-mastoïdien.
L'évolution des lésions vers la guérison est manifeste chez les enfants : plus lard, il importe de ne pas compter sur la guérison spontanée et d'intervenir aussitôt que le diagnostic est établi. Ce n'est que dans quelques cas rares, lorsqu'il n'y a ni pus, ni séquestres, mais seulement tuméfaction de la région sterno-claviculaire, que l'on donnera de l'iodure de potassium ou le traitement mixte comme pierre de louche
L'intervention devra essentiellement consister dans l'ouverture large de la jointure, la résection des surfaces osseuses malades et la cautérisation soigneuse au fer rouge des parties molles suspectes. Mieux vaut terminer en pansant à ciel ouvert, après tamponnement, à la gaze iodoformée ou salolée, qu'en suturant même avec un bon drainage.