‹ Arthur Beaulac [microforme]Chapitre 10 sur 14 · DEP · texte numérisé non relu

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Les vacances d'été allaient bientôt se terminer. Faudrait-il remettre à 1912 le départ pour le couvent, et accepter encore d'ici là l'enseignement de la musique au Séminaire des Trois-Rivières ?

Voilà des questions que se posait Arthur Beaulac. L'état de sa santé, bien qu'un: peu amélioré, n'était pas très rassurant, et à la maison paternelle on lui conseillait de ne pas partir avant la guérison complète ; on lui représentait qu'agir autrement serait une grave imprudence ; d'aucuns étaient d'opinion que le plus sage serait d'essayer la vie du grand séminaire. Tiraillé par ces sentiments divers, fatigué par la maladie, poussé par son vif désir d'aller au cloître le plus tôt possible, le pauvre enfant voyait venir la fin des vacances avec anx'$té. Il s'en ouvrait alors à ses amis de Montréal et d'Ottawa, et demandait instamment le secours de leurs prières.

Mais le mois de septembre arriva et le malade crut un instant toucher à la guérison. Il n’en fallut pas davantage

pour décider une tentative suprême, Le 12 septembre 1911, heureux, il écrivait à son ami dominicain : “Mon cher ami, je pars dans une heure pour le Couvent de St-Hyacinthe. Prie bien Pour moi, que le bon Dieu m'éclaire et qu'il me donne ensuite la grâce très précieuse de la persévérance. J "espère être bientôt ton frère en saint Dominique”... Il partit en effet pour St- Hyacinthe avec la volonté bien arrêtée de n’en revenir que dominicain.

Cependant, croire qu'Arthur Beaulac quitta sa ville natale et la maison pa:

ternelle sans regrets, serait ne pas bien Connaître la belle âme du jeune homme qui aimait comme surent aimer les saints, En quittant ce petit coin de terre où il avait grandi, entouré de chaudes affections, il abandonnuit ce qu'il comptait de plus cher au monde, Combien de vocations sont perdues par égoïsme et par un amour du foyer mal entendu ! Arthur accomplit vaillam-

ment ce sacrifice : depuis son enfance il s'était habitué au sacrifice,

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Mais, l'inquiétude des siens n'avait pu lui échapper, au moment du départ.

Aussi dès le lendemain de son arrivée au noviciat, il écrivait à son père l’une de ces lettres faites pour calmer les alarmes et adoucir les ennuis : “Mon cher père, je suis arrivé hier soir à 9.33 heures. J'ai été reçu comme “l'enfant de la maison.” Ce matin j'ai mangé des œufs au miroir ; Henri appelle cela des œufs brouillés, mais peu importe, j'ai mangé comme chez nous et j'ai bu du café avec du lait et du sucre.

Donc sous le rapport de la nourriture soyez tranquille : nous mangeons maigre, mais suffisamment, et surtout des aliments parfaitement appropriés à notre vie. J'ai assez bien dormi malgré l'étourdissement que m'avait causé le voyage et surtout la voiture, de la gare au couvent : il y avait des cahots qui me faisait littéralement lever de trois ou quatre pouces : je vous parlerai de cela et nous riron: quand vous viendrez. Le lit est dur mais sans exagération ; cette nuit je ne trouverai

plus de différence avec mon lit de la maison, Donc soyez tous tranquilles”...

Puis il finisssit en demandant des prières,

L'arrivée de cette lettre fut un événement à la maison. I] n'était parti que depuis deux jours, mais les heures avaient été si longues depuis ce temps-

Le 15 septembre, Arthur écrit de nouveau, On devine ici que le père n'était pas encore tranquille : “Mon cher père, vous me demandez de vous dire au juste Comment je suis, Je vais vous le dire, J ‘espère que cela va vous mettre à l'aise pour l'avenir, Hier j'ai Passé une mauvaise journée. ... Après souper j'étais bien 5 je me suis endormi vers neuf heures ; je me suis

éveillé à 1.53 heure pour les Matines et je me suis remis au lit vers 3 heures, Je me suis immédiatement rendormi Pour jusqu'au second lever, à 5.40 heures. C'est-à-dire que j'ai d bien qu'à la maison et plus

ormi aussi longtemps-

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C'est un grand point de gagné, car piu.

sieurs ne se rendorment que très dificilement après les Matines.” Comme il voulait bien calmer toutes les inquiétudes de son père !..

Le 18 septembre, . âme débordante de joie, il annonce la grande nouvelle :

“Mon cher père, j'ai subi un petit examen cet avant-midi. On m'a interrogé sur les raisons qui me faisaient entrer ici, sur mes connaissances des devoirs de la vie religieuse, et de la vie dominicanine en particulier ; et finalement on m'a fait traduire en français deux phrases latines du bréviaire. J'ai répondu de mon mieux à toutes ces questions ainsi qu’à celles prescrites par les Constitutions de l'Ordre. Tout à l’heure, le Père Maître m'a informé que j'étais accepté et qu'en conséquence je recevrais l’habit de saint Dominique mercredi soir, le 20, à 8 heures, après Complies.”

Voir son père à cette cérémonie eût été un bonheur pour lui, cependant

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