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&ueur pour apporter le pain quotidien, leur répugne, Grands fumeurs, grands conteurs, grands rieurs, ils perdent agréablement leur temps. Encoreune fois, si les intérêts moraux étaient toujours sauvegardés dans ces heures perdues..., Et cette paresse de l'esprit, si commune chez nous, devient de plus en plus un péril national. Combien de choses déjà nous avons perdues à cause de notre apathie et de notre ignorance!
ulac parlait avec la sagesse du vieillard quand, dans le “Coin des J eunes”, il disait à ses amis : “Nous r'avons pas assez d'énergie pour nous renseigner sur les multiples questions qui s'agitent dans notre pays. Et pourtant :il y en a de fort importantes : langues, écoles, franc-maçonnerie, réciprocité, marine, impérialisme, Pour ne citer que les principales. Quel bonheur pour le Canada si tous les jeunes gens cherchaient à se former des idées saines sur tous ces sujets dont l'influence sera si grande sur nos destinées nationales et religieuses !”
Mais l'activité de Beaulac ne se bornait pas là. Le 22 novembre 1910, il expliquait à un de ses amis jésuite pourquoi il n'avait pas répondu plus tôt à ses lettres. Après avoir énuméré brièvement les travaux dont nous venons de parler, il continuait : ‘Ces multiples occupations m'auraient laissé quelques loisirs, même avec la visite quotidienne du médecin, mais mes soirées elles-mêmes étaient requises, et par les “Vues animées.” Je gage que tu es joliment surpris de cet aveu. Eh bien!
oui, je suis allé, et très souvent, au cinématographe, mais je t'affirme que, pas une seule fois, je ne l'ai fait par plaisir, J'avais généralement un ou deux compagnons, et nous prenions note des saletés que nous y voyions: l’un des théâtres a été fortement censuré dimanche par M. le Curé ; et l'autre a promis d'être beaucoup plus sévère dens le choix de ses vues”....
Au moins quatre fois par semaine, notre jeune apôtre se rendait ainsi au théâtre avec un ou plusieurs amis, et
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Poursuivait son enquête, A son retour chez son père, au milieu de la nuit. le Plus souvent, il mettait en ordre ses notes et rédigeait ses observations.
Avec quel soin, quelle délicatesse de Conscience tout était fait. En écrivant ces lignes nous avons sous les yeux le compte rendu de son enquête. Il y aurait là de quoi faire un petit volume,
Nul doute que le cinématographe, invention merveilleuse des temps modernes, utilisé Pour le bien peut rendre de grands services, C'est un incomparable instrument de vulgarisation. Et Cependant que sont aujourd'hui en général nos ‘vues animées”? Des endroits où les enfants, jeunes et vieux, vont perdre leur temps, leur argent et parfois compromettre leur salut, La plupart de ces théâtres s'occupent fort peu d'instruire ; le succès financier est ce à quoi ils visent avant tout le reste, C'est pourquoi Beaulac avait entrepris
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tion du même genre dans les principales villes de la province de Québec.
Le plan, s'il n'était pas facilement réalisable, portait au moins la marque de l'apôtre.
On le voit, Arthur Beaulac ne s'était pas confiné dans le domuine de l'ascétisme. Ilse disait qu'il existe mille manières d'être apôtre et qu'il importe, autant que possible, de n’en négliger aucune.
Modeste, discret, il travaillait sans se soucier de la louange des hommes.
À part quelques amis intimes, des Compagnons de collège, qui connaissait alors Arthur Beaulac ? Du reste, au cours de cette activité inlassable, il n'avait pas perdu de vue la nécessité de la prière et du bon exemple. ‘“ Levé de bonne heure, di* un de ses compagnons d'apostolat déjà cité, il venait, de loin, à la cathédrale, entendre la messe de sept heures et y communiait. Je me rappelle même que plus d’une fois il arriva à l'église pour
la messe de six heures, afin d'avoir toute la messe suivante pour son action de grâces. Mais le plus souvent il n'entendait que la dernière messe pour ne sortir de l'église que vers les huit heures et demie. Ilétait beau de le voir prier, immobile, oubliant qu'il était au milieu de la foule, ne se laissant distraire par aucun bruit. ”
Bref, le jeune apôtre préparait dans le travail, la prière et le sacrifice ‘ la victoire de Dieu,” dont parleS, G, Mgr des Trois-Rivières dans sa Lettre pastorale sur l'Action catholique.
Après tout cela, il serait superflu d'ajouter qu'il ne perdait pas son temps. Cependant, convaincu qu'il n'était qu'un serviteur inutile, il écrivait :
‘“ Je ne fais rien ou presque rien. J'espère bien qu'une fois religieux la règle me donnera le temps nécessaire aux affaires importantes.” Poussé continuellement par le besoin de se dévouer, de consacrer toutes ses journées au travail pour Dieu sans en perûre un ins-
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