NOUVEL AFFAISSEMENT
tant, le soir venu, il n'était pas satisfait de lui-même et croyait n'avoir rien fait.
Pourts *t il était encore loin d'avoir recouvré entièrement la santé. Une lettre du 23 février 1914 à l’un de ses amis, scolastique jésuite, le dit assez clairement : “Je suis faible plus que je ne croyais....Franchement j'ai craint de m'aliter à certains moments. Heureusement tout est entré dans l'ordre et je suis devenu plus prudent (pas trop !) et je crois que cette fois je vais être dompté. A force de corrections les pires tempéraments s’améliorent. Je ris, mais je ne devrais pas rire. Ma longue maladie m'a considérablement affaibli. Les forces que j'aurais dû amasser pendant ma croissance je les ai dépensées dans la lutte contre mon mal. Je suis donc, plus que tout autre, exposé aux coups de ces terribles microbes aui n'épargnent pas même leurs meilleurs amis. Je vous avoue-
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rai sans détour que je redoute beaucoup la tuberculose; je suis si faible et j'ai déjà un si mauvais rhume”...
Mais si sa perspicacité l’empêchait de s'illusionner sur le sérieux de sa guérison, des vues surnaturelles,conservaient toujours chez lui le calme du juste.
“Toutefois, continue-t-il, n'allez pas croire que je suis démoralisé, que je me fais des idées noires ; pas le moins du monde ; car, entre nous, je vous assure que la possibilité de mourir dans deux, trois, cinq et dix ans ne m'émeut pas fort. Moins peut-être que vos sermons devant le P. Provincial ! Et puis, une fois le voyage décidé, à tout prendre, pourquoi craindre et lambiner ? Pourquoi tant de manières avec le bon Dieu ?”.... Ici le malade s'arrête, songe un peu et se dit qu'il est peutêtre présomptueux ; avec une pointe de bonne humeur, il poursuit : “N'empéche que je changerais peut-être d'avis si la mort se présentait tout à coup.
Vous connaissez les promesses des Apôtres à Notre Seigneur de ne jamais l'a-