M AU LAC
Eh bien ! Sire, ne vous avais-je pas dit (jitil i) consentirait pas ?
AMAlllV
ICI quand même, ne serait-ce pas folie de se (1er ses promesses ? Une fois libre il recommencerait lïi lutte, et, l'aventure de Mirebeau lui servant de leçonj> il ne vous donnerait pas d'e nouveau celte bonne forS tune de tenir v(((re rival sous les verroux.
Ah 1 la porte de sa prison ptMil ^Ouvrir, et <|ui me répond de ses geôliers !
MAILAC
La poiie de la tombe, une fois fermée, ne s'ouvro plus. Sire, et la niorl e^l mi noCtWcy (jue l'on rx' corrompt pas.
JKAN
La mori !... tu n'y sofii,'e.s pas, Maulac ! Et si l'on in'accuso? Le roi IMiilippe ne laissera pas aller "^i belle occasion de mettre la main sur mes domaines, et se lèvera pour venger son vassal, lui qui ne se fioucic pas de le défendre !... Je voudrais qu'il ffit mort, mais je n'ose le luer !
MAULAC
Mais sans le luer, Sire, n est-il pas d'autres moyens 'empêcher ciu'il puisse vous causer de l'ennui?
JEAN
' »iie veux-lu dire ?
MAULAC
« Et d'abord, leniinener à Rouen. Mylord Bruce n'est
foas votre homme, Sire, et le château de Falaise est
1 ine prison trop douce pour un tel prisoiinier. A Rouen
vous en serez maître...
Ce n'e.^t pas assez loin de Bretagne. Je les connais, les hommes de son pays, pour avoir brûlé leurs villes et ravagé leur territoire. Je les ai vus longtemps calmes en apparence, à peine émus par les plus grands malheurs. On tlirait qu'ils dorment sans souci de ce ((ui se passe, mais un jour ils se réveillent, car le cœur est chaud, sous cette enveloppe de glace, et ce jour-là, c'est le réveil du lion. Ils viendront me le prendre, Maulac ! ils viendront me le prendre !
(^)n'ils viennent,, Sire ! Mais, au lieu de ce jeune duc, si fier et si v;iillant, au lieu de ce blond fils de Brelaj,'ne, <lont l'œil a le reflet de leur ciel aux nuages éclatants, il faut qu'ils ne trouvent plus qu'un enfant aveugle et désormais inhabile à régner. Jadis on rasait les princes et, privés de leur longue chevelure, ds perdaient i\ jamais l'espoir de gouverner les Franks. Ce que le ciseau faisait autrefois, aujourd'hui le fer rouge le fait mieux encore. On tondait les rois de France ; on peut bien aveugler un duc de Bretagne.
JEAN
Plus bas ! plus bas !... j'ai peur quil nous entende Tais-toi, Maulac, ou plutôt viens, suis-moi... Quar nous .serons .seuls... bien seuls... tu parleras... {Aol un geste impérieux.) Amaurv, ne quittez cette sali sous aucun prétexte. Vous me répondez du du Arthur sur votre tête... (Entraînant Maulac.) Et to viens ! viens, mon ami ! f//.s sorient.)