I .i \ : \\)U>; prenez lail de \aehe bien fiais, et
lile> à ce.llc qui vous le vendra quelio ne vous le lailio point si elle y a m\>i de l'eau, car s'il n'est bien rais ou qu'il y ail eau, il tournera (1). »
BlUIK
Par saint C;îIoniban !... (// donne un rjrand coup de )Oin(j sur la table.)
TRISTAN, ^(Ullnnl
Si saint Coîurnbau est du dîner, c'en est fait do non appétit...
.aMairv, enliunl
VA inaintenaiil versez, échanson ! La coupe est grande, mais ma soif est plus grande encore. (// .sV/.s-- \ied. Tristan est au milifu. liudik à su (jaiifhc, Amaunj i sa droite.)
BUOIK
C'est ici conime chez le roi Arthur.
amaury
Ne parlons pas de lui, cela m'empêcherait de mander.
biDiK, montrant la table
,1 enlends du roi Arihnr do la Table Ronde.
() Mt'iiajjier Je Pari*.
AMAL'RY
A la bonne heure ! Nous sommes tous égaux, lou.-j frères.
TRISTAN, la bouche pleine Mangeons.
AMALRY
Buvons. (// Icnd à Biulik le liaiiap. Celui-ci le remplit.)
BLDIK
Et chantons.
TRISTAN
Oui, chantons î Ça, inessire Budik, vous que dam Nature a gratifié d'une voix superbe, dites-nous une chanson.
AMAURV
Voyons la chanson. (// passe le Imnap à Trislan.) A vous de hoire, compère. {Trislan prend le luinup et boil.)
BUDIK
Ecoutez. Elle en vaut la peine :
Mes amis, buvon.s el chantons, Dans tous les pois, sur tous les Ions, La bière el le bon vin de France.
I3ourrons-nous comme des gloutons.
C'est aujourd'hui que nous félons Casier, roi de Folle-Bombance.
TRISTAN, huvanl
Ilurrah ! No^}! au chanteur !
AMAURY, //;/ prenant le fiannp C'e.'^l un joyeux refrain !
BUDIK
N'est-il pus de circonstance ?
TRISTAN, buvant de nouveau
Il faut boire ! il faut boire ! Nunc est bibendum. {Il se lève et danse follcnienl.) Nunc pede libcro pulsanda lellns.
AMAunv, tendant la coupe à Dudik
Buvez aussi ! buvez, compère ! Ce Saint-Pourçain fait merveille !
BLDIK
Excusez-moi, capitaine, j'ai fait vœu de ne boire que de l'eau.
TRISTAN, s'asseijanl
Quelle imprudence !
AMAURY
Quelle folie !... Avez-vous aussi fait le vœu do ne plus nous verser de oc liquide mémorable ? {Il tend la coupe à Budik, qui la remplit)
BUDIK
Non l Buvez ! L'aiguière a large panse...
TRISTAN
En cela nous nous ressemblons.
BUDIK
Et je no vous ménagerai pas le vin.
AMAURY, rêveur
Respectable institution que lu vieillesse, Messircs... J'entends celle du vin. (// boit.)
IHlSiA.N
Le vieux vin .aje.n,,! le vieuv buveur ! ,l> Oo,,.) uiLtiK, sounani
,nui donne .e.,é.e..-..r.M...^^^^^^^^^^ T>AT I Allons canilairie, a la iebCOus.^c. v
et se levant, chante :)
Sau^ vouloir t)u\Mi r:ivalc Le boclul, la .r/oWo/f (.1).
Ou le cidrt; iliviii.
La boisson sans rivale, Celle que rien n'égale, C est encoiv le vin !
,.!,«.. r.iA<lprin '' (// '"' di>nne le N>st-il pas vrai, cher rneuecui . v"
„„lp TnL. (0 .W. .'■"" '™.' . ••""'";'■""• T '"■ tf ; omis, bmons cl rli.uilnns ,, cic.)
Je demande la suile. n,ai* à tal.le ! j'a, l-^i" d« tn 'asseoir.
AMAUrtV
Volontiers! Ce Sainl-Pourçain est un lude gaU lard !
IIUDIK
K table, et continuons le festin.
TRI.ST\N
C'est Ihcure de la Iroiimenléc ■^ï) Uoisiroud usitées au xm' siècle.
Bi'DiK, à pari
Dans quelques minutes, grâce au narcotique que [j'ai mêlé à ce vin, ils voiil ronfler comme des bici;leureux.
TRISTAN, ému
Budik, cher Budik, embrassons-nous !
BUDiK, en l'cmbrassanl Il a le vin tendre.
TRISTAN, (Je même, au capitaine
Amaury, cher Amaui7 ! (// va vers lui, les bras ouverts, Amaury se range, et Trislan va tomber, la tête la première, au pied du fauteuil d'Amaury.
AMAURY
A distance ! Ça senl mauvais, les médecins !
Tristan se cramponne au fauteuil et finit par s'y asseoir. Amaury, trébuchant, va prendre la place de Tristan.
BUDiK, le hanap en main
Un buveur respectable Qui roule sous la table Est beau, même en tombanJ.
Et s'il meiu-t, étant ivre, Du moins il a tu vivre, De par saint Coloraban !
De par le grand saint Colomban !
Tristan tressaute dans son fauteuil. Budik remplit /' hanap et l'offre au capitaine qui, après avoir essayé vainement de boire, le laisse échapper. Budik, à mivoix et penché sur eux, chante : a Mes amis, buvons et chantons i, etc.
Peu à peu leurs lêtes s'affaisenl, leurs yeux se ferment el des ronflements sonores se font entendre Budik suit avec joij les oroijrès du sommcri.
Mosbire Guillaume avait bien dit. Ils dorment. Pouah ! les deux vilaine^s figures ! Je vais les ^cif'"-!*mer là. (// montre la porte de fjauehc.) S'ils venaient à se réveiller, du moins ils ne nous gêneraient pas î
TRIS! \.N, rêvant
Je vous demande pardon, Monsieur le gouverneur, il n'est pas trop chaud !
BUDIK nllanl ù lui
II est dans l'exercice de ses fondions. (// emporte Tristan endormi dans son fauteuil.) Dors en paix, cher médecin ! et ((u'Esculape l'épargne les visions de ton art.
AMAiiRY, rtUmnl
Ça sent mauvais, les médecins !
BUDIK, l'emportant
Tiens ! ils font le même rêve tous les deux ! [Aprè^i avoir fermé, la porte à double tour, Budik vu vers la table ri éteint la lampe, puis se diriye lentement vers la parle du fond, qui s'ouvre et livre passage n Williams Bruce, à Edward et à Guillaume des Boches )
sc:i-:nk mi
BUDIK, WILLIAMS BHUCK, EDWARD, GUILLAUME
GL:n.l.A»-;ME
\\ dorment ?
BUDIK
IlsVonl eofermés là !
WILLIAMS
Il nV a pas de temps à perdre ! Edward, mon eufant.Wénichis encore. Songe que c'est le sacrifice de ta l\^erté que ton père le u-emande. \ i:dward
Qu'im^rle, si le duc est libre !
GUILLAUME
Courage, cher Edward !
EDWAUD
Oh ! je ne tremble pas, Messire.
WILLIAMS
Ainsi tu m'as compris: Monseigneur Arthur va sortir de ce château avec moi, et lu vas rester a sa place.
F,DW\nD
Oui, mon père !
WILLIAMS
Le roi Jean doit quitter Falaise demain. J'espère qu'il ne cherchera pas à revoir le duc avant sou
départ ! S'il en était autrcraenl..., s(»ii<.rcs-y, nun pauvre enfant... c'est peut-être lu uiorl...
KDW.MIO
Qu'im'porle, .si le «lue es-l .sauvé !