‹ Arthur de Bretagne; drame en quatre actesChapitre 7 sur 55 · C.U1LLALME · texte numérisé non relu

C.U1LLALME

Ecoutez-moi ! N est-ce pas pitié (juo des gens jaits pour se choyer, comme bons parents et familiers, se déchirent en de telles luttes, faute de pouvoir s'entendre et se réconcilier ? Voyez ! Là, c'^st Aliéner, ra mère du roi Jean, assiégée par son petit-fîls le duc Arthur de Bretagne Ici, c'est ce même duc, menacé par les soldais de son oncle d'Angleterre, et plus loin, l'armée du roi Philippe, accourait au .secours des Bretons. Ne .serait-ce pas œuvre 'ïe, capitaine, d'aider ce beau neveu à rentrer en ;râce près (/ô son oncle, d'apai.ser ces discordes iitesfincs et ae donner enfin à la France et à lAndeterre la paix après la(7uelle elles soupirent en vain si nous ne leur venons en aide? J'ai la parole d\i rn Jean qu'il ne sera fait aucun mal au.\ .soldats et a' peuple de Mirebeau. Il m'a ptomis de recevoir à merci le duc Arthur et de lui rendre les bien.' qui seront jugés lui appartenir. Vous savez si j'aipo le jeune prince et si Guillaume des Roches voudnit forfnire à l'honneur ! ch bien ! capitain'\ je vos jure...

AMAUnV

Il faudrait être "un docto cire et non un simple capitaine, Messire, pour répodre dignement à toutes ces belles parole.s. Je sui.' votre homme, car c'est vous qui m'avez fait ce (<e je suis. Sans vous Am'-ijp.' ]r Long ne serait qnm pauvre archer n'avnnt.

'"ur pivivcnii' à la fortune, que su bonne volonté, ce ■ |iii ne suffit pas de nos jours, Mossire. Vous m'avez (iistinji^ué, vous m'avez élevé jus(ju'à vous. Vous étiez nlors partisan de monseigneur Arthur et très hoslilc à monseigneur Jean. Les hasards de la guerre m ont éloigné (le vous. Je suis resté 1 homme du duc, vous êtes devenu celui du roi. Vous avez agi sagement, je crois, choisissant entre deu.x maîtres le plus riche ..t le plus [Hiissant. Peut-être ne ma-t-il manqué que l'occasion cib faire comme vous. Vous me dites qu'il y va du bici de la reine, du roi Jean et de monseigneur Arthur, et que vous livrer cette brèche, c'est faire œuvre nie et méritoire : je ne veux pas discuter, j'aimo mieu\\()béir. Je vais éloigner mes hommes et faire place lui roi Jean. J'ai foi en vos promesses et foi au.ssi en iolre reconnaissance...

GUILL.\UME

Le roi Jean {^(juittera la dette que j'ai contractée envers vous, Abaury... Allons ! à la faveur de la nuit, l'armée an|jaise s'approchera des murailles, et lu ville sera pris\ avant qu'un cri ait donné l'éveil.

AM.\URY

Après tout, je neuais là que suivre l'exemple des autres. Si c'est un4trahison, est-elle plus coupable que les vôtres, MessVe ?

WiLLAUME

Capitaine, vous oubliW...

iinv

J'oublie, c'est vrai, quewie nos jours, livrer son duc ou son roi, ce n'est pli^ trahir, c'est changer de

parli î Et vous en ave^ rhangé souvcnl, /^!ossire r.uillaume, sénéchal de par le «îuc Arthur, /l chambellan de l'ar Je roi d'Ang-lèlerre.

GUILLAIME

Dieu me jugera, capitaine ! Et si les l^mnies me condamnent, Celui qui sonde les cœurs ^'absoudra du crime de félonie, car il sait que j'ai voulu parluut faire régner sa sainte paix.

ANAIRV

Allons, Me.ssire, et que ma récompense soit î^iando, car vraiment grande aussi sera la trahi->on. {Ils surient à gauche. — Trisiun rrriml par lu droiic, arec précaulion.)

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