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— Gel i esl \ rai, Arthui . mais «Ile n ilexion esl d'un esprit porté ven les tris les choses; qui n'a qu'à se laisser facilement être heureux confond le i L'avenir, et pour le présenl parée qu'il esl beau, on croil qu'il doil être ainsi. Il v a peu de \ ie lout a fait belle el heureuse; niais qu'il J en a bien moins corè qui rendent grâce a Dieu de leur bonheur; Aux jo irs «lu malheur on pense ii invoquer la divinité secôùrable. Wfe vrait-on pas aussi élever sou âroe
cifel ri lui .: Iquefoi - qu'on c
reux el reconnaissant.
— Ali! il n a des jours u
cher Arthur, me dit Albert en accourant
me presser afteclueusemet les mains. Je vous revois , et ma mère m'écrit qu'elle arrive.
— Ce ne sont pas tous vos seuls bonheurs, mon ami; j'ai aussi a vous annoncer le retour du comte de Varennes.
— Vraiment, mais c'est prodigieux; nous allons être lout à fait en famille. Elle comte vous dit-il ce qui Ta décidé a nous revenir.
— Non, mon cher Albert, et je suis même assez intrigué ; car, il me prie très positivement de le recevoir à Livry ! Cette recommandation a hâté mon retour.
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— i\Iais c'est que ma mère ne s'explique pas davantage. Bien certainement 1 1 s auront (ail route eusemble. Le comte de Varennes esl trop galanl chevalier pour n'avoi'r |m> escorté ma mère.
— le te crois comme vous . mon anii, el cependant je ne m'explique pas encore cette espèce de mystère, <;u- le billet <le mou pèreest tprl laconique.
— EL bien, Arthur, je ne m'étais |><>mi arrêté à cette circonstance el je o .i\ ais pensé qu'au plaisir <le revoir ma m maintenant que je réfléchis, je m'aperçois qu'elle aussi, m'annonce ><m arrivée «l'une manière Irèïi brève el «nu
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iaisse beaucoup à désirer a ma curiosité.
— En vérité, dit Berthe, je suis d'une impatience! Bien certainement, il y a un secret fa-dessous.
— Comment, toi, ma chère amie, te voilà curieuse ! Que veux-tu qu'il y ait d'extraordinaire dans une réunion qui nous comble de bonheur, mais qui devait avoir lieu un jour ou l'autre.
— Je crois qu'Albert a raison, madame, et que les grands parents nous traiteraient de têtes folles s'ils nous entendaient, et qu'ils seraient bien étonnées de nous avoir autant intrigués.
— Les uns partent <'i les attires uni* i Mil, voila la \ic. Vous savei Ie9événeils qui sont survenus m votre àhc mon cher Arthur? Desrockfes , la boui sont partis de Meltio ,
M. Dusoln r a 'est plus! madaihe Kennrval est a Taris, au désespoir de la maladie <le sa Bile. Quel changement se sera opéré on moins d'un mois dans notre Société infime! Quand on contemple <le sang frokl les événements que chaque jour amène, on rsl parfois effrayé du
Chemin <|ii<'. dans la m»', «m a a parcourir. Qui peul répondre du lendemain ?
qui peul être sûr même de L'instant pré senti Personne.,. El «vite instabilité des
choses humaines est souvent bien douloureuse pour qui voudrait interroger la vie!...
- Quoi, Albert, quelles idées philosophiquement tristes î Est-ce doue quand vous ne devriez vous abandonner qu'a la joie, que vous voulez interroger le destin et savoir si, en effet, voire bonheur est bien réel. Jouissez-en avec reconnaissance, netlouiez pas de la bonté infinie de Dieu. Remerciez-le des bénédictions qu'il répand sur vous. Pourquoi si vous ne cessez pas de rendre grâce à une Providence généreuse , voudriezvous quelle se lassât, elle, de vous combler de ses dons ?
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— Vous êtes un véritable sage, Arthur, |e vous admire toujours <*i j<* suis bien heureux.
— Et quel effel a produit, dans la magistrature de Ifelun, le duel de Dèsroches, qu'en dit-on?
— Desroches est généralement regretté, mon cher Arthur. Quant à M. Dusolier, il était peu aimé, ci sainm-l ne fait pas porter un deuil général a Melun* Ordinairement les gens nuls sont inoffensifs, ri il n'en eiail |» i- ainsi de notre ancien su!»s! i hif . Le re dont c\ aimable de .ni pas pris un ass i empire sur lui.
— Marie n'est pas heureuse , reprit Berthe, et pourtant qui mérite mieux qu'elle de jouir des biens de ce monde. Je m'afflige tous les jours de son départ. Nos soirées d'intimité ne seront plus les mêmes, Arthur; ne vous en apercevezvous pas trop ?
-r Pour moi, interrompit Albert, certainement je pense à nos chers absents pour les regretter. Cependant, nous ne devons pas oublier les compensations que nous avons en dédommagement/ Louise et Georges n'étaient pas avec nous l'année dernière. Ma mère et le comte de Varennes vont arriver. Ce serait donc être
i|ue (l<' ii j> murmurer. Le regret, iu serait mie plainte peu raisonnable.
— A mon tour, Albert, de vcww dice i^ue je m'incline devant votre sag
Nous devisâmes encore quelques inlants, et je quittai la préfecture pour me rendre chez M. de Seh ignj .
Louise el Georges possédaient une éléiirelle et instinctive merveilsement remarquable.
Leur habitation était dune richesse somptueuse*
li)2 ARTHUR
En province, le luxe est d'autant plus appréciable, qu'on y est fort arriéré sous ce rapport. Paris est le point de comparaison toujours invoqué. L'ambition de se conformer aux goûts confortables et magnifiquement riches du siècle, occupe toutes les imaginations. Mais je crois qu'il faudra bien du temps encore pour que les progrès en ce genre arrivent a une réalité positive. Non seulement les provinciaux ne s'entourent pas assez d'objets de luxe, mais encore, lorsqu'ils les appellent en aide à leur simplicité, ils le font trop remarquer et ont l'air de ne pas être habitués a ces mille inutilités parisiennes qui composent un en-
DE \ \l;' ) »"
tourage parfaitement élégant il eu est de même de la manière d'être. A Paris, on e>l tort démonstratif, mais c'est une habitude tellement enraciuée, qu'elle esl (ouïe naturelle et qu'il n'y a pas d'exagération dai ; lions, qui sont d'ailleurs plutôt : ,• un sourire Gareile, par des paroles aimabl suis être trop louangeuses, et qui ont toujours, cependant, quelque chose gracieux. Puis, à quelque Instant du jour qu'on arrive, irtain d' parfaitemenl reçu. Bien a assez <lr tact p ir ob ei 1 momenl convenable d'arri
enfinon ne rou aperce
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qu'on est importun. En province, il n'en est pas toujours ainsi. Les femmes sont si bonnes ménagères, que presque toutes les heures de la journée ont leur emploi ; si donc vous arrivez dans un moment inopportun , quoiqu'elles désirent le cacher, il faut bien qu'on s'aperçoive qu on les gêne et qu'on devra se reprocher d'avoir été cause que quelques travaux importants de ia maison auront été négligés et mal faits, pendant l'absence et hors le coup d'œil de celle qui ordinairement y préside toujours. Ce sont ces petites nuances, parfois insaisissables, qui établissent une si grande!
différence entre la vie parisienne et
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l'existence si monotonç de la province.
Je faisais ces réflexions <in regardant la belle Louise et en écoutant tous < ricins charaiaots qu'elle avait Je talent de toujours trouver a propos pour entretenir la conversation. Nous étions peu li 's car je lie la connaissais pas depuis longtemps; aussi je remarquai cette amabilité digne et gracieuse qu'elle ; sédaitau suprême degré et qu'elle savait si bien mettre en pratiqué pour me evoir.
La beauté , l'élégance , la dignité , trouvent raremenl réunies chez une même femme. Aussi, lorsqu'on observe
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ces dons heureux de la nature on ne peut qu'applaudir et élever des louanges vers le dispensateur de tant de biens.
Mon enthousiasme était naturel en admirant madame de Selvignv. Cependant, je crois que la disposition de mon esprit me faisait être plus sensible à ses agréments. J'étais si heureux que tout me paraissait beau, admirable! Il est si naturellement indulgent l'homme qui sent au fond de son cœur une joie immense!...