‹ Arthur de VarennesChapitre 2 sur 19 · CHAPITRE TROISIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIEME

Une calomnie.

j es quelques jours <|m >'n\ irenl se passèrenl pour moi assez tristement

L'arrn ée à Melun «l** M. <i madame île Sel vi gin lit une ! li version

la torpeur dans laquelle i<% t ivaîs.

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Albert n'avait pas exagéré ses louanges en me parlant de l'agrément de leur société. Il y avait en eux la véritable essence de la gracieuseté élégante et spirituelle.

Madame de Selvign y était à peu près du même âge que Berthe, mais là s'arrêtait le seul rapprochement qu'on pût faire en les regardant! Grande et svelte ; d'un maintien d'une irréprochable dignité, Louise de Selvigny était tout aristocratie. On retrouvait en elle le type de cette ancienne noblesse d'autrefois dont les alliances de génération en génération n'avaient jamais dérogées. C'était bien là ce sang pur de tout alliage

plébéien. Blou le . rose el fraîche < soi magnifiques yeux bleus î mpéraienl |>;.r leur douceur ! : s 'vérité d "i;n fronl allier et d'un port de tête loul a fail majestueux.

Georges aus^i était blond, el rien <l<* plus délicieux que sa physionomie d I » i 1*- et expn 11 a\ «ni encore tous

dehors de la jeune: \ brillant uni-

forme qu'il portail avec grâce dessinait ^,i lai lie élé el en faisait ressortir

toute !;i souplesse.

ils produisirent un véritable d'admiration le jour du bal «le la pré fecture.

ii était difficile de voir de plus jolies

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femmes que les deux cousines, Marie seule par sa beauté naïve el touchante, pouvait distraire les regards qu'elles attiraient.

La triomphante Herminie voyait sa cour louangeuse l'abandonner, et elle en était réduite au seul M. Dusolier. Son dépit devait être extrême, ses yeux lançaient des éclairs.

Desroches s'approcha d'elle ; il venait de danser avec mademoiselle Dusolier, et sa physionomie conservait encore le reflet du plaisir qu'il avait ressenti auprès de l'aimable femme.

Je ne sais ce que lui dit madame llenneval; mais ses traits se contractèrent

et si figure changea complélemenl d'expression.

Cependant, l'orchestre donna le signal l'une nouvelle contredanse, ël je les \ i- | reddre place à un quadrille.

Je m'éloignai.

Il 3 a\ait beaucoup de inonde ; U faisait chaud, l'air me semblait pesant.

Le l>al était fort animé.

Les salons offraient un coup d'œil tout a (ait merveilleux. J'en fis compliment à madame de Simiane. Elle trouva comme moi que la chaleur était très grande; je lui offris mon bras el nous fîmes quelques pas pour lâcher de r

j.livi

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Nous nous éloignâmes peu à peu, et encore une l'ois, je me retrouvai dans le boudoir de Berlin:.

— Ah î on respire plus facilement ici me dit-elle ; si vous le voulez nous y resterons un instant?

— Elle prit place sur un canapé; je me mis auprès d'elle; puis elle continua :

— Je profiterai de cette solitude pour tâcher de vous exprimer toute ma gratitude !

— Que voulez- vous dire, madame?...

— Croyez-vous donc, monsieur, que je ne suis point touchée de votre conduite généreuse, et que la manière dont

!.. VAftENNES. k>

VOUS ,niv |ni> ma défense île mérite pas toute ma reconnaissance. Ah ! ma sei bilité ne connaît poinl d'expressions qui puissent vous peindre tout ce que je : sens ! El si vous sa^ iez combien il m'en a coûté pour laire ce secrel à AI h C'est la première fois que j'aurai eu un< pensée a loi cacher. Mais pour pài de vous, il fallait encore en nommer un autre, j'ai eu peur; j'ai crainl que mon mari ne voulut aussi venger mon m- Jure,'el je me suis tue. ivec vous, Arthur, il ne pou va il en être ainsi, j'ai dû parler; n<" In sc£ne qui - «i-i passée ici, j'ai i< >n( oubli -. excepl< le il de

votre amitié que je n Tai l >u-

jours ! ne dites rien... vous devez bien savoir qu'une dénégation ne me convaincrait pas î... Je vais embrasser mon ûls; je vous retrouverai la, n'est-ce pas?

Elle me tendit sa main ; je la pressai sur mes lèvres, trop ardemment pour le seul sentiment d'amitié quelle me supposait !

Oh ! il fallait aimer, adorer cette femme ou la fuir à jamais !

Un bruit de voix me tira de mon ardente rêverie.

C'était madame Renneval et Desroches qui s'avançaient. Us paraissaient tous deux fort animés. Ils s'arrêtèrent dans la pièce qui précédait le boudoir, mais

n. je hoie des portières n inlerc laii p;i> leurs paroles, <ii j'entendis la suite d'une conversion qu'ils p irais- ,r commencée lorsque je les perdis de vue.

— Oui . monsieur , <lis;til madame jlenneval, il> son! encore partis ensemble. Certes, je ne voulais pas vous le dire, h n«»s instances seules m'on rail I arler.

Kl puis j'ai souffert de vous voir la (lui i inds entiments vertueux de

M. de Varennes. Vous ries jeune, nounou- .louiez pas de (a duplicité d hommes ! Gommenl ayez-vous pu croire nue H. de Péronne el lui éfciienl (jei

se battre pour une querelle de journal î

— Mais, madame, j'ai déjà eu l'honneur de vous le dire, le ton et les manières de M. de Péronne ont été, autant que la diversité de leurs opinions, la cause de ce duel.

— Et moi, monsieur, je vous dis qu'il n'en est rien. Madame Dusolier, avec ses airs vaporeux et langoureux, aurait fort bien eu à pleurer la mort de son adorateur, si le bel Arthur avait succombé, M. de Péronne, en ayant la générosité de taire à M. Dusolier les écarts de sa femme, il faut le reconnaître, a été trop généreux, car cest laisser usurper la tendresse d'un honnête homme de la

DE VÀHKNNI

plus épouvantable manière. Prennentils seulement la peine de dissimuler!

liaison; le moindre respect hurtiain tetient-iFTOùest i DusoHer3 v<

sur de \ <>ii* arriver M. de Varenn Le cavalier de Marie, c'est lui, toujours lui. Même chez moi, ils rie craignent j donnci

— Ah ï madame, en êfes-vous bien certaine.

— Comment, monsieur? mais sa aucun doute. L'autre jour encore le comte a % a i t été dans la j<

lui), M. Dusolier me l'a dit; el le 9oii

ion! retrouvés chez moi. Aujoui Marie étail souffrante , elle vous t

sur< u voulait«elle partir de

heure, c'est vous qui me le dites, elM.de* Varennes, qui était là, disparut dans le même moment.

Je vous proteste que c'est indigne et d'un scandale épouvantable; vous m'en voyez toute bouleversée.

— Vos paroles, madame , me causent une peine cruelle. J'aime M. de Varennes ; toutes mes sympathies lui sont acquises. Quanta madame Dusolier , mon admiration et mon respect pour elle sont si grands, que de simples suppositions, auxquelles le hasard seul peut donner une apparence de vérité, ne sauraient les aliéner.

Si vous le voulez, nous rentrerons dans les salons ; car je le vois le monde

SI

ml» h mal I- actions

el je craindrais que vous ne fussiez a en butte à ses suppositions malveillan-

I iou venez-en, madame, i n celle cas ion | il I > 1 lm 1 injuste, car v<

indignation en parlant de la vertu mirait bien voir que ce n'es!

vous qui la fouleriez à vos pieds.

Ils s'éloignèrent, l'étais anéanti.

La pure Marie accusée par madame Renneval '...

La maîtresse éhontée «le M. Dusolier souillant de ses paroles venimeuses un . .e de modestie, de vertu ! Oser parler ir la calomnier de celle qu'ell i ou eait tous ira !

Et il n'y a pas de punition pour un semblable crime.

Un homme outragé a le droit de demander compte d'une injure, de la venger ; une femme attaquée dans ce qu elle a de plus cher, l'amour, le respect qu'un mari lui doit, souffre en silence; la plainte ne lui est même pas permise ; si elle connaît la vérité , si la rivale indigne qu'on lui donne ne reste point un mystère pour elle, il faut qu'elle se résigne, elle doit se taire, car ses plaintes car les paroles qui les exprimeraient seraient une humiliation qui retomberait encore sur elle.

Et non contente de faire souffrir ce supplice à Marie, car je pensais bien

qu'elle n'ignorait |»;i> la liaison de mari, il fallail encore que L'indigne coquette L'oflensâl par ses soupçons vicieu

Berthe revint bientôt; elle reprit mon bras ci nous rentrâmes dans le bal

J'aperçus Desroches qui vint au-devant de nous.

- Vous êtes bien pâle, mon. ami, me dit-il.'

— En eflw , s'écria madame de Simiane, vous ne paraissez pas bien. Tout ce bruil vous aura fatigué; il faul vous oer, vous êtes encore convalescent Votre santé appartienl .1 vos .unis, vous qous êtes bien cher, ne l'oubliez pas, e(

prouvez-nous que vous nous aimez aussi en prenant grand soin de vous.

— Voire bienveillance, madame, revêl des formes si charmantes, que je voudrais réellement être souffrant, pour mériter, sans l'usurper, une sollicitude qui vous montre à moi avec toutes les grâces de la bonté.

Nous échangeâmes encore quelques paroles.

Albert vint nous rejoindre et sa femme lui fit part de ses craintes sur ma sauté. 11 fut de son avis sur le bouleversement de mes traits et m'engagea à me soigner.

— Il faut le renvoyer, dit Bcrlhe. Oui, monsieur, conlinua-î-alle en sadressant

.1 moi, vous av< «soi rej

— je me soumets à voire ordonnant madame, je vous quitte.

Albert miiI avec moi jusqu'à ma voilure et me «lit adieu en m'assurant qu il viendrai! bientôt me voir car il avait besoin d'être Iranqryllisé sur ma santé •jui l'inquiétait

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