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Je vous attendais, j ivfcH ritable
.m de \ . * ;luv
\ou i indignation*, mou
Hier, Desmclns, j'ai entendu versatkm avec madai anévaH
si. m efletj je devais n ..
n'ai i>oiïil besoin uV \<ai;- dire que C
un abômihabte Itssti de :
•in4,
tfesl de vrius ren de n'Proîr
l:iiss ' aiLwpuM* la réputation d'une :
• qui rhérite tous nos respects, tit d'avoir défendu un ann qui était di qu'on no le laissât pâ nlllî:!
semenl accuser, - -•»••
— Ali! vous n'aviti
(jG akthcr
(le vous justifier, mon cher Arthur.
— Mais comment cette femme infernale a-t-elle été amenée à pouvoir vous faire le confident de ses calomnies ?
— Mon cher, je serais bit n embarrassé de vous le dire. Je venais de quitter madame Dusolier, lorsque je m'approchai d'elle. Je ne sais ce que je lui dis, mais elle saisit un mot au passage et se mit à entreprendre avec fureur le détail de la toilette de madame Dusolier. Elle prétendit qu'elle ne l'avait jamais vue aussi élégante.
— En effet, madame, lui dis-je, madame Dusolier est fort bien mise.
— Dites, monsieur, que c'est scanda-
n; v au! NNRS.
l( u ; une I mime devrait avoir bonté <!<' se montrer ainsi presque nue.
— Mais, madame, je n'ai rien remarqué d'extraordinaire dans la coupe de >a robe.
— J<> li» crois bien, les hommes çpnt aveugles, ils ne voient ri< n. Puis alors elle se mit a me parler à mots couverts
l forl équivoques de madame Dusolû r, de l'aveuglement de son mari; enGo, malgré moi , je dus entendre toutes suppositions malveillantes. Et je ne puis en douter, c'était un parti pris, sa oo« 1ère <;lail joué •. Peut-être a-t-elle cm qu'auditeur bénévole, j<i 1 écouterais patiemment H nie ferais l'écho <!•' ses nié-
disances; mais je pense avoir trompé son attente, elle doit être furieuse.
— Tous l'avez engagé a finir son a parle avec vous d'une manière bien méchante; saviez-vous donc, mon cher Desroches, tout ce qu'il y avait de vérité mordante dans votre réponse, et que la femme qui osait accuser madame Dusolier d'une passion coupable et vanter si haut ses préceptes de vertu à elle, saviez-vous qu'elle est îa maîtresse sans pudeur de M. Dusolier?
— On me l'avait dit, mon cher Arthur, et je ne l'avais pas cru; mais en l'entendant §e déchaîner contre madame Dusolier, celle pensée m'est revenue, el
„ DE \ kBI NNI RJ)
il.ii)> le doute , j ai laissé ma colère se répandre eu des paroles que plus de ré- Qexion el de calme auraient sans doute arrêtées sur mes lèvres. le m'applaudis maintenant de les avoir prononcées puisqu'elles sont une vérité. Mais entendre ac-
xdes absent^ avancer contre eui faits qui sont uneaccusasion el cela sans i cessité, avec la seule conviction de faire une mauvaise action; ah! je n'ai pu le comprendre 5 et certes, il nVtaii l»,i^ besoin que je me rappelasse notre chère amitié pour ne pas laisser attaquer votre nom et le défendre !
Vous ne sauriez vous ûgurer le mal affreux que m'a l'ail madame Kennevall
70 ÀJUHUK
Cette femme que j'entendais flétrir d'un honteux commerce adultérin , celle qu'on accusait de manquer à toute 1? retenue de son sexe, j'en avais fait une idole dans mon cœur; je l'adorais en silence; j'aurais craint de ternir l'auréole d'amour et de respect dont je l'entourais par les élans de ma passion, et a son nom était jointes les réflexions les plus outrageantes. Ah! ce que j'ai ressenti de douleur, de désespoir en cet instant, je ne reconnais à aucune expression le pouvoir de le peindre!
L'arrivée d'Alhert et de son cousin mit fin à notre entretien.
Ce que m'avait dit Desroches de son
amour pour madame Dusolier ne me surpril pas, Depuis longtemps je m'étais aperçu qu'elle avait en lui un admirateur fervent*
le lui sus un içrc infiai de >a franchise; il me montrai! par la qu'il n ! lui restai! aucun doute sur mes sentiments pour madame Dusolier. M<4 faire [e oonfidenl de son amour pour elle, c'étdil reconnaître que je ne pouvais en être jaloux.
CIUP1T11E CINQUIEME.
Berthe.
A quelque tenu» <lc lït, j'étais iin soit auprès de Berthë
Nous étions seuls dans son boudoir.
Sa délicieuse toilette iréhaflssail < n core sàbeauté divine et hënrèilleu&.
Une élégante robe de crêpe bleu> garnie et ornée de diamants et de fleurs, la parait. Des Heurs, des diamants aussi, mêlés dans ses cheveux ajoutaient par leur éclat à la vivacité de son expressive physionomie.
Nous devions passer la soirée chez M. de Selvignv, et Berihe m'avait fait promettre de lui consacrer les quelques heures qui devaient s'écouler avant que le moment fût arrivé de se réunir chez Son cousin.
Pour cela, j'avais diné à la préfecture.
Albert s'était absenté et devait nous retrouver chez madame de Selvigoy.
Sa femme en sortant de labié se mil
,i toilette.
— Puisque \ cius serez mon cavalier, .\rllmr, me dit-elle eux vous faire
honneur. Pour vous, je vais lâcher de me rendre bien belle soyez patient, ce m* scia pas long !
En effi t, elle reviùl bientôt près de l'admirer fou! à mon aise.
M \ a dans la parured'une femme un attrait d'élégance qui saisît <i( nous n lient captif. On csl ébloui d'abord par l'éclat d'une riche toilette. Puis, peu à peu, on détaille chaque objet qui la pour reconnaître et louer le tfoût de celle qui l'a coi çue; puisencore
78 ARTHUll
les pensées suivent un autre cours et l'on ne voit plus que la femme, mieux parée de ses seuls attraits que par tous les ornements qu'elle a appelés, a son aide.
Il est cruel le combat qu'un honnête homme a a soutenir avec lui-même quand il ne veut pas laisser les passions mauvaises envahir son âme. La route de la vertu n'es pas toujours facile a. suivre; et celui qui ne s'égare pas dans les innombrables sentiers que présente la vie, celui-là seul peut dire qu'il a triomphé et vaincu un ennemi souvent indomptable.
— Malgré moi, mes yeux s'arrêtaient
trop <Ir i^assiQU >ur lierlhe. Je la voyais si belle, si enivrante «nûm trouve crue! m'agitait L.-i simplicité il»' ses manières, la louehanle amitié (jubile me témoignait étaient aulant de dpulours ajoutées à ma souffrance, car, parfois, je ine surprenais a leur donner un xmi> qu'elles ne pouvaient a\oir. Mon amour interprétail en sa laveur des témoignages l'affection provenant seuls d'un naturel çxpansifj et, peu de nunutes après les avoir conçues, je rejetais loin de moi des idées impossible^.
— Savez-vous, me dit-elle, qnç vous ne paraissez pas bien: êtes-ypus dpnc encore malade <it doifr-jc Qu'accuser d'être
Ja cause de vos souffrances? Ce malheureux duel a augmenté en vous la mélancolie à laquelle vous vous laissez trop aller. Un instant je l'ai crue dissipée. Nous paraissiez vous complaire auprès de nous, y être heureux. Maintenant il n'en est plus ainsi; ou vous êtes animé dune gaîté qui m'effraye, car elle ne semble pas naturelle, ou, tout a coup, vos regards deviennent distraits, vagues, et leur expression douloureuse, malgré moi, m'attriste et me fait mal. Vous semblez lutter contre une pensée intérieure. Quavez-vous donc, Arthur? Ne nous croyez-vous pas susceptible de partager vos chagrins si vous en avez, et
M VAB1 !
de prendre part ;i vos peines quelles quelles soient ! C'est mal ;i voua de souffrir en silence. Epanchez voire oe mon ;nm ; non- VOUS ail j le
savez. Pourquoi faut-il que nous seuls si heureux, el que nous ne puissions vous communiquer un pende notre bonheur!
— Oh : vous êtes bonne, madame, trop bonne. Mais je n'ai rien, croyez-le. Si parfois je suis triste n'est-ce pas bien naturel. Seul, isolé, la vie ne m'offre qu'une longue solitude avec moi-mèi Si j'ai lnni\ é !«•; des imis chers el p cieux, leur affection dévouée el coi lante est quelquefois insuffisante pour
ai
remplir ta trop pieiii d'une âme ardente. N'accusez que d'une surabondante tendresse de cœur la tristesse qui parfois envahit mon esprit.
— C'est plus que de la tristesse, et dans la manière seule dont vous me dites ce que vous ressentez, il y a du
ïspoir! Oh! les femmes sont •physionomistes, et je veux que vous me fassiez toutes vos confidences. Vous êtes tourmenté par quelque chose, j'en suis sur : tout me le dit.
— Mais non, madame, je vous proteste qu'il n'en est rien; et si vous m'accusez de mélancolie, de désespoir, je pourrais aussi vous faire un reproche.
— Vraiment el commenl cela :
— C'eil i lui d'être forl romanesque el d'avoir tant d'esprit, que vous c posez sur raoi un personnage beaucoup plus intéressant que je oe le suis en
Liié.
— Vous allez encore changer «K* oon versatton el appeler les ressources d'une imagination féconde au secours tl>v votre
• lion: niais cette lois je vous de\ îne, »i je déjouerai ce complot Pourquoi vouloir éluder de me répondre? Vous me feriez presque penser que vmb ne me croyez pas capable de vous oogdprendre. si vous me trouvez toujours gaie, c'esl que j<4 ^ni^ heureuse : cep
8i ARTHl'R
dant, il n'en résulte pas que je ne sache compatir aux chagrins réels. Mon cœur et ma sensibilité sont facilement émus, croyez-le bien.
— Qui pourrait en douter, madame, en vous voyant animée des sentiments généreux, que vous exprimez avec tant d'émotion? Mais, je vous le répète, votre inquiète sollicitude s'agite à tort, et aucun sujet ne me préoccupe ni ne me tourmente. Je serais bien embarrassé de donner un nom à l'espèce d'inquiétude qui est en moi, et je dois accuser ma nature rêveuse des préoccupations soudaines que je ne sais pas assez réprimer.
ni \ \i;i nm s.
H faut me pardonner, j'ai besoin d'indul-
gence
— Vous pardonner, Arthur! \<mv sa- \r/ Mènque cela serai! <i<;jà lait m j'avais eu ii vous accuser. Mais, bien au contraire, je vous demandé de me dire vos peines, car VOUS en avez; je teui le- partager el non m'en faire juge, Un souvenir cher el cruel est-il donc toujours le maître absolu de votre âme, el vous abandonnefc-vous sans mesure <« des regrets stériles! Votre femme ellemême, mou ami, nous dirait que c'esl trop la pleurer!
— Ali! madame, quel mol avei-vous prononcé, et quel souvepir invoque?
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vous! Ma femme! Mais je l'oublie, mais ingrat envers sa mémoire vénérée, elle n'est plus ma constante pensée. Une autre image a remplacé la sienne. J'aime, j'adore une femme enchanteresse; je n'ai pu rester froid devant tant d'attraits réunis. Ah! plaignez-moi, Berthe, car je suis bien malheureux. C'est en vain que j'ai appelé a mon aide la raison, le courage d'un homme. La lutte est au dessus de mes forces, et je succombe à la vivacité d'un amour coupable, mais indomptable !
— Qu'avez-vous dit, Arthur? vous, dévoré d'un amour coupable ? oh ! cela est impossible !
vari nni
— Plût à Dieu, Berthe; mais je ne puis dissimuler davantage, ma passion est plus forte que mm.
— Est-ce bien ?ous <jui tenez ce tau gageîoh! je ne reconnais plus le di Arthur! celui qui s'était élevé si haut dans mon esprit, dont j'admirais la noble vie. Quoil une passion coupable <mvahil (oui votre être el vous la lai vous dominer. Vous avez lutté, ditesvous; mais «mi luttant, \<»u> n'avez songé qu'à \ous. L'avenir, le n d'une autre personne troublés par votre amour, j ;i\< z-vous pensé, le ne vous demande pas le nom de celle qti
limez. Malheureusement, je l<i dei ine!
Pauvre Marie, déjà si malheureuse, lui réserviez -vous encore celte nouvelle épreuve, ô mon Dieu !
— Marie, avez-vous dit ? Ah ! pourquoi parler d'elle?
— Vous avez raison, Arthur, son nom seul, prononcé en ce moment, est déjà une offense pour elle...
On nous interrompit.
C'était le petit Maxime. Il revenait de chezmadamedeSelviguY,oùilavaitdiné.
Elle avait consacré sa journée à fêter les amis et les camarades de ses enfants, et le soir devaitamenerla réunion des parents.
L'arrivée de Maxime me rendit à moimême.
DI VAWNI S. B9
le fus effrayé <ir l'entraînement auquel je m'étais abandonné. Un moment plus lard mon secret m'échappait toul entier. Berthe aurait su que c'était elle que mon amour outrageait. Son courroux; sa haine peut-être eussent succédé ,ni\ marques si précieuses <le son ail-1 lion.
C'était une nière, protégée par la présence de son (ils. que je revoyais3 et dont, un instant, avant* j'allais ternir la pureté par des paroles passionnées. Le réveil fut terrible, et j'appelai a mon secours toutes les puissances de ma volonté pour vaincre un amour qui me rendait parjure à l'honneur et a l'amitié,
niAViTiu: sixième
Résolution
Quand, en sortant de chez M. de Selvigny, je me retrouvai seul élu1/ moi, je pus enfin me reconnaître »'i m'hiler-
roger.
Les quelques heures que Je ïenaisde
passer au milieu du monde, et pendant lesquelles j'avais cherché un étourdissement nécessaire au tumulte de mes idées m'avaient causé une lassitude extrême.
Cependant, ma pensée ne pouvait rester inactive ; elle évoquait les moindres détails de mon entretien avec Berthe et en tâchant de m'en retracer les mots , je cherchais a y lire une excuse a l'entraînement que j'avais ressenti.
Mais rien ne pouvait venir en aide a mon désir de m'absoudre, et de me trouver moins blâmable que je ne Tétais en effet.
Je me demandai si Berthe avait donné lieu par quelques paroles a l'étrange
délire ijui s'élail emparé <ii- tout njon être ; mais il n'en était rien.
Ses sollicitations , pleines (Tiïitérêl pour moi, témoignaient -cuit'- d'un sen liment amie, il. Toute autre pensée <;iai! loin de pouvoir pénétrer dans son — prit
le ne pouvais donc me le dissimuler plus longtemps, dans >a présence seule il \ avait un danger, il Fallait ne plus la voir, la fuir.
Et je n'étais pas coupable seulement envers moi.
i ne autre aussi avait le droil de me nandei compte de ma conduite. Ma-
rie, sur laquelle mon silence laissait planer un doute.
Son nom était venu a mon secours.
Sans elle, Berthe n'aurait pas pris ainsi le change; à quelle autre femme auraitelle pu attribuer ma passion ? quelle autre, après elle, était plus capable de me l'inspirer que Marie?
Elle avait raison, c'était elle que j'aurais dû aimer ! Il me semblait qu'alors l'offense eût été moins grande. Je ne
trahissais pas l'amitié confiante de M. Dusolier était indigne de posséder le trésor quil dédaignait. Quelle différence avec Albert !
La méprise de Berthe, en croyant
DIS YARENM 9. î>7
Marie l'objet de ma tendresse, n'était pas extraordinaire; mon amour ('tant plus tort que moi, en m'enlrainanl en des paroles dont l'ardeur et la vivaeilé m'effrayaient moi-même, ne me laissail ce pendant pas maître d'oublier combien j'offensais Albert.
L'agitation de mes pensées m'empé ebait de joindre l'expression de la vérité à ce que j'exprimais, et ce lui sans oser regarder Berlbe en lace que je lui fis mon étrange confidence.
il fallait donc partir, quitter Livry,
C'était une décision pénible; eepen-
danl, la raison l'ordonnait, in moment
(m AUTÏIUK
île tranquillité, de repos ne m'était plus permis.
Près de Berthe ce serait une contrainte de tous les instants. Aussitôt que je me retrouverais seul avec elle, des craintes toujours nouvelles m'assiégeraient.
L'appréhension de m'abandonner encore a mon délire ne me quitterait plus. Quelle situation et quelle lutte a soutenir avec ma raison.
Puis Albert , que je ne pourrais voir non plus sans trouble. A chaque minute, je croyais qu'il avait lu au fond de ma pensée que mon secret ne m'appartenait plus
Sa iraîlé me semblait railleuse, et s'il
1,1 \ Mil VM s
devenait pensif, je nie figurais (ju'il cônlenail -.1 colère et qufalle all.nl éclater au premier moi que je prononcerais.
Celte position était intolérable : il fallait 3 mettre fit).
i>m> je songeai à Marie, \ mes torts envers elte.
Bb restant^ il me fendrai! aussi ehaagerde conduite avec elle. Je ne «l<j\ai> j>as achever de la compromettre , ai mon assiduité. El >i, en effet, je ne m'abusais pas, si Mario m'aimait, (fevais-je la tromper ?
Yriaii-il pas indigne de chercher auprès d'elle a donner le change à mon amour; -1 1 avais pu être excnaahle en
cédant à un entraînement irrésistible, rien ne m'aurait justifié en agissant froidement. C'était une nouvelle lutte que je ne devais pas essayer de tenter, car le succès, quel qu'il fût, devait briser le cœur de Marie. Coupable, ses remords m'eussent été un reproche affreux, innocente, son amour aurait gémi de ma froideur.
La droiture de mon esprit, le respect que je me devais a moi-même , me dictaient la seule conduite digne d'un honnête homme.
Ma résolution fut donc décisive, je devais partir.