‹ Arthur de VarennesChapitre 6 sur 19 · DE \ PRENNES · texte numérisé non relu

DE \ PRENNES

le donnai i<>u- les ordres nécessaires pour mou prompt retour à Paris.

J'allai ii Melun faire mes adieux à Albert, à Berthe.

J'étais embarrassé de leur annoncei mon brusque départ.

Comment recevraient-ils cette nmivelle .'

Nous étions dans les derniers jouis de lévrier, et s'il n'était pas extraordinaire d'arriver à cette époque à taris, car c'est bien alors la saison du monde, des hais, des plaisirs; n'en trouveraientils pas moins bien étrange que je lc> quittasse aussi précipitamment pour

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aller me jeter dans le tourbillon des joies parisiennes.

Mais cette considération ne pouvait me retenir; il fallait partir. En remplissant un devoir, je puiserais dans ma satisfaction le courage et les forces nécessaires pour accomplir ce douloureux sacrifice.

— Comment, mon ami, s'écria Albert, vous partez, vous nous laissez, ah! je ne puis le croire encore!

— Je vous l'ai dit, mon cher Albert, une lettre fort pressante, un service qu'on réclame de moi , n'ont pu laisser aucune hésitation enire mon devoir et mes regrets. Vous-même, à ma place.

\<ms agiriez ainsi qae moi; ce xnvi ne m'appartient pas tout entier, sans cela, je vous ferais juge de ma position, el

vous verriez qu'il n\ a pas a hésitop*.

— 11 faut le (Tonv, mon ami , dit Bertbe; Arthur eai généreux, <-V^t on noble cœur; s'il part, s'il nous quitte après s être trouvé bien auprès de n< après surtout qu'il &A convaincu (!* bonne amitié que nous lui portons, c que sa présence est nécessaire ij d'autres \ c'est qu'il sali Incn que nou l'apcuserpns pas <le nous laisser poijr aller chercher des plaisirs plus brillants peut-être, mais moins doux <jue <vu\ qu'il a goûtés ici.

Et puis, continua«t-elle, vous nous reviendrez, ce n'est pas une absence éternelle, car alors vous ne m'en verriez pas prendre mon parti aussi facilement.

— Oui, madame, oui, je reviendrai.

L'espérance de vous revoir, de presser encore la main a mon cher Albert, me donne seule du courage ; sans cela croyez-le bien, je n'aurais peut-être pas la force départir!

— Qu'il en soit donc ainsi que vous le voulez, mon cher Arthur, dit Albert, mais; je vous le jure ici , si vous ne revenez pas bientôt à Livry, ce sera moi qui irai vous rendre une visite à Paris. Il y a longtemps que je n'ai été y faire

ni; VAMUfNES. 1<> »

un voyage; et je vous pria de croire que je ne bisserai certes pa^ échapper l'occasion daller vous iironderd'a\oir manqué a voire promesse el «le \on> pardonner en vous pressant dans mes liras ! Mais partez-vous si vite, et ne nous reverrons-nous pas eneore une Ibis?

— Non, mon cher Albert, eel adieu est le dernier; c'est quand une action est difficile à accomplir qu'il faut appeler à son aide la résolution el la précipitation, et convenez que je suis dan cas-là.

Je compte ne mettre en route ce soir ; j'ai quelques visites indispensables a faire avant mon départ... Cependant, il

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y aurait moyen de nous revoir encore aujourd'hui; venez dîner avec moi, et en sortant de table vous me mettrez en voiture; j aurai pressé la main d'un ami la dernière, et cela me sera d'un bon espoir pour la suite de mon voyage.

— Eh bien, Arthur, je vous le promets, dans quelques heures nous nous retrouverons à Livry.

— Quoi, Albert, dit Berthe, vous me laisserez ainsi seule ; moi, qui suis déjà si attristée par le départ de notre ami. Savez-vous le moyen que je vais employer pour dompter ma tristesse ; ce sera d'aller la partager avec une autre. J'irai trouver Marie, et à nous deux nous pen-

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serons mieux au cher absent N'est- » pas,

Arthur que vous approuvez mon 'projet, ot qu'une fois en roule vous donnerez quelques pensées au petit salon bleu où Marie nous a reçus tant de fois, el ou nous serons seules ce soir à nous regretter. — Ah! madame, votre sensibilité m'émeut si vivement que je crains tes suites de mon attendrissement Ménagez-moi, Bertheje n'aurais pas la force de nous quitter.

11 le fallait pourtant; prolonger plus longtemps cettesituationétait impossible, mon courage m'abandonnait; je m'arrachai d'auprès de Berthe, et mes regards seuls lui dirent lout mon désespoir.

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