‹ Arthur de VarennesChapitre 8 sur 19 · I - S AKMiUK · texte numérisé non relu

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et des images que j'élevais dans les relations qui m'avaient toujours été si douces et si précieuses.

Sa pâleur, son trouble, lorsque je lui fis part de mon prompt départ, me confirmèrent davantage encore dans le soupçon que j'avais conçu de ses sentiments pour moi. L'anéantissement que lui causa sa douleur, n'eut que la durée d'un éclair; sa raison, son courage dominèrent un moment de peine cruelle, et elle reprit l'empire de sa dignité ; mais le combat avait été bien pénible.

Je ne restai point spectateur indifférent de ses souffrances ; je la comprenais trop pour ne pas m'y associer.

1 18 tauvro Marie, j'étais bien malheureux

-in-

— Ah ! madame, lui dis-je, que prouve dt tristesse en quittant cétf lieux. Von - -, n'est-ce pas, qi

toul mes regrets. C'éiaij presque le bonheur que j'avais tro dans les habitudes de société que Melun molli-ail. La chaleureuse amitié d'Albert avait ranime mon àme! Son expansif intérêt pour tout ce qui mè loucl sa délicate sollicitude, allaient droil a mon cœur. Ah î l'affection, le dévouement que je lui ai voués 9on1 inaltérables >n < i tignemenl au lieu do dirai-

ï\§ ARTHUR

nuer ces sentiments ne pourra que les accroître.

— C'est la faculté dés sentiment vrais, me dit Marie ; le temps, l'absence, diminuent et atténuent une affection légère et peu profonde ; mais celle qui trouve une véritable force en soi, celle-là, le temps l'agrandit, la distance la rend plus chère encore, et elle s'accroît des privations que lui apporte l'absence!

— Voila donc la dernière fois que je revois ce charmant petit salon. J'y ai passé de bien douces heures ! Auprès de vous, madame, le temps fuyait avec rapidité. Combien ma pensée me ramènera vers le tableau de ces moments

charmants si vite écoulés. En invoquant

mes 'l telle (ri,>

ivai lanl de I wse sm'

cette '"• *ous

occapanl I un ouvrage «le tapisserie aux

couleurs vài ié

— En oubliant bien souvent mon ouater, monsieur î...

Mais, ce qu'il faut vous rappeler aussi, ce sont nos soirées où Berthe est toujoui . d'un caractère uni, où Alberl

est d'un enjouement sans égal; il- sont ion deu* -i admirables <!<• bonheur !

—Oui, vous dites vrai, il> offrent l<*

félicité parfaite, «*î sn no

s lurail lu leqr em ier quand on les v<»if

118 ÀKTlilR

si dignes du sort heureux qu'ils se doivent mutuellement. Berthe nie parle souvent des premières années de la jeu*, nesse d'Albert; il paraît qu'il ne fut pas toujours d'un caractère ni d'une conduite fort raisonnables ; qui s'en douterait en le voyant maintenant; c'est un homme de mérite. S'il a été léger, inconséquent, il répare bien les fautes de sa jeunesse!

— On pourrait presque dire de son enfance, madame, car, lorsque j'ai connu Albert à Paris, j'avais seize ans et lui dix-huit. J'étais encore un enfant ayant un fort sévère gouverneur. Il n'en fut pas ainsi d'Albert ; c'était déjà un homme,

Di.

el un tioaiine a bonues fortum bien posé dans le monde, ayant beauco ip d'argent el le dépensant foff générai ment, il menai! toul à fail une existent de grand seigneur quand je e

çai moi-même a me lancer a mon \ il disparaissait, ou oubliait le h de la veille pair s'occuper de celui du lendemain, el lous ces brillants gens qui] nommait ses amis ne venaient plus de lui, et l'auraient renié >'il a va il fait un appel intéressé à leurs

anciens souvenirs ' Heure ;|. il fie

i pas eni r lm

oie idei qui amcnenl l'< ; ri

iiO ARTHUR

prodige de l'amour a opéré eu lui un miracle. Qui pourrait donc nier que l'amour est#le sentiment qui nous rapproche le plus de la divinité et que son pouvoir est surnaturel !

L'arrivée de M. Dusolier et de Desroclies abrégea ma visite et mes adieux a Marie.

On accuse les femmes de dissimulation; mais leur tient-on compte des souffrances intérieures qui les étouffent. Au nom du devoir on leur ordonne une abnégation et des sacrifices continuels ; et cette dissimulation dont elles s'arment pour cacher le fond de leur penée pourrait so uvent prendre le nom de

vertu au lieu de celui <!<• fausseté, il en était l>i<M) ainsi de Marie, <i sou anxiété, son trouble, me firent un mal affreux !

De lil promis <!<v m<'

voir encore el d'accompagner Albert à l.ivn.

une profonde amitié n'existait entre nous, et si notre liaison n était point dans les mêmes termes «ji; qui m'unissait à Albert , je n'en éprouvais pas moins |»f>'.!r c * jeune homme une \ ive préféreno

il étail bien de manières el je l'ai toujours vu parfait le conv< tmnee ^our moi.

Ni M. »ii madame de

trouvèrent chez eux, lorsque je m'y rendis pour leur faire ma visite de départ. Je déposai ma carte et je me proposai de prier Albert de leur témoigner tous mes regrets de ce contre temps qui m'empêchait de prendre leurs commissions pour Paris.

il me restait encore à aller à Nangis, et j'en aurais fini avec toutes les nécessités de convenance.

Ce n'est pas toujours de prendre une détermination pénible qui demande du courage ; ce sont tous les petits incidents qu'une décision entraîne a sa suite, qui Rendent parfois plus cruelle encore une

action qui déjà nécessitai! une gran force d'âme.

voulu m'élourdir sur mon , m'\ retrouver insl xi ma pensée n'aurai! pas quitté Meluu. Ce fui une véritable torture que lui m'était cher. Il ûblail que tout c qui I ■ Berthe

iil partie d'elle-même. Sa société, empruntaient le reflet d< ne; il> me plaisaient, il j avail délie <'n eu

réprouvai une certaiue appréhension en ni à me iv. i - a , La

oeval mVi-

124 ART HCR

A quelle cause allait-elle attribuer mon dépari? Je craignais les investiralions de sa perfidie. Celle qui n'avait pas reculé devant une calomnie infâme, que rien n'avait provoquée, et qui subissait les instincts de sa nature perverse en soupçonnant ei en allant chercher le mal, là où sa pensée n'aurait dû pénétrer qu'en tremblant, celle-là ne croirait pas au prétexte dont je colorais mon retour à Paris. Je frémis qu'elle, ne soupçonnât la véritable cause de ma fuite, et je me dis que mentir avec assurance, était nécessaire, et crue le mensonge alors aurait le mérite d une vérité.

Mes craintes n'étaient pas exagérées-

fut de la stupeur qu'éprouva ma dam levai «i l'annonce <l<i mon dé-

— Eh! quoi, monsieur te vicomte Qie dit-e ille résolution soudaine , el

qui aurait jarn nsé que vous d

quitteriez ainsi? Gomment, vous retour-

i tant?

tonnez Livrj , Melun, »>u yous aviez trouvé de si charmantes distractions. Vraiment; vous m'en voyez forl sur; • i je ne m'attendais pas ;» la

à manu — lit [ue mon dé-

part est un peu bru I il a fallu

loule 1 i . lé pour

120 Aïimim

me résoudre ainsi à quitter les lieux où, comme vous l'avez fort judicieusement remarqué, je me plaisais beaucoup. Paris; certes, ne m'offrira pas une réunion aussi intime que celle 'que j'ai trouvée ici, et je me souviendrai, pour les regretter, des jours trop vite écoulés que j'y ai passés. Mais au reste, mon séjour à Paris sera de peu de durée, je l'espère, et ma courte absence me fera mieux sentir encore les douces jouissances que j'abandonne pour ne trouver ailleurs aucune compensation qui puisse me les faire oublier ; et je reviendrai avec la conviction certaine que des amis véritables sont un présent des dieux*

— . fin des oonnaissan-

qui portent ce nom. Quell<

, s itfdiflërenls,

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un boinme quand

varient si souven! ?

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vus ; mais savi

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n;ii. . tt-on ? A

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me c mtinuelle repi ilation ; on

. on joui

128 JUITHUR

meilleur acteur est le héros a la mode. Souvent fatigué du rôle qu'on a entrepris, on dépose le masque, et tel qu'on avait connu dune gaîté entraînante, redevient méfiant, soupçonneux. C'était d'abord une nature bonne, expansive.

généreuse. On Fa trompé, et il s'est mis a douter de tout le monde. Puis il s'est dit qu'il ne devait croire a rien, qu'il faut dans la société ne pas prendre la peine de tromper, mais mépriser : qu'on ne doit pas s'attacher, qu'il n'y a rien de véritable que le plaisir ; et de la une gaîté forcée qui ne peut durer, elle n'est pas vraie; car un jour le découragement arrive et on se remet a chercher et à

DE n 1:1 vv:s. 1 29

tâcher de douter quen elel dans le nioiule toul est mensonge, «( que ne pas laisser voir toute sa pensée est une nécessité,

En province, il n'en peut-être ainsi; la vie esl plus a découvert. Si l'on rencontre des esprits doués d'une haute <mpacité,et qui laissent de côl j les petites misères qu'engendreni souvent des propos malveillants , redits et propa avec emphase, on peut les étudier a tond. Ce qu'ils laissent voir de leu timents, on ose le croire; la dissimulation est bien difficile a toute heure el a tout instant du jour. De près, on ne

juge pa^ les gens seulement sur des pa-

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