‹ Arthur de VarennesChapitre 9 sur 19 · II · texte numérisé non relu

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rôles, ce sont bien plus les actions qui nous guident dans l'appréciation d'un caractère.

Dans une petite ville, tout est ostensi* ble. Ne peut pas se faire vertueux qui veut, généreux qui est avare, bon qui est méchant. Le voile dont on s'envelopperait le mieux, il y a toujours une main pour le soulever et pour mettre au jour les choses les plus cachées.

— Vous préférez donc la province a Paris

— Je ne dis pas celu, madame, et celte pensée est loin de mon esprit; je crois seulement que Paris est peut-être

DE \ \m \- loi

moins vrai que la province dans l'expn Momie ses sentiments.

— Eii! quoi, s'écria M. Renneval à peine miré dans le salon <>ii me recevait s;» femme, que viens-jed apprendre monsieur le| vicomte, nme oous quill vous aile/ à Paris: est-ce vrai, et celte nouvelle n'est-elle pas prémafurt

— Je faisais en effet, monsieur, mes adieux a madame; je désespérais d'avoir L'honneur de vous voir, et j'aurais madame Renneval d'être mon interprète auprès de, vous. Ha présence tout ii bit oécessaîre à Paris, et je m'empresse de m \ rendre* On ne trouve pas tous les jour- le moyen d •

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un ami, et j'ai pour règle inviolable de ne jamais laisser échapper l'occasion d'être utile. En pareille circonstance je trouve que la meilleure manière de prouver qu'on a du plaisir à obliger, c'est de ne mettre aucun relard dans l'accomplissement d'un service.

— C'est un précepte fort sage, on est

heureux d'inspirer de pareils dévofiments, dit M. Renneval.

— Et cornaient M. de Simiane a-t-il pris la nouvelle de votre prompt départ, reprit madame Renneval !

— Albert comme moi, madame, nous regrettons tous deux une si brusque séparation.

Ce fui en vain que la belle Hertninie lenta de connaître la cause de mon départ; j'observai mes moindres paroles, el je la quittai en la laissanl un peu désappointée, mais n'ayant certes pas pu pénétrer le fond de ma pensée.

Albert et Desroches vinrent me retrouvera Livry, comme ils me rayaient promis.

Il lui triste le dîner îles adieux !

L'agitation de mon âme était grande!

I 1 1 léger bruit, une parole même me faisaient tressaillir. II me semblait toujours qu'an dernier moment UU événement allait surgir qui empocherait mon départ, le ne croyais plus possible tic

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quitter des lieux où mon cœur restait tout entier. Je le devais pourtant. Tout en prolongeant un dernier entretien avec mes amis il fallait y mettre fin. Je ne pouvais leur laisser voir mon hésitation ; n'auraient-ils pas trouvé mon trouble extraordinaire, et comment eussent-ils qualifié mon désespoir s'ils l'avaient entrevu.

Je réunis toutes mes forces, tout mon courage, je me dis que l'instant était décisif, qu'il n'y avait plus a hésiter ; que le repos, la tranquillité, le bonheur d'Albert dépendaient de ma résolution. Je me demandai si son ardente amitié ne m'était pas chère ! si je voulais recon-

iid i ii < la loyauté de se i manières |>;n la lâcheté dune trahison. Non que je me figurasse que Berthe Berail jamais sensîl>l«i ;i mon idolâtrie peur elle, Mais, n'est-ce pas lernir I leté d

femme que de la mettre en butte aux désirs violents d'un amour impétuei

Ces reflétions curent le pouvoir de calmet les palpitations de mon cœur.

Quand un homme loyal fail an appel é et ;• la dignité caractère, il esl bien r.uv que ses ;i<-! ne soient pas marqué >s ; l'honneur. I • m ainquis enc

celte lois que vouloir triompher de même n'esl jamais impossible, el qu

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nos passions nous dominent, il y a en no;js une voix qui, lorsqu'elle parle de vertu, est plus forte, quand nous l'écoutons, que toutes les tentations des suggestions mauvaises.

Une énergie courageuse m'aida donc h accomplir mon sacrifice ; et si je quittai Livry avec désespoir, le cri de mon âme douloureusement blessée trouva dans ma conscience un écho qui redit mes plaintes, mais en les affaiblissant!

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