CHAPITRE SIXIEMlil
Cûut'u.
Deux mois après l'arrivée de madame de Verteuil à Serval , le triste aspect de cette antique demeure me semblait entièrement changé; tout à mes yeux était épanoui, frais, rayonnant... J'aimais Hélène!
Plusieurs de nos voisins de terres , jusqu'alors repoussés par la sombre misanthro-
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pie de mon père, lenti;rent quelques avances auprès de moi ; je me sentais si heureux, qu'avec celle facilité bienveillante que donne le bonheur, et qui n'est que de l'indifférencepour tout ce qui n'est pas notreamour, j'acceptai ces relations du voisinage; et bientôt Serval , sans être très bruyant, fut du moins beaucoup plus animé qu'il ne l'avait été depuis bien long- temps.
J'étais tellement absorbé par mon amour, que je ne réfléchissais que rarement, et presque malgré moi , au changement qui s'était opéré dans ma douleur. Il y avait environ neiifmois que j'avais perdu mon père, et pourtant ce souvenir , d'abord d'une amertume si incessante, s'affaiblissait peu à peu : j'avais commencé par aller chaque matin au cimetière, puis j'y allai moins; plus tard enfin , je remplaçai cette triste et pieuse visite par quelques heures passées chaque jour à méditer devant le portrait de mon père.
J'avais fait mettre ce portrait dans un cadre fermé par deux battants, pensant que
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c'est profaner l'image de ceux qui nous sont chers , que de les laisser exposes aux yeux des insouciants , et aussi, qu'une telle contemplation, à laquelle on vient demander de hautes et sérieuses pensées , devait être préméditée, et non due au hasard qui pouvait y porter nos regards; le cadre qui contenait ce portrait élail donc pour moi une sorte de tabernacle, que je n'ouvrais jamais qu'avec un douloureux et saint recueillement.
Mais , hélas ! ces méditations , d'abord journalières, devinrent aussi moins fréquentes, et par cela même que mes yeux ne se pouvaient habituer à voir avec indifférence celte image sacrée , que je contemplais de plus en plus rarement, je ne saurais dire mon impression presque craintive, quand j'ouvrais ce cadre : le cœur me battait horriblement en regardant la sévère et pâle fissure de mon père, qui semblait sortir de la toile avec son imposant caractère de calme et de tristesse, et venir froidement constater mon ingratitude et mon oubli de sa mémoire, qu'il m'avait, hélas ! prédit.
Alors, ('pouvante, je fermais brusquement le cadre, et je pleurais, maudissant mon indifférence; mais ces regrets déchirants duraient peu, et je sentais une indicible angoisse , en me disant : « J'éprouve à cette heure une sensation cruelle, et pourtant, demain, ce soir peut-être, je l'aurai oubliée, et je serai souriant et heureux auprès d'Hélène!... ^>
Non! rien ne pourrait exprimer le pénible ressentiment de cette pensée, qui, venant insulter à ma douleur, m'en démontrait la vanité prochaine, au milieu même du désespoir le plus navrant et le plus vrai.
Enfin , je l'avoue à ma honte , étant demeuré près d'un mois sans ouvrir le cadre, j'eus l'incroyable lâcheté de ne plus oser y jeter les yeux , tant je craignais cette sorte d'apparition redoutée... ce fut plus tard que je la bravai... et on verra combien ce fait insignifiant en soi réagit sur ma destinée tout entière.
Ces impressions , qui me frappent maintenant que je les analyse à froid, m'agitaient
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sans doute plus confusément alors; mais bien qu'absorbé dans l'enivrement d'un premier amour, je sentais néanmoins leur réaction sourde et cruelle.
J'ai dit que j'aimais Hélène ; les phases de cet amour furent bien étranges, et me révélèrent de misérables instincts d'égoïsme, d'orgueil et d'incrédulité jusque là endormis en moi.
Jamais, hélas î je n'oserai bldrner n^on père de m'avoir donné les terribles enseignements que j'ai dits, mon bonheur était son vœu le plus ardent ; mais de même que certaines plantes sauvages et vigoureuses, transportées dans un sol trop faible pour les nourrir, le dévorent vite , pt s'étiolent sans fleurs et sans fruits; évidemment ma nature morale n'était pas assez forte pour profiler d'aussi formidables préceptes; chez mon père , ces rudes et sombres convictions s'épanouissaient au moins en bienveillance cf en pardon pour tous : chez moi cette sève généreuse et puissante manquant, la tige devait demeurer dans toute la tjùste nudité
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de sa noire écorce, et ne fleurir jamais.
Revenons à Hélène, bien qu'à cette heure quelques uns de ces souvenirs me fassent encore rougir de honte.
C'était mon premier amour de cœur, et comme tout premier amour, il fut d'abord naïf, imprévoyant, étourdi , se laissant aller en aveugle au flot riant et pur de la passion, se berçant aux premières harmonies du cœur qui s'éveille, et cela, selon le vieil emblème mythologique, les yeux fermés pour ne pas voir l'horizon.
Ces trois mois d'insouciance de tout avenir furent néanmoins délicieux, et j'ai toujours plaisir à me rappeler les moindres détails de ces heureux moments.
Peu de temps après l'arrivée de madame de Yerteuil et de sa fille à Serval, je demandai un jour à Hélène de monter à cheval , comme son amie, qui pour sa santé se livrait à cet exercice. J'avais fait venir d'Angleterre deux poneys fort doux, car Hélène était extrêmement peureuse. Avant que de la décider à tenter avec mademoiselle de Yer-
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teuil et moi quelques excursions hors du parc, il me fallut , pour habituer ma cousine à vaincre ses premières frayeurs, la promener longuement au pas, moi à pied auprès d'elle.
Rien de plus charmant que ces petits effrois de ciiaque minute qui venaient colorer la douce pâleur de son beau visage, dont la partie supérieure, abritée du soleil par un large chapeau de paille, demeurait dans le clair-obscur le plus transparent et le plus doré, tandis que sa bouche purpurine et son joli menton brillaient vivement éclairés. Elle était toujours vêtue de robes blanches , avec de larges ceintures de moire grise, qui marquaient sa taille, si flexible et si mince, qu'elle ondulait courbée, comme un roseau sous la brise, à chaque pas de son poney d'Ecosse tout noir, dont la longue crinière et la longue queue flottaient au vent.
Je tenais la bride, et Hélène, au moindre mouvement du petit Blak , se hâtait d'appuyer avec crainte sa main sur mon épaule:
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terreur qui excitait les naïves railleries de mademoiselle de Yerteuil , qui, beaucoup plus intrépide que son amie, nous laissait souvent seuls , en partant rapidement pour encourager Hélène.
Ces promenades se faisaient habituellement dans une immense allée de chênes touffus et partout gazonnée. Tant que mademoiselle de Vertcuil restait avec nous , J'étais gai, causant, et Hélène, toujours rêveuse, semblait néanmoins s'animer un peu; mais dès que Sophie nous abandonnait , nous tombions dans d'interminables silences dont j'avais bien honte, et qui pourtant me semblaient délicieux.
Depuis quelque temps j'avais écrit à Londres à un de mes amis de m'envoyer des chevaux choisis, quelques gens d'attelage et plusieurs voilures, mon deuil étant près de finir.
L'arrivée de ces équipages fut une sorte de petite fêle à Serval : je l'avais tenue secrète . et je me souviens de la joie enfantine et naïve d'Hélène, lorsqu'un beau soir d'août,
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ayant désiré se promener dans la forêt, au lieu de voir arriver devant le perron une de nos voitures ordinaires , elle vit une charmante calèche à quatre chevaux noirs , menée en d'Aumontpar deux petits postillons anglais, vêtus de vestes de stof gris perlé.
Elle y monta avec sa mère et son amie. Je les accompagnai à cheval dans cette magnifique forêt , et nous revînmes au pas au château par un beau clair de lune, qui rayonnait de la manière la plus pittoresque dans les sombres et immenses allées de nos grands bois.
A propos de cette promenade , je dirai que je n'ai jamais rencontré de femme à qui le luxe allât mieux qu'à Hélène, ou plutôi; qui donnât meilleur air au luxe ; il y avait en elle une grandeur , une grâce si involontaire et si enchanteresse, qu'il était impossible de ne pas se la représenter toujours entourée des miracles du goût le plus pur et le plus parfait. Aussi , sans être remarquablement belle, Hélène eût été sans doute de ce très petit nombre de femmes dont on ne songe
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jamais à admirer la toilette, la voiture ou l'hôlel, de quelque exquise et suprême élégance que tout cela soit : leur seule présence harmonisant et s'assimilant, pour ainsi dire, toutes ces merveilles. Tant de gens sont les enseignes, les accessoires ou les contrastes de leur luxe! et si peu savent lui donner ce rare et adorable reflet, peut-être comparable aux rayons du soleil, qui seul peut embellir encore les plus hautes magnificences!
Un jour , au retour de cette promenade et en attendant le thé, Hélène demanda de rester dans le salon sans lumièi^e et de faire ouvrir les fenêtres . afin que la lune pût y jeter sa douce clarté; sa mère y consentit.
Pxien n'était plus mélancolique que cette vaste pièce ainsi éclairée; aussi la conversation, d'abord assez animée, tomba peu à peu.
Ma tante avait parlé de mon père; ce souvenir nous attrista tous différemment : à elle, il rappela un frère aimé; à madame de Yerteuil , le sort funeste qui jieut-êlre menaçait sa fille; et à moi , de nouveau, mon Coupable oubli.
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Eienlôt nous gardâmes tous le silence; j'étais assis à côlé d'Hélène, ma tète dans mes mains. Je ne sais pourquoi je me reprochaipresqueceluxequeje déployais déjà; j'éprouvais un remords puéril en songeant qu'au lieu de faire notre promenade habituelle dans la voiture sombre et ancienne qui avait appartenu à mon père , et menée par des gens qui avaient été à lui , je m'étais servi d'une voiture leste, élégante, conduite par des domestiques étrangers. Encore une fois , rien de plus puéril sans doute; aussi , je ne comprends pas pourquoi cela m'affecta péniblement.
Après quelque temps de réflexions , je laissai retomber ma main sur l'appui de mon fauteuil : j'y trouvai la main d'Hélène, je rougis beaucoup, et mon cœur se serra étrangement; lorsque Hélène sentit ma main, la sienne devint froide presque subitement, comme si tout son sang eût reflué vers son cœur; je n'osais ni retirer ma main, ni presser la sienne : aussi je la sentis peu à peu se réchauffer, et bientôt devenir bru-
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lante... Aux Iressaillemeiils nerveux de son bras charmant, j'aurais pu compter les battements précipités de son sein... Je me sentais faible , et j'éprouvais une impression à la fois ineffable et triste. . .
0 sérénité candide des premières émotions, qui vousremplacerajamais! O source si pure à sa naissance! que sa fraîcheur est délicieuse, lorsqu'elle murmure paisible, craintive et ignorée , sous quelques touffes de verdure; mais, hélas! combien elle perd de son charme le plus attrayant alors qu'elle baigne et reflète indifféremment toutes les rives, dont les débris souillent à jamais le courant de ses eaux troublées! ....
J'aimais Hélène avec passion, avec idolâtrie , et pourtant je n'avais pas encore osé lui faire l'aveu de ma tendresse.
Un jour, nous nous promenions avec mademoiselle de Yerteuil , qui avait été au couvent avec Hélène. Je ne sais à quel propos on vint à parler de fêtes et d'anniversaires; lout-à-coup mademoiselle Sophie de Yerteuil
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se mit à dire étourdiment à son amie, en me regardant : « ïe souviens-lu, Hélène, de nos transes de petites filles quand iu fêtais sa fête ? »
Hélène rougit beaucoup, fit un mouvement de déj^it , et répondit brusquement à son amie : « Je ne vous comj^rends pas. w La pauvre enfant se tut, et nous rentrâmes tous trois fort tristes.
Le lendemain , rencontrant mademoiselle de Verteiiil dans la bibliothèque, je voulus savoir d'elle le sens de ces mots qui, la veille, avaient paru faire tant d'impression sur Hélène. Après de longues hésitations , elle finit par m'avouer qu'au couvent, chaque année, Hélène célébrait ma fête avec une solennité enfantine : les préparatifs se bornaient à acheter un gros bouquet de fleurs qu'elle nouait avec un beau ruban, sur lequel elle avait mystérieusement brodé les initiales de mon nom ; et puis elle allait poser ce bouquet sur un vase de marbre qui gisait mutilé dans un coin retiré du jardin du couvent , et passait ses heures de récréatian en
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prières devant ce bouquet, demandant à Dieu un heureux voyage pour moi.
Mademoiselle de Yerteuil ne tarissait pas sur les terreurs d'Hélène , alors qu'elle craignait d'être surprise en brodant le ruban , et de ses mille tentatives souvent inutiles pour se 2^rociirer un beau bouquet.
Que sais je? tous ces enfantillages me furent contés si naïvement par mademoiselle de Yerteuil, que je fus ému de surprise et louché jusqu'aux larmes; car avant de partir pour mon voyage , pendant quelques séjours qu'Hélène était venue faire à Serval, je ne l'avais jamais considérée que comme un enfant.
Depuis le soir où j'avais par hasard rencontré sa main sous la mienne , Hélène semblait m'éviter; sa taciturniîé habituelle augmentait; son caractère, jusque là doux et égal , devenait brusque ; elle restait souvent des heures enfermée chez elle , ses volets fermés, dans l'obscurité la plus complète.
Je souffrais moi-même beaucoup; j'étais
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inquiel , préoccupé, il me semblait qu'un aveu de ma part aurait dû rendre Hélène au calme et au bonheur; mais une invincible timidité retenait cet aveu sur mes lèvres.
Ln soir pourtant, qu'Hélène était moins abattue et moins triste que de coutume, je l'accompagnai dans sa promenade à cheval; je me promis d'avoir le courage de lui avouer mon amour, mais seulement lorsque nous serions dans l'immense allée de chênes dont j'ai parlé... isous y arrivâmes... Mon cœur battait horriblement... mais je n'osai pas...
Honteux et dépité, je pris une résolution nouvelle, et je me désignai à moi-même un temple de marbre qui divisait l'allée, comme le point où je devais tenter un nouvel effort. Arrivé là, ma vue se troubla, mon cœur se serra , je ne sus que dire d'une voix étouffée : Hélène!... puis je restai muet.
Elle tourna vers moi ses grands yeux humides et brillants à lafois ; elle me parut pliis pâîe que d habitude; son sein était agité; elle semblait m'interroger de son regard I. 10
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pénétrant, et vouloir lire au fond de mon cœur...
— Oh! Hélène ! — repris-je encore , et je ne sais quelle stupide et insurmontable timidité m'empêcha de dire un mot de plus...
Alors elle, avec une expression de douleur et presque de désespoir que je n'oublierai de ma vie , s'écria : « ^-/Hez ! vous n aimerez jamais rien... l'^ous serez toujours malheureux !. . . »
Puis, comme épouvantée de ces paroles, donnant un coup de houssine à son poney, elle partit au galop. Immobile , je la regardais s'en aller, lorsque je m'aperçus qu'elle arrivait avec rapidité sur une barrière qui fermait l'entrée de l'allée : je frémis ; mais elle, si peureuse ordinairement, laissa franchir cet obstacle à son cheval, et je la perdis bientôt de vue dans la profondeur des bois.
Resté seul, ces mots d'Hélène, dits avec
tant d'amertume : « ^llez ! vous n aimerez
jamais rien. Trousserez toujours malheureux !»
me causèrent une sensation étrange ; je com-
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pris que c'était presque un aveu que mon silence stupide lui arrachait, et je sentis combien j'avais dû lui sembler ridicule.
Puis enfin, pensant à son trouble, à ses réticences, je ne doutai plus qu'elle ne m'aimât; et cette espèce d'aveu de sa part me ravit si profondément , que je restai longtemps ivre de joie à me promener çà et là comme un insensé, sans pensées fixes, sans projets, mais heureux oh! profondément.... heureux d'un bonheur ineffable mêlé d'un radieux orgueil.
Enfin , la nuit venue, je retournai au château. En entrant dans le salon , j'y vis Hélène : son teint était animé , ses yeux brillaient d'un singulier éclat ; assise au piano, elle jouait lentement et de la manière la plus expressive, la Dernière pensée deWeber, cette phrase musicale d'une mélodie si suave et si mélancolique.
Lorsque Hélène me vit , elle me dit : « Avouez que je vous ai fait bien peur, n'estce pas ? » Et sans attendre ma réponse , quittant le morceau qu'elle jouait, comme
s'il avait dû trahir la tristesse des pensées de son cœur, elle se mit à exécuter une valse très rapide et très gaie qu'elle accompagna çà et là desa voix, qui me parut vibrer d'une façon extraordinaire...
Sa mère et mademoiselle de Yerteuil se regardèrent, et semblaient aussi stupéfaites qvie moi de ce brusque accès de gaieté , si opposée au caractère habituel d'Hélène , qui continuait de jouer valse sur valse avec la joie bruyante d'un enfant.
Je ne sais pourquoi cette allégresse si peu naturelle me fit mal , tant elle paraissait nerveuse et folle. En effet, au bout d'une demi-heure de cette sorte de spasme, Hélène pâlil tout-à-coup et s'épanouit.
Huit jours après cette scène, Hélène savait mon amour et m'avait avoué le sien.