‹ Arthur (volume 4)Chapitre 30 sur 58 · JOURS DE SOLEIL · texte numérisé non relu

JOURS DE SOLEIL

SOUS de grosses touffes de sabiniers à campanules orange, et d'yponiéas , dont les fleurs roses en corymbe sont à rintéiieiir du pourpre le plus vif

Ce sont encore d'inunenses allées, à la voûte impénétrable au jour , tapissées de gazon, qui aboutissent à un bémicycle de verdure assez rapproché du palais.

Ces allées sont si touffues , si longues , si obscures , qu'on ne peut en apercevoir la fin ii travers la vapeur bleuâtre dont leur perspective indécise est voilée.

Enfin , au premier plan de ce tableau et de })lain-pied avec ma fenêtre , est une terrasse de marbre blanc à lourds balustres , aussi ornée de vases et de statues, d'où Ton descend par un large escalier circulaire jusqu'aux bords du canal.

Abritée par le palais, une moitié de cet escalier est dans l'ombre ; l'autre e^ inondée de soleil. — Sur une des premières marches, un nain noir, que j'ai fait bizarrement habiller d'un pourpoint écarlate , à la vénitienne, est couché près de deux grands lévriers de la plus haute taille et de la plus belle forme.

l'ar nu cajjricc de la luinirn' , le ikiIii , cliau-

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(I('i)i('iil éclaiiT , so Iroiivc dans la zone d'rblouissantp clarlr , qui srmble couvjir rhaqno niarclif d'une poussière d'or, tandis que Irs lévriers sonl dans l'onihit •, qui se découpe inéf]alement sur les dej^çrés , et jette ses tons gris, bleuâtres et transparents sur le pelajje blanc i\vi^ cbiens acci-ouj)is.

In peu plus loin , en plein soleil , un paon percbé sur la rampe de l'escalier fait miroiter son plumage étincelant... On dirait une pluie de rubis, de topazes et d'émeraudes , qui ruisselé sur un fond d'outre-nier taclieté de noirvelouté.

Des cygnes nagent doucement dans les eau\ du canal , et semblent traîner après eux mille rubans argentés ; de grands flamands roses se promènent gravement sur ses rives verdoyantes en lustrant leur plumage; tandis que, plus loin, deux aras au corps cramoisi glacé de vermeil , se disputant les fruits des lataniers , entr'ouvrent leurs ailes bleu-turquin , et laissent voir le dessous de leurs longues pennes nuancées de pourpre-mordoré, . .

Enfin, se balançant sur une touffe d'amaryllis, un beau papegeai d'un jaune soufre, dont le col reflète les nuances prismatiques de l'opale, déploie sa longue queue blancbe, pendant que

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des hirondelles et des martins-pèclieurs effleurent Teau du canal d'une aile agile

Je viens de relire ces pages, qui traduisent pour ainsi dire mot à mot le merveilleux spectacle que j'ai sous les yeu\. C'est tout, et ce n'est rieji ; c'est à la réalité ce que peut être la nomenclature aride du naturaliste aux magniiicences de la création

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