‹ Arthur (volume 4)Chapitre 4 sur 58 · LE YACHT · texte numérisé non relu

LE YACHT

il est aflVeux; et cependant je suis sur qu'il marche comme un dauphin... Tenez, regardez Timmense envergure de SCS antennes, qu'il vient de hisser.

J'interrompis Falmouth pour lui montrer, à trente pieds au-dessous, son lieutenant Geordy, (|ui, s'avanrant avec précaution le long du rivage, semblait craindre d'cMre vu. Avaif-il à traverser une partie de la grève éclairée par la lune, au lieu de marcher directement, il laisait un détour pour se tapir derrière quelques gros blocs de rochers qui bordaient la côte en cet endroit, et se traînait en rampant.

— Que diable fait donc là Geordy? — dit Falmouth en me regardant avec éloiincment.

\ous continuions à suivre Geordy dvï!. yeux, lorsque nous le vîmes s'arrêter brusquement , se jeter dans renfoncement d'un rocher et s'y blottir.

Par un mouvement d'imitation machinale, l''almoulh et moi nous nous arrèlilmes en même temps. Kntendant alors un bruit de voix, nous avançâmes la tète avec précaution , et nous vîmes aborder la chaloupe qui avait remorqué le mystic à la pointe de la baie.

l ne douzaine de matelots , portant de longs honnels catalans en laine i-ou^e et des vestes

il A U i H l U.

brunes à caimiil, montaient celte embarcation. Vu marin , assis à l'arrière, la gouvernait, il était vèui d'un caban noir, et son capuclion rabattu ne permettait pas de bien distinjjuer ses traits; pourtant je ne sais pourquoi l'ensemble (le sa figure me laisssa une impression désagréable.

Lorsque la cbaloupc eut abordé , Thomnie au caban resta seul, et jeta au\ marins une corde qu'ils amarrèrent à un roclier.

Ces bommes regardèrent d'abord autour d'eux avec inquiétude et circonspection, puis se dirigèrent rapidement vers le gros bloc de roclier qui cacbait Geordy.

A li'ur approcbe, celui-ci lira de sa pocbe une paire de pistolets.

\ous nous regardâmes, Falmoutli et moi, très-indécis sur ce que nous devions faire ; le rocher était à pic, sa rampe se continuait ainsi fort loin ; en cas d'attaque, il nous devenait impossible de soutenir Geordy autrement que par nos cris, et encore, lors même que nos cris eussent mis en fuite ces marins, en dix minutes leur chaloupe pouvait rejoindre le mystic et appareiller avec lui.

Xous étions dans celte perplexité, lorsque les matelots s'arrêtèrent devant le roc qui ser-

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