‹ Arthur (volume 4)Chapitre 42 sur 58 · I.ALF. KIXA IWS · texte numérisé non relu

I.ALF. KIXA IWS

un nouveau silcMice, elle reprit en se relournaiit vers madame de Fersen : — Oui, ma mère, je l'aimerai beaucoup, je l'nimerai comme j'ai aimé han !...

Sa petite iigure prit en disant ces mots um' si ravissante expression de gravité réfléchie (pie je ne pus m'empéclier de sourire.

Afais quel fut mon élonnemcnl lorsque je vis madame de Fersen jeter tour à tour des regards prcscpie stupéfaits sur Irène et sur moi , comme si elle eut attaché une grande imporlance à ce que sa fille venait de me dir<' !

— Quoique je n'aie maintenant rien à envier à rheureuv Ivan, voihi un aveu, madame, qui sera, je le crains bi( ii , oublié dans dix ans (fici, — dis-je à la princesse.

— Oublié.... nujnsieur !.... Irène n'oublie lien... Voyez ses larmes au souvenir d'Ivan...

En effet, deux grosses perles roulaient sur les joues de l'enfant, qui continuait d'attacher sur moi son regai'd à la fois li-istc, doux et interrogatif.

— Mais quel él.iit donc cet Ivan, madame? Les traits de madame de Fersen s'assombri-

i'enl,etel!e me répondit avec un soupir: — han élail un de nos parents, monsieur, qui est mort Irès-jcune, — et elle liésila un moment.., m. i:<

liii MIT m II.

— inorl (l'iinp mort violenlo et aflrouso, il y a de cela deux ans... Irène l'avait pris on si e\trrnio affection que j'en étais devenue presque jalouse, .le ne saurais vous dire la douleur incroyable de celte enfant lorsqu'elle ne vit plus Ivan, qu'elle demandait sans cesse; elle avait alors quatre ans , elle ressentit un chaorin si profond qu'elle tomba très-jjravement malade et faillit mourir. C'est à cette époque que je l'ai vouée au blanc, en suppliant Dieu de me la rendre... Mais ce qui m'étonne extrêmement, monsieur, c'est que depuis deux ans vous êtes la seule personne à qui Irj'iie ait dit qu'elle l'aimerait.

Irène, qui avait attentivement écouté sa mère, me prit la main, et me dit d'un air presque inspiré en levant au ciel ses grands yeux encore humides de larmes : — Oui, je F aimerai comme Ivan, parce qu'il ira bientôt là-haut comme Ivan...

— Irène... mon enfant... que dites-vous!!! Ah ! monsieur, pardon... — s'écria madame de Fersen... presque avec effroi, en me regardant d'un air suppliant.

— Quand je devrais l'acheter par la fin du pauvre Ivan, — lui dis-je en souriant, — lais-

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