‹ Arthur (volume 4)Chapitre 50 sur 58 · I.A TRADITION · texte numérisé non relu

I.A TRADITION

grande pompe, au grand jour, à grand renforl

de musique et d'éclat A Otaliiti (.n y niel

plus de pudeur, ou du moins plus de mystère, l'inlin , après la messe , Tliomme emmène sa ])roie dans sa maison, en lui disant... Viens, ma femme... Eh bien! ma<lame, si ma prédiction se réalise... celui qui, devant Dieu et devant les hommes, aurait le droit de dire si brutalement à mademoiselle votre fille... liens , via femme... lui dira d'une voix douce, timide et suppliante... Venez, ma fianece.

Madame de Fersen me regarda d'un air étonné.

— Oui, madame, car avant tout... oh! avant tout, celui-là respectera avec une pieuse adoration, avec une religieuse délicatesse, celte terreur si chastement sublime de la jeune liMe, qui des bras de sa mère, qui de son lit virginal, se voit tout à coup jetée dans une maison étrangère... Ces frayeurs profondes et involontaires, ces regrets navrants de sa femme, il les calmera peu à peu par les soins charmants, par les prévenances naïves qui n'effaroucheront pas ce pauvre cœur encore tout déj)aysé... Mutin il saura d'abord se faire aitner connue le meilleui' des frères... dans l'espoir de l'être un jour comme le plus heureux des amants, ni. ii

aïo Anriiir..

— Quel d()innia;^(' (|ii(' ce rrvc ne soil (ju'ime charmante folie, — dil madame de Fersen en soupirant.

— Oli ! n'est-re pas, madame î car avouez qno lien ne serait plus adorable que toutes les phases mystérieuses de cet amour, exalté comme l'espérance, passionné comme le désir, et pourtant légitime et permis ! X'est-ce pas que le jour où, après une cour assidue, la jeune femme, enivrée de tendresse, confirmerait par un enivrant aveu les droits si ardemment attendus que son mari n'a voulu tenir que d'elle... n'est-ce pas (juc ce souvenir serait bien durable et bien délicieux à son cœur? à elle? ainsi librement obtenue? \' est-ce pas (jue, plus tard, les galanteries , les empressements du monde lui sembleraient bien pales auprès de ces jours do bonheur radieux... et brûlants, toujours présents à sa pensée? X'esl-ce pas, enfin, qu'un lel souvenir garantirait presque sûrement une femme de toutes les séductions coupables, qui ne lui causeraient jamais les ravissements ineffables qu'une légitime et sainte union lui aurait fait SI délicieusement éprouver!...

A mesure que je parlais, madame de Fersen me regardait avec un étonnement croissant ; enfin elle me dit : — Comment, monsieur,

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