LA TRAVERSEE
chn aient perdro toute leur àcreté en s'êpaiicJiant dans un cœur ami.
L'accent de sa voix était si vrai, ses frails avaient une expression de sincérité telle, que j'avais complètement oublié ma déliance; je me livrais avec bonheur à tout T entraînement d'une affection que je ne connaissais pas encore.
Puis venaient des causeries sans fm dont je ne saurais dire l'attrait. L'imagination de Falmoulh était vive et brillante; son esprit était très-orné. \ous possédions tous deux des connaissances assez variées, assez étendues : aussi n' eûmes-nous jamais un moment d'ennui, mal- ^]ré les longues heures de la traversée.
A mesure que notre intimité augmentait , ma croyance en moi et en Falmouth devenait plus grande. Je me sentais heureux et meilleur, un nouvel avenir s'offrait à moi; j'avais assez de courage pour ne pas soumettre celle félicité si jeune et si fraîche à une desséchante analyse. Je me laissais naïvement aller à des impressions que je trouvais si pures et si bienfaisantes.
Vous étions en mer depuis cinq jours.
In soir, assez tard, sur les onze heures, ayant laissé Falmouth dans le salon, je montai
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sur le poiil pour juuir de la Iraiclieur de la iiiiil, el j'allai in asseoir dans une yole suspendue à l'arrière de la goëletle.
J'élais depuis quelque temps absorbé dans mes rêveries, lorsque le matelot placé en vigie Iféla un navire (jui s'approrliail.
Je me levai.
La vi<]ie hrla une seL'Oude fois.
Je vis alors presqu aussitôt passer silencieusement à con Ire-bord, et à une très-petite dislance de nous, un bâtiment qu'à ses antennes immenses je reconnus pour le myslic sarde de la baie de PorqueroUes...
La nuit était claire, la marcbe du mystic peu rapide; sur le pont de ce long et étroit navire, un grand nombre d'bommes se pressaient les uns contre les autres.
Au mât était suspendu un fanal. Eclairé par sa lumière rougeàtre et incertaine, je distinguai à l'arrière, et tenant le gouvernail, l'bomme au capucbon noir, que j'avais déjà remarqué lors de la descente de la cbaloupe.
Etrange rencontre dont les suites devaient être bien plus étranges encore î
Le myslic s'éloigna; le ])ruit de son sillage s'alïaiblit...