‹ Arthur (volume 4)Chapitre 8 sur 58 · LA TRAVERSEE · texte numérisé non relu

LA TRAVERSEE

Pondant quelques minutes je pus eneore le suivre des yeux, grâce à la blancheur de ses voiles ; puis elles devinrent moins distinctes , s'effacèrent tout à fait et je ne vis plus au loin dans les ténèbres qu'un point lumineux, qui de temps à autre disparaissait selon le jeu des voiles du mystic, comme une étoile sous un nuage.

A l'apparition de ce bâtiment si suspect, Williams avait ordonné à son frère d'aller chercher Falmouth.

— Eh bien I Williams, — dit celui-ci en montant sur le pont, — nous retrouvons donc notre mauvaise connaissance de Porquerolles?

— Le mystic vient de passer à contre-bord de nous, mylord.

— Et quel est ton avis ?

— Sauf Tordre de votre grâce, mon avis serait de nous mettre à l'instant en défense, car je pense que ce pirate, retenu comme nous dans ces parages par les vents contraires, va nous attaquer, ne nous croyant pas prêts à le recevoir, et comptant d'ailleurs sur le nombre de son équipage.

— Prouvons donc à ces forbans qu'ils se trompent, mon brave Williams, et que quarante johns-buUs valent mieux que ce ramassis do

:i8 AKTHIR.

drôles, que n-l l'cliaiilillon cosmopolite de f(\l)ier de potence, V.h l)ien ! — ajouta l'alinoiilli eu nrapercerant, — ^ voilà, mon elicr, qui se eolore à merveille ; celle aventure m'enchante... C'est une excellente introduction à notre fantaisie de Canaris... c'est l'ouverture de notre opéra!...

— l'in vrai (lilcttaiili, — lui dis-je, — mettons-nous donc en mesure de faire notre partie, et allons chercher nos arnie.*^.

Je descendis dans ma chamhre.

Falni')uth y entra presque aussitcM que moi.

Autant, sur le pont, il m'avait paru joyeuv et résolu , autant je lui trouvai l'air triste et accablé.

11 me prit les mains avec émotion et me dit : — Arthur... je suis maintenant au désespoir de celte folie!...

— De quelle folie voulez-vous parler?

— Si vous étiez blessé, dant3[ereusemenl blessé ! — me dit-il en attachant sur moi un regard attendri, — je ne me le pardonnerais de ma vie !

— Et ne courez-vous pas les mêmes ris-

ques '^

Sans doute... mais que vous subi.ssiez

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