L.^ TRAVERSEE. :IM
VOUS, les conséqupncos do ma bizarro faiilaisieî,., c'est ce que je trouve odieux...
— Quelle idée ! ne faisons-nous pas ce voyaoo h frais cominiins.^... Xe devons-nous pas tout partager?... Eh bien! ceci est un accident de la route, rien de plus. \' étions-nous pas convenus de chercher les aventures en vrais chevaliers errants? Enfin, vous-même, tout ù l'heure, n'aviez-vous pas Tair très-satisfait de cette rencontre ?
— Tout à l'heure j'étais devant mes ^^ens, et je ne voulais pas leur laisser deviner ma pensée... mais à vous, je puis tout dire... Eh bien ! maintenant je suis au désespoir de tout ceci ; et, au lieu de nous amuser à faire les fanfarons, j'ai bien envie de profiter de la vitesse de ma fïoëlette pour...
— Y pensez-vous? — m'écriai-je; — et que dirait-on au yacht-club ? qu'un de .<es membres a pris chasse devant un écumeur de mer! Et puis, mon cher Henry, — lui dis-je en riant , — réfléchissez-donc que vos craintes sont peu tialteuses pour mon amour-propre.
— Ah! teuez... cela est affreux! Pour la première fois de ma vie... je trouve un ami... selon mon rêve... et par ma faute je risque de le perdre! — s'écria Ealmouth , et il se laissa
to ARTHIR.
tomber sur une chaise en cnrhanl sa l«Me dans ses deux mains.
— .Mon cher Henry, — lui répondis-je, profondénuMil loucliê de son accent, — remercions au contraire le hasard qui nous fournit cette épreuve... T émotion que nous ressentons tous les deux ne nous montre-t-elle pas que cette amitié nous est déjà bien avant dans le cœur? Aurions-nous trouvé une révélation pareille dans la pâle uniformité de la vie du monde? Croyez-moi, voyons dans ceci une bonne fortune; bénissons-la et protitons-en... C'est au feu que se reconnaît l'or pur...
In pilotin descendant précipitamment vint prier Falmouth de monter sur le pont.
Cet enfant sorti , Henry se jeta dans mes bras avec effusion et me dit : — \ous êtes un noble cœur... mon instinct ne m'a pas trompé.
Je restai seul.
Si Falmouth craignait pour moi les chances de ce combat, je les craignais aussi vivement pour lui.
Cette inquiétude me révélait toute l'étendue de l'affection que je lui portais.
Par quel miracle cette amitié s'était-elle si promptement développée ? Comment ses ra-
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cines êlaRMil-elles déjà si profondes, malgré mes doutes, malgré ma défiance, malgré mon incrédulité habituelle?
Je ne sais, mais cela était ainsi, et pourtant depuis un mois à peine nous voyagions ensemble.
Peut-être ces progrès si rapides étonnerontils moins si Ton songe au secret instinct qui nous attirait déjà fun vers l'autre dès avant notre départ
Je pris mes armes.
J'eus alors un moment d'effroyables angoisses...
En pensant au péril que nous allions courir, je craignis d'être lâche... ou plutôt que mon courage ne fût pas à la hauteur d'un noble dévouement; je me demandais si, dans un danger suprême, je saurais sacrifier ma vie pour sauver celle de Falmouth, et, je l'avoue à ma honte, je n'osai pas me répondre avec certitude...
Je me savais, il est vrai, brave, d'une bravoure froide, assez opiniâtre. J'avais eu un duel, dans lequel mon énergie calme m'avait fait honneur; mais était-ce là du vrai courage? lii homme bien né peut-il refuser un
(Iiirl? |)i'u(-jl lie j»ns s'y romjxjilcr (Icccjiiiix'iil? ne l'ùl-ct' que par savoir-vivre on par orfjiHMl ?
Jo ne savais donc pas si j'aurais le coiiraj»# j)nmo-saiilier, fulgurant, qui court au (lanj(or comnic le fer ù* l'aimant, (pii s'exalle encore dans une mêlée san;{lante, el (jui, planant audessus lies, dan;i[ers, diri<|e ses coups d'une main sûre el choisit ses victimes.
Je me croyais, je me sentais enfin la bravoure froide et inerte de rartilleur qui attend sans pâlir un boulet près de sa batterie, mais non Tentrainantc intrépidité du partisan qui , le sabre au ])oing, se précipite avec une ardeur féroce au milieu du carnage.
Et pourtant c'était sans doute dans un combat corps à corps, dans un abordage, que nous allions avoir à défendre notre vie... Kt si j'allais faillir!... Et si devant ces étrangers..., si devant Falmouth, j'allais paraître lâche! ou faible!... si mon instinct de conservation allait me IVapper de stupeur !
\on, je ne saurais dire ce qu'il y eut d'épouvantable dans ce moment d'hésitation el d'incertitude sur moi-même...
Mais, je l'avoue, ce que je redoutais le plus, c'était dans le cas où la vie de Falmouth eut