‹ ArthurChapitre 40 sur 89 · LES GENTLEMEN U IDE H S. T · texte numérisé non relu

LES GENTLEMEN U IDE H S. T

pour son //o>? jusqu'à la plus ,^racicuse prcvciianco, M. de Gernay, ayant par hasard dans son écurie un très-beau cheval arabe noir, avait offert à Ismaël de le monter ; le renégat avait accepté, et sa figure maie, caractérisée, son costume bizarre et éclatant, faisaient sans doute, selon les prévisions de AI. de Cernay, remarquer, valoir et ressortir davantage encore F élégance toute française de ce dernier.

Lue fois arrivé au rond-point, je descendis de cheval, et me mêlai aux habitués des courses, parmi lesquels je trouvai plusieurs personnes de ma connaissance.

Ce fut alors que je vis T effroyable obstacle qui restait à franchir, après les deux milles courus et les trois haies passées.

Qu'on se figure un madrier élevé à cinq pieds au-dessus du sol et scellé transversalement sur deux autres poutres perpendiculaires, comme une barrière d'allée.

Alors, je Favoue, les renseignements que m'avait donnés AI. de Cernay sur ce défi, tout en me paraissant étranges, tout en aftirmant un fait si peu dans nos mœurs, me semblèrent au moins expliquer pourquoi ces deux jeunes gens allaient affronter un aussi terrible danger.

Ln assez grand nombre de personnes entou-

raient (Irjà ccUo latale harrière, ot coniinf moi ne pouvaient en croire leurs yeux.

On se demandait comment deux hommes riclies, jeunes, et du monde, risquaient ainsi témérairement leur vie. On s'interrogeait pour savoir si du moins Ténormité du pari pouvait jusqu'à un certain point faire comprendre une aussi folle intrépidité ; mais il était de deux cents louis seulement.

Enfin, après de nouvelles et vagues conjectures, plusieurs spectateurs, au fait des bruits du monde, arrivèrent, soit d'après leurs propres réflexions, soit qu'ils fussent mis sur la voie par quelques mots de AI. de Cernay, arrivèrent, dis-je, à interpréter ce défi meurtrier ainsi que le comte l'avait déjà fait.

Cette hypothèse fut aussitôt généralement admise, car elle avait d'abord rirrésisiil)le attrait de la médisance; puis, à l'égard des choses les plus futiles comme les plus graves, toute explication qui semble résoudre une énigme longtemps et vainement interrogée, est accueiUie avec empressement.

Alors j'entendis çà et là les exclamations suivantes : Est-ce possible? — Au fait, maintenant tout s'explique. — Mais quelle folie î — quelle délicatesse ! — quelle témérité ! se cou-

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duiro ainsi pour une femme si dédaigneuse , si coquelte ! — Il n y a qu'elle pour inspirer de semblables actions. — Dial)olique marquise ! c'est révoltant!! — à ne pas croire, etc., etc., etc. »

Je n'avais pas eu le temps de demander à M. de Cernay des détails sur les acteurs de cet événement extraordinaire; aussi pendant qu'on s'indignait justement sans doute contre madame de Pënàfiel, avisant sir Henry ***, grand sportman * de ma connaissance, j'espérai pouvoir èive complètement renseigné par lui.

• — Eli bien ! — lui dis-je, — voilà une course assez nerveuse, j'espère ! pourriez-vous me dire quel est le Favori ^ ?

— On est tellement partagé, — reprit-il, — qu'à bien dire il n'y en a pas. — Les clievaux sont tous deux parfaitement nés : l'un, Bevcr- Icij, est par Gustavus et Ci/hèlc; l'autre, Captain-Morave, est par Camcl et î'engcress ; tous deux ont très-brillamment chassé en Angleterre

' A cette heure que le goût des chevaux , des courses, de la chasse , et de tous les ctercices du coi-ps semble beaucoup s'étendre , ce mot sportman ne pourrait-il pas être aussi emprunte à la langue anglaise? en cela qu'il signifie l'homme qui réunit tous ces goûts , de mOme que l'adjectif sport désigne l'ensemble de ces goûts.

2 On appelle ainsi le cheval qui semble réunir le plus de chances de gagner.

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