‹ ArthurChapitre 54 sur 89 · Ô4 ART H LU · texte numérisé non relu

Ô4 ART H LU

par respect liumaiii ; cli l)ieii , le monde n'en veut pas (lavanlage!

— Mais en admettant que je vous rende un service, que prouverait cela? que vous auriez eu besoin de moi, mais non pas que 7;jo/ j'aurais eu besoin de vous...

— Ainsi vous vous croyez sur de n'avoir jamais besoin de personne?

— Oui, c'est mon principal luxe, et j'y tiens.

— Soit, votre fortune est eu terres, elle est sûre. Votre position est égale à celle de tous , vous ne croyez pas aux peines du cœur ou vous les souffrez seul ; mais , par exemple , ayez un duel, il vous faudra bien aller demander à quelqu'un du monde de vous servir de témoin; voila une grave obligation ! Vous pouvez donc avoir besoin des autres dans le monde.

— Quand j'ai un duel, je m'en vais à la première caserne venue, je prends les deuv premiers sous-officiers ou soldats qui me tombent sous la main, et voilà des témoins excellents et qu'aucun iiomme d'honneur ne peut récuser.

— Quel diable d'honnne vous faites ! — me dit le comte; — mais si vous êtes blessé. .i qui viendra vous voir?

— Personne, Dieu merci! Dans les souffrances physiques je suis un ])eu comme les

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Jji'tcs laiu es , il me laut une solitude et une nuit profonde.

— Mais enfin dans le monde , pour causer , pour vivre, en un mot , de la vie du monde , il vous faut les autres.

— Oh! les autres pour cela ne peuvent jamais me manquer, pas plus que je ne leur manquerai; c'est un concert où les plus misérables musiciens sont admis sur le même pied que les meilleurs artistes , et où chacun fait sa note obligée; mais ces relations-là ne sont plus de l'amitié; ces liaisons-là sont comme ces plantes robustes et vivaces qui n'ont ni doux parfum, ni couleur éclatante, mais qui sont vertes en tout temps, et qu'on ne craint jamais de froisser ; la preuve de ceci, c'est qu'après tout ce que nous venons de dire là, nous resterons dans les mêmes et excellents termes où nous sonnnes ; demain nous nous serrerons la main dans le monde, nous causerons des adorateurs de madame de Pënàiiel ou de tout ce que vous voudrez ; et dans six mois nous nous dirons mon cher; mais dans six mois et un jour, vous ou moi disparaîtrions de cette bienheureuse terre , que vous ou moi serions parfaitement indifférents à celte disparition. Et c'est tout simple, pourquoi en serait-il

aulicmcnl? De quel droit cxigcrais-jc un autre sciitinienl de vous? de quel droit Texigcriczvous de moi?

— .Mais ce que vous dites là est exceptionnel, tout le monde ne pense pas comme vous.

— Je l'espère hien pour tout le monde; car je crois ne ressembler à personne, par cela même que je ressemble à tous.

— Kt sans doute avec ces principes-là vous méprisez aussi singulièrement les femmes et les Jiommes ? — me dit le comte.

— D'abord je ne méprise pas les liommes, - — lui dis-je, — par une raison très-simple ; c'est que moi, qui ne suis ni pire ni meilleur qu'un autre, je me suis mis souvent, par la pensée, aux prises avec quelqu'une de ces questions qui décident à tout jamais si on est un bonnète liomme ou un misérable.

— Eb bien ? — lit le comte.

— Elibien! connue j'ai toujours été trèsfranc avec moi-même, j'ai souvent beaucoup plus douté de moi que je n'ai encore douté des autres; je ne puis donc pas mépriser les liommes. Quant aux fennnes, comme je ne les connais pas plus que vous ne les connaissez , il m'est aussi impossible (fen parler d'une manière absolue.

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