‹ ArthurChapitre 55 sur 89 · IN AMI · texte numérisé non relu

IN AMI

— CoiniiR'iit, pas plus (pie moi? — me dit le comte de Ceriiay d'un air évidemment choqué. — Je ne connais pas les femmes"?

— Je crois que ni vous ni personne ne connaissez les femmes d'une manière absolue , — lui dis-je en souriant. — Quel est Tliomme au monde qui se connaît? Quel est celui qui pourrail répondre aftlrmativement de soi dans toute condition possible? A plus forte raison qui peut se piquer de connaître, non pas les femmes, mais une seule femme, lors même qu elle serait sa mère, sa maîtresse ou sa sœur? Il est évident que je ne parle pas de ces notions à tous ve?iants, sorte de catéchisme banal et traditionnel , aussi faux que stupide , et qui est d'une application tout aussi raisonnable que le serait le secours d'un manuel du beau langage pour répondre à toutes les questions supposables.

— Sous ce rapport vous avez raison, — me dit le comte ; — mais tenez, je suis ravi de vous mettre dans votre tort et en contradiction avec vous-même, parce qu'il s'agit d'une espèce de service que je ne puis vous rendre : vous désirez connaître madame de rënàfiel;'il faut donc que vous deviez à moi ou à quchpie autre votre [)résenlation chez elle.

2Ô.H ARTHLK.

— Il est impossible d'èlro plus aiiiiablo, — dis-jc au comte; el (el pauvre que je sois en amitié, je trouverais certainement de quoi payer votre olTre si gracieuse ; madame de Pënàtiel est charmante; je crois à tous les merveilleux récits que vous m'eii avez faits; je sais que son salon est i\v<, plus recliercjiés et des plus comptés; mais Irès-lrancliement el t^^s - sérieusement, je vous supplie comme je supplierais tout autre, de ne faire pour moi au pies d'elle aucune demande de présentation.

— Et pourquoi cela ?

— Parce que le plaisir que je trouverais sans doute à connaître madame de Pënàtiel ne compenserait jamais riuimiliante impression que me causerait un refus de sa j)art.

— Quel enfantillage! — me dit le comte. — Encore tout dernièrement, Falmoulh a voulu lui présenter le jeune duc de ^^^, allié de la famille royale (fAngleterre. Kli l)ien ! maflann' de Pënàtiel a refusé net.

— \ous avez trop de monde, mon ehei' comte , ponr ne pas comprendre que ma position ne me mettant ni au-dessus ni au-dessous d'un cerlaiii niveau social , je ne dois, ni ne Veux, ni né puis m' exposer à un relus. C'est

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