‹ ArthurChapitre 82 sur 89 · RENCONTRE · texte numérisé non relu

RENCONTRE

(le raiicien jardin de Beaumarchais, je remarquai une d'elles, parce qu'elle me parut neuve et singulièrement propre; elle était très-petite, et une grille à hauteur d'appui défendait une espèce de carré de jardin, pareil à ceux qu'on voit devant les maisons en Angleterre. En dehors de ce jardin et à l'un des angles de la maison, était une porte verte à marteau de cuivre ; il n'y avait qu'un étage, trois fenêtres au rezde-chaussée , et trois f( nétres au premier. A travers les volets fermés, je remarquai deux trous très-petits, sans doute destinés à laisser passer le jour à l'intérieur; une vive lumière s'échappait de ces ouvertures pratiquées à la hauteur de mes regards. Je cédai à un moment d'insouciante curiosité, et je regardai.

On avait laissé les rideaux ouverts; je pus donc voir à travers les vitres l'intérieur de cet appartement.

-Mais que devins-je, grand Dieu! quand je reconnus Hélène !

J'étais stupéfait, car je la croyais encore en Allemagne avec sa mère.

Je détournai un instant ma vue; car mon émotion était saisissante , profonde.

Et mon cœur battait si violemment que ses pulsations m'étaient douloureuses ; pourtant.

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flomiiii' par uiu' ai-dcnte curicjsité , je ivî^arrlai de iioiucau.

— Oh! qu'Héli-nc me parut einbellic ! E\Ui irétait plus fivle et un peu courbée comme au- Jrefois , ses épaules étaient élargies, ses formes plus développées, plus arrondies ; mais sa taille charmante, toujours Une et svelte. Puis ses joues l'raîches et roses, son front calme et pur, tout son extérieur , enfin , révélait une apparence de ((uiétude et de sérénité (pii, je l'avoue, me lit un mal horrible; car je me visa tout jamais oublié... puisqu'elle ne semblait pas souffrir.

Hélène était velue d'une robe de soie noire ^ ses admirables cheveux blonds tombaient en grosses boucles sur son front et sur son cou , et, comme toujours, je remarquai qu'elle était chaussée à ravir.

A mesure que mon œil s'Jïabiluait à regarder j)ar un si petit espace , l'horizon que je pouvais embrasser s'agrandissait ; aussi , je ne puis exprimer ce que je ressentis , quand h travers une porte enlr'ouverte je vis nn berceau d'enfant !

Hélène, assise dans un profond fauteuil, ses jolis pieds croisés l'un sur l'autre, lisait à la lueur d'une lampe à abat-jour de soie verte qui me rappela notre salon de CiCrval. De temps à

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iiulii', clic posait son livre sur sos'gciiouv , et par un mouvement qui me fit tressaillir à la lois de doux et amers souvenirs , elle aj)puyail Sun menton trais et blanc sur le dos de sa main gauche , dont le petit doigt seul était relevé le long de sa joue, avec son ongle luisant et poli comme une coquille rose.

Hélène , de temps à autre , attachait un regard tantôt inquiet sur la pendule , tantôt distrait sur le feu qui jetait une vive flamme ; ([uelquefois aussi elle semblait écouter attentivement du côté du berceau , et reprenait sa lecture ; puis en lisant, elle allongeait machinalement un des soyeux et élastiques anneaux de sa belle chevelure , et le portait à ses lèvres ; autre manie enfantine qui la faisait gronder bien souvent par sa mère, et qui, hélas! me vint douloureusement encore rappeler mes beauxjours de Cerval !

L'intérieur de ce petit salon était de la dernière simplicité; à côte d'Hélène sur une table couverte d'un tapis, je reconnus un vase de Saxe venant de sa mère , et contenant une de ses fleurs de prédilection ; les murs de cet appartement, tendus de papier rouge, étaient couverts d'une foule de cadres de bois de chèuc remplis d'a(puirelles et de dessins. Enliu , des

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